Demandez le Programme
Votre agenda culturel
Archives des arts de la scène
Site d’archive · Les informations sont conservées à leur date de publication.

Ashes to ashes

2020-04-23

Affiche du spectacle
Dates
2020-04-23 — 2020-05-02
Lieu
Théâtre Poème
Rue d'Ecosse, 30 1060 Saint-Gilles
Saint-Gilles
Catégorie
Théâtre
...pour que l’amnésie et l’ignorance n’emportant pas une nouvelle fois ses frères et soeurs. Il n’écrit fondamentalement pas pour lui, bien que ce geste lui apporte un peu de douceur dans cet enfer. Il écrit pour les suivants, pour ceux qui ne voudront pas croire et ne pourront pas imaginer la tragédie de ces êtres abandonnés de tous.
Par cet acte, cette résistance, il tente de nous avertir des dangers et des beautés de sa propre humanité. C’est une mise en garde sur la tragique ambivalence de l’être humain, qui était, est et sera toujours successivement bourreau et victime de sa propre humanité. C’est le concept même de la « ZONE GRISE qui est véritablement à la base de Ashes to Ashes.

Il est frappant de découvrir les incontestables qualités littéraires des manuscrits de Zalmen Gradowski. Il témoigne de cet enfer avec un vrai talent littéraire, une qualité d’écriture, une richesse poétique et une sensibilité psychologique presque inconcevable vu le lieu et l’état dans lequel il les rédige.

Avec la précieuse collaboration d’Agnès Limbos, l’adaptation théâtrale est faite de matière d’argile, de musique et de parole: tout cela nous permettra de redonner une voix nuancée, polymorphe et lucide à ces hommes qui furent abandonnés à leur sort, condamnés tout autant par leurs bourreaux que par leurs pairs. (Simon Wauters)



Après avoir été salué au Festival de Liège, Ashes to Ashes nous arrive à Bruxelles.



« Un BIJOU » (Le Soir _ Catherine Makereel - 22/03/2010)
Gros coup de coeur pour Ashes to Ashes ou comment le sort terrible des sonderkommandos en manipulant de la terre glaise. Agile Argile!
Ce petit moment dr suspension avant que ne retentissent les applaudissements. Ces quelques minutes d’un lourd silence, le temps que tout, le monde rassemble ses émotions. Ce curieux instant en apnée illustre mieux que tous les mots l’émoi qui étrangle les spectateurs à la fin de Ashes to Ashes, spectacle de Simon Wauters accompagné par Agnès Limbos.
Ce théâtre d’objet ciselé s’inspire du recueil Des voix sous la cendre et ces manuscrits retrouvés dans le sol calciné d’Auschwitz-Birkenau. Et en particulier du témoignage de Zalmen Gradowski, membre d’un sonderkommando, ainsi qu’on appelait ces groupes de prisonniers, juifs pour la plupart, contraints par les SS d’extraire les cadavres des chambres à gaz, de les brûler dans les crématoires et de disperser les cendres. Espérant laisser au monde un témoignage de l’horreur, Zalmen Gradowski a rédigé ses notes dans la clandestinité avant de les cacher dans une gourde de fer, sous la cendre.
Si l’auteur n’a pas survécu à sa détention, son manuscrit a été exhumé après la guerre, éclairant la terrible réalité de ces hommes condamnés tout autant par leurs bourreaux que par leurs pairs.
Pour donner corps à ce récit terrifiant, Simon Wauters a eu la brillante idée de manipuler de la terre glaise. De cette argile, il tisse un théâtre agile. Quelle meilleure métaphore que cette matière proche de la boue pour évoquer l’enfer dans lequel furent englués des millions de déportés?
D’une force visuelle implacable, Ashes to Ashes regorge de trouvailles symboliques. Tout commence dans un nouage de poussière quand notre narrateur balaye les cendres qui recouvrent sa table de travail, pour y déposer un bloc d’argile o sculpter sa cruelle histoire. Il y tracera des signes évoquant l’hébreu. Il séparera la masse limoneuse avec un fil tranchant pour illustrer la manière dont les nazis opéraient d’arbitraires divisions entre les « appelés et les non appelés », mais aussi la façon dont le système des soderkommandos brisait tout lien dans la communauté et infligeait un tiraillement et une culpabilité atroces chez ceux qui étaient épargnés, pour un temps. Il extraira de la glaise des personnes minuscules et vulnérables ou des colosses effrayants. Il laissera s’y refléter des photos, dessins ou vélos d’archives convoquant les fumées noires ou les uniformes rayés. Il amoncellera ses petits corps de terre dans ce qui rappelle un charnier.
Un tampon administratif suffit à évoquer un officier nazi; un tube métallique érige la cheminée d’un crématoire, une bougie renvoie à toutes ces vies incendiées. Chaque seconde du spectacle est ainsi chargée d’images puissantes, appuyées par des lumières crépusculaires et une musique obsédante.
Que dire encore de cette dernière image choc, dont on vus laisse la surprise, subtil rappel qu’à travers les âges, et aujourd’hui encore, la déshumanisation guette?

Distribution

d’après le témoignage de Zaïmen GRADOWSKI (Témoignage d’un Sonderkommando d’Auschwitz)

Adaptation : Agnès LIMBOS, Simon WAUTERS

Avec : Gil MORTIO et Simon WAUTERS

Oeil extérieur : Agnès LIMBOS

Musique : Gil MORTIO

Scénographie : Mathieu LAUTREDOUX, Sophie BOURY, Nicolas STEVENS

Lumière & technique : Loïc SCUTTENAIRE