Cet absent-là - Lecture publique
2021-11-28
- Dates
- 2021-11-28 — 2021-11-28
- Lieu
- La Tricoterie - Fabrique de liens
Rue Théodore Verhaegen, 158 1060 Saint-Gilles
Saint-Gilles - Institution
- Fiche du lieu
- Catégorie
- Divers
Lecture publique 45min avec
Natacha Régnier
Mise en scène, adaptation et création sonore : Delphine Salkin
Collaboration aux enregistrements : Martin Troadec et Zoé Suliko
Environnements sonores ponctuels, musiques : Pascale Salkin
Régie plateau, lumières : Valentine Bibot
Régie son : Delphine Salkin
Avec la voix d’Olivier Cruveiller
Ce projet est né d’une envie commune de travailler ensemble, Natacha Régnier et moi, et de nous retrouver autour de l’écriture de Camille Laurens. Nous nous sommes rencontrées avec Camille aussi, nous nous sommes concertées et ainsi est née cette véritable collaboration à trois. Cette lecture est donc une première ébauche de notre futur projet théâtral. Faire entendre le texte et démarrer ainsi la mise en route de ce qui sera par la suite un spectacle. Pour Camille, l’écriture de son texte s’est ouverte sur une référence à L’Éducation sentimentale de Flaubert, pour dire l’apparition de l’amour. Toute apparition implique aussi une disparition, un effacement.
Cet absent-là est le récit, la rêverie ou la confidence d’une femme hantée par la disparition. Celle d’un enfant dramatiquement perdu, d’un être aimé qui échappe. Celle de l’amour. Une femme nous raconte les absents de sa vie et nous renvoie à l’absence qui habite l’existence de chacun d’entre nous.
Durant le premier confinement, plutôt que d’écrire un dossier de production, je me suis mise au travail sur le texte de Cet absent-là (disponible chez Folio) en créant des « capsules » sonores brèves sous le titre « L’amour suspendu ». Tirées du texte, elles ont été réalisées à partir d’avril 2020 et diffusées comme une sorte de journal poétique du confinement sur le site Soundcloud.
Extraits
Je suis seule. Je me regarde dans un miroir, je regarde une photo de moi. Selon les jours, je suis homme ou femme, grand-mère ou enfant, selon les nuits mon visage accueille un vivant ou un mort – celui-ci, une seconde ou une heure, occupe le premier plan de mon théâtre d’ombres, il prend les devants. Rarement, c’est mon père, il ne vient que si je le convoque, il ne s’impose pas mais si j’insiste il vient, si je le rappelle à moi il revient, chaque fois que j’en ai besoin mon père me monte au visage et me rend à l’évidence, ses traits en moi apaisent la terreur du secret, du mensonge. Aucun mot ne tient lieu de cette vérité-là, charnelle et visible comme une rougeur aux joues : mon père n’est pas le nom, il est dans l’air – un air de famille. Pouvoir infini de l’image où le langage égare ; la paix quant au père : non pas comment je m’appelle, mais comment je le rappelle.
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