Révélée en 2000, Emily Loizeau élevée au piano classique et au théâtre apportait alors à la jeune chanson française une touche de raffinement et de souffle romanesque. Avec son premier album, L’autre bout du monde (2006), elle posait la première pierre d’un édifice musical singulier, bientôt consolidé et renforcé par ses deux disques suivants, qui lui valurent de remporter quelques unes des récompenses les plus prestigieuses de l’hexagone. Tandis que sa musique, enrichie de mille et une influences, devenait une combinaison explosive, ses concerts furent mis au diapason de ces souhaits de luxuriance et, à la sagesse des débuts, succédait une forme d’exubérance en groupe qui atteint son apogée sur la longue tournée Mothers & Tygers (2012). À cette effervescence de tous les instants, et parce que la maternité l’a, dans l’intervalle, conduite à préférer l’apaisement au tumulte, Emily privilégie désormais un dispositif plus intimiste, déployé autour de son piano et du violoncelle d’Olivier Koundouno. À la façon d’un harmonieux pas de deux, la fantaisie de cette franco-anglaise comme le vaste nuancier d’expressions qui est le sien s’en trouvent encore mieux mis en relief.