Les lieux semblent parfois surgir à l'improviste dans notre esprit, ils émergent au gré des vagues de la mémoire et dessinent, au fil des ans, un dédale, une cartographie intérieure. A l'image du monde des rêves et des contes, la pièce se construit, joue de la disproportion et de l'illusion, invite des personnages étranges, des forêts noires et des oiseaux suspendus. Une femme s'y meut, s'y déploie, s'y replie. C'est son intériorité qui est contée.En vérité, ce qui me fascine, c'est moins le fait de se trouver dans un lieu que celui de ne pas s'y trouver : la façon dont les lieux vivent dans l'esprit après qu'on les a quittés, dont on les imagine avant d'y arriver, dont ils semblent surgir de rien pour illustrer une pensée ou une histoire//_Siri Hustvedt _ Photo Annabel Werbrouck