<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Demandez Le Programme</title>
	<link>http://www.demandezleprogramme.be/</link>
	<description>Demandezleprogramme est un agenda culturel et interactif en ligne, qui permet la rencontre entre les lieux culturels, les internautes et les artistes.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="http://www.demandezleprogramme.be/spip.php?id_auteur=63&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Demandez Le Programme</title>
		<url>http://www.demandezleprogramme.be/local/cache-vignettes/L144xH109/siteon0-ab254.png?1698766008</url>
		<link>http://www.demandezleprogramme.be/</link>
		<height>109</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Critiques en miroir</title>
		<link>http://www.demandezleprogramme.be/Critiques-en-miroir</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.demandezleprogramme.be/Critiques-en-miroir</guid>
		<dc:date>2013-04-22T07:42:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Blanche Tirtiaux/Thomas Dechamps </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Blanche Tirtiaux et Thomas Dechamps ont vu &#034;Mars&#034;. Deux critiques, deux visions diff&#233;rentes. Quand Mars perd son &#233;p&#233;e... &lt;br class='autobr' /&gt;
Deux ann&#233;es apr&#232;s la premi&#232;re repr&#233;sentation de Mars, le th&#233;&#226;tre Oc&#233;an Nord accueille &#224; nouveau cette mise en sc&#232;ne de Denis Laujol, sur le texte autobiographique de Fritz Zorn. Sept com&#233;diens racontent avec humour l'histoire d'un homme plein de rage au bord de la mort. Un texte fort qui r&#233;sonne comme une ode &#224; l'anti-conformisme, dans une mise en sc&#232;ne qui n'est malheureusement pas &#224; (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.demandezleprogramme.be/-Critiques-" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Blanche Tirtiaux et Thomas Dechamps ont vu &#034;Mars&#034;. Deux critiques, deux visions diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand Mars perd son &#233;p&#233;e...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Deux ann&#233;es apr&#232;s la premi&#232;re repr&#233;sentation de Mars, le th&#233;&#226;tre Oc&#233;an Nord accueille &#224; nouveau cette mise en sc&#232;ne de Denis Laujol, sur le texte autobiographique de Fritz Zorn. Sept com&#233;diens racontent avec humour l'histoire d'un homme plein de rage au bord de la mort. Un texte fort qui r&#233;sonne comme une ode &#224; l'anti-conformisme, dans une mise en sc&#232;ne qui n'est malheureusement pas &#224; la hauteur de son propos.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je suis jeune et riche et cultiv&#233; ; et je suis malheureux, n&#233;vros&#233; et seul.&lt;/i&gt; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1976, Fritz Angst &#8211; empruntant le pseudonyme de Fritz Zorn &#8211; publie Mars, son seul roman, pour d&#233;noncer le milieu bourgeois zurichois dans lequel il a grandi et qui l'a &lt;i&gt;&#233;duqu&#233; &#224; mort. &lt;/i&gt; Atteint par un cancer virulent, l'auteur d&#233;cide de consacrer les derniers instants de sa vie &#224; &#233;crire un r&#233;cit autobiographique, comme un dernier cri de r&#233;volte contre cette soci&#233;t&#233; sans accrocs qu'il a depuis toujours c&#244;toy&#233; et qui est pour lui de fa&#231;on &#233;vidente la source de cette maladie qui le ronge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je veux dire par l&#224; qu'avec ce que j'ai re&#231;u de ma famille au cours de ma peu r&#233;jouissante existence, la chose la plus intelligente que j'aie jamais faite, c'est d'attraper le cancer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
M&#234;me si Fritz Zorn d&#233;verse dans son ouvrage tout le venin qu'il a accumul&#233; contre le culte de l'harmonie et le refus d'authenticit&#233; qui ont &#233;t&#233; son pain quotidien pendant plus de trente ans, l'auteur choisit pour son texte un ton d'une ironie sans concession. Il crache sans vergogne sur tout ce qu'il est et ce qu'il a &#233;t&#233;, tout en conservant une fra&#238;cheur &#233;tonnante, sympt&#244;me d'une quasi re-naissance &#224; l'aube de la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tant donn&#233; le ton ravageur et l'efficacit&#233; du texte de Zorn, porter &lt;i&gt;Mars&lt;/i&gt; sur sc&#232;ne &#233;tait un d&#233;fi risqu&#233;. Il fallait tout d'abord parvenir &#224; mettre en espace ce long monologue cont&#233; &#224; la premi&#232;re personne sans le rendre ennuyeux, et rendre ensuite th&#233;&#226;tral l'univers subtil et ambigu habitant le roman. Force est de constater que les choix de mise en sc&#232;ne de &lt;a href=&#034;http://www.demandezleprogramme.be/spip.php?page=interview&amp;qid=949&amp;qui=Denis-Laujol&amp;rtr=y&#034;&gt;Denis Laujol&lt;/a&gt; ne sont pas parvenus &#224; rendre le cynisme du texte et la noirceur d&#233;cal&#233;e qui s'en d&#233;gagent. Six acteurs se succ&#232;dent pour d&#233;clamer le r&#233;cit, adoptant chacun un &#171; Fritz &#187; qui leur est propre. R&#233;sultat des courses : en d&#233;finitive, on ne parvient jamais &#224; rencontrer ce personnage complexe qui demeure sans r&#233;elle consistance, malgr&#233; les paroles ravageuses dont il nous fait part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette narration &#171; en cascade &#187; &#233;volue dans une mise en sc&#232;ne franchement timide &#8211; pour ne pas