Chronique courtisane
2015-11-16

- Dates
- 2015-11-16 — 2015-11-16
- Lieu
- Poème 2
rue d'Ecosse, 30 1060 Saint-Gilles
Saint-Gilles - Catégorie
- Cinéma
Mais la maison où elle travaille est mise en vente. Alors qu’elle va bientôt devoir quitter les lieux, Dédée continue d’exercer son métier jusqu’au bout avec fierté, humour et dignité.
« Pendant plusieurs années, j'ai habité dans le quartier nord de Bruxelles. Je passais régulièrement par la rue des Plantes et j'avais pour habitude de saluer les prostituées qui travaillaient en vitrine. Au début, elles se ressemblaient toutes. Petit à petit, j'ai commencé à les reconnaître : l'une portait toujours une perruque blonde, l'autre était habillée de dentelle, une dernière avait décoré sa vitrine avec un bouddha. J'étais intriguée... Je voulais savoir qui étaient ces femmes, connaître leur parcours, ce qui les avait menées à la prostitution mais surtout ce qui se passait derrière ces vitres quand un client partait et qu'un autre n'était pas encore arrivé.
À la vitrine de sa carrée, 7 jours sur 7, Dédée, 60 ans, attend le client qui se fait de plus en plus rare. Ses longues journées sont propices à la réflexion. Elle aime se souvenir de ses années fastes, du temps où elle ressemblait à Sylvia Kristel et où elle ne travaillait que 3 heures par jour, de cette époque où l'argent était facile et semblait éternel. Dédée est fière d'être une prostituée, une courtisane comme elle aime à s'appeler. »
Géraldine Jonckers
2015 . BELGIQUE . 52MIN