dire minimaliste &#8211; et terriblement statique, mettant ainsi un point d'honneur sur le texte. Certes, c'est un choix, mais dans la mesure o&#249; le texte en question est jou&#233; par des acteurs aux performances tr&#232;s in&#233;gales, le tout peut rapidement sembler longuet. C'est le ton surtout qui d&#233;range. Si Fritz Zorn &#233;crit avec humour, son humour est noir et teint&#233; d'une &#226;pret&#233; &#233;vidente. En choisissant de &#171; &lt;i&gt;mettre en avant le c&#244;t&#233; lumineux et vital de cette &#339;uvre&lt;/i&gt; &#187; comme il le confie dans une interview publi&#233;e dans le journal du th&#233;&#226;tre, Denis Laujol donne parfois au monologue des airs de one-man-show peu convaincants. L'humour original, d&#233;capant et touchant dans son authenticit&#233;, semble par moments travesti en un humour de sketch trop facile qui d&#233;note avec la gravit&#233; de la th&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira qu'au fond le spectacle est plein de bonnes intentions, mais les id&#233;es trop peu fouill&#233;es et trop peu abouties donnent au r&#233;sultat un cachet qui manque de corps et de parti pris. Dommage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;mailto:blanche.tirtiaux@gmail.com&#034; class='spip_mail'&gt;Blanche Tirtiaux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les monologues de la col&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avec &#171; Mars &#187; de Fritz Zorn, le metteur en sc&#232;ne Denis Laujol s'est attaqu&#233; &#224; un texte difficile mais essentiel. Son adaptation a su en faire ressortir les c&#244;t&#233;s les plus lib&#233;rateurs et donner un spectacle profond&#233;ment vivant. Notamment gr&#226;ce &#224; ses sept com&#233;diens, litt&#233;ralement habit&#233;s par le texte et dont le talent est encore plus mis en &#233;vidence par le total d&#233;pouillement sc&#233;nographique. En r&#233;sulte une pi&#232;ce en m&#234;me temps dr&#244;le et &#226;pre, port&#233;e par un formidable &#233;lan de r&#233;volte qui ne laissera personne indiff&#233;rent.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je suis jeune, riche et cultiv&#233; ; et je suis malheureux, n&#233;vros&#233; et seul&lt;/i&gt;. &#187; Voil&#224; comment commence Mars, unique roman du suisse Fritz Zorn et son testament &#224; une humanit&#233; dans laquelle il aura eu tellement de mal &#224; s'int&#233;grer. L'ouvrage, publi&#233; en 1976, raconte les m&#233;moires de Fritz Angst. &#171; Angst &#187; voulant dire &#171; peur &#187;, &#171; angoisse &#187; ; &#171; Zorn &#187; signifiant &#171; col&#232;re &#187;. Les deux ne sont qu'une seule et m&#234;me personne mais pourtant quelque chose les s&#233;pare : Zorn a le cancer, et, de l&#224;, une intense r&#233;volte na&#238;t en lui contre sa vie, celle de Angst, ou plut&#244;t contre celle qu'il n'a pas v&#233;cu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeune homme issu de la meilleure soci&#233;t&#233; Zurichoise, Angst est &#233;lev&#233; dans le luxe et la protection d'un univers familial aussi faux que tranquille. Toute sa vie il &#233;vitera les conflits et les &#233;preuves, se privant du m&#234;me coup des joies de la vie. Fritz Angst/Zorn mourut le jour m&#234;me o&#249; il apprit que son livre serait publi&#233;, entretemps il avait eu le temps d'&#233;crire ce formidable cri d'alarme qui nous est aujourd'hui donn&#233; &#224; voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors que donne &#171; Mars &#187; adapt&#233; au th&#233;&#226;tre ? C'est la question qu'on se pose en rentrant dans la salle, tant on se demande comment faire ressortir une pi&#232;ce vivante et solide de cette &#339;uvre &#233;prouvante et empreinte de douleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pi&#232;ce se pr&#233;sente comme un long monologue, Zorn parlant toujours &#224; la premi&#232;re personne comme dans son livre, mais un monologue schizophr&#232;ne. Un monologue &#224; sept voix. En effet, sept com&#233;diens vont se succ&#233;der un &#224; un sur la sc&#232;ne. Une sc&#232;ne totalement nue, sans d&#233;cors et sans artifices. Il n'y a ici que des acteurs et un plateau sur lequel ils &#233;voluent. Ainsi &#233;clat&#233;e, l'histoire de Zorn y gagne en vitalit&#233; et en universalit&#233;, &#233;chappant &#224; toute personnalisation du r&#233;cit. Le plus &#233;patant sans doute dans cette pi&#232;ce est qu'&#224; chaque fois qu'un acteur a fini son temps, on se demande comment le suivant va pouvoir ne pas nous d&#233;cevoir apr&#232;s une telle performance ; et qu'&#224; chaque fois &#231;a n'est pas le cas. Chacun &#224; leur mani&#232;re, avec leur propre ton, ils s'emparent de l'histoire de Zorn et la relancent d'une fa&#231;on diff&#233;rente. Si bien que le rythme et l'intensit&#233; du spectacle ne retomberont jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de Zorn est un drame, le drame d'une vie g&#226;ch&#233;e, et pourtant on rit beaucoup en l'entendant analyser sa d&#233;faite et nous parler de sa r&#233;volte, dernier sursaut avant une fin in&#233;vitable. Ce &#171; Mars &#187; &#224; sept voix est un impressionnant appel &#224; la vie, un &#233;lan jouissif et lib&#233;rateur qui r&#233;ussit &#224; nous emporter avec, de bout en bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thomas Dechamps&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
