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	<title>Demandez Le Programme</title>
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	<description>Demandezleprogramme est un agenda culturel et interactif en ligne, qui permet la rencontre entre les lieux culturels, les internautes et les artistes.</description>
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		<title>Demandez Le Programme</title>
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		<title>M&#233;lancholie en sous-sol</title>
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		<dc:creator> Titiane Barthel </dc:creator>



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&lt;p&gt;Beno&#238;t Verhaert s'attaque avec brio &#224; l'&#233;trange nouvelle de Dosto&#239;evski, Les Carnets du Sous-sol, pour incarner aux c&#244;t&#233;s de C&#233;line Peret un misanthrope aigri et touchant. &lt;br class='autobr' /&gt; L'espace singulier du Boson &#233;tait taill&#233; sur mesure pour le nouveau d&#233;fi de Beno&#238;t Verhaert, celui d'adapter, de mettre en sc&#232;ne et de jouer Les Carnets du Sous-sol, de Dosto&#239;evski. Dans un dispositif quadrifrontal o&#249; les spectateurs encerclent litt&#233;ralement le com&#233;dien, nous voyons &#233;voluer une sorte d'ermite lass&#233; de vivre, tournant en (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.demandezleprogramme.be/-Critiques-" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Beno&#238;t Verhaert s'attaque avec brio &#224; l'&#233;trange nouvelle de Dosto&#239;evski, Les Carnets du Sous-sol, pour incarner aux c&#244;t&#233;s de C&#233;line Peret un misanthrope aigri et touchant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'espace singulier du Boson &#233;tait taill&#233; sur mesure pour le nouveau d&#233;fi de Beno&#238;t Verhaert, celui d'adapter, de mettre en sc&#232;ne et de jouer Les Carnets du Sous-sol, de Dosto&#239;evski. Dans un dispositif quadrifrontal o&#249; les spectateurs encerclent litt&#233;ralement le com&#233;dien, nous voyons &#233;voluer une sorte d'ermite lass&#233; de vivre, tournant en rond dans une cave, jusqu'au jour o&#249; arrive dans sa vie Lisa, une jeune prostitu&#233;e, incarn&#233;e avec puissance par C&#233;line Peret, dont il ne parviendra pas &#224; comprendre qu'elle &#233;tait son salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La performance d'acteur de Beno&#238;t Verhaert dans sa solitude, et en duo avec C&#233;line Peret est m&#233;morable tant elle est vibrante et proche sans jamais devenir quotidienne. Le rapport au temps se distend et transforme les minutes en mois et en ann&#233;es, nous pla&#231;ant l'espace d'une repr&#233;sentation dans un hors-temps &#224; l'int&#233;rieur duquel nous parvient le pr&#233;cieux texte de Dosto&#239;evski.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le d&#233;fi &#233;tait dangereux, d'adapter une &#233;criture romanesque telle que celle de Dosto&#239;evski au th&#233;&#226;tre, en r&#233;ussissant &#224; le faire entendre &#224; la fois dans son caract&#232;re philosophique, esth&#233;tique et existentiel, et il est pleinement relev&#233;. Un beau moment de th&#233;&#226;tre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Lux Aeterna</title>
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		<dc:creator> Titiane Barthel </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La compagnie Opinion Public continue sa recherche autour du temps qu'elle avait entam&#233;e avec Obsolescence en 2012 avec un nouveau spectacle, Aeterna, pr&#233;sent&#233; au th&#233;&#226;tre Marni. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans une sc&#233;nographie enti&#232;rement en carton, six danseur&#183;euse&#183;s, Etienne B&#233;chard, Johann Clapson, Sidonie Foss&#233;, Elena Valls Garcia et Victor Launay entament un lent apprivoisement parfois dr&#244;le, parfois inqui&#233;tant, parfois tendre d'une lumi&#232;re toujours en voie de disparition. La totalit&#233; du spectacle est construite sur un ballet (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La compagnie Opinion Public continue sa recherche autour du temps qu'elle avait entam&#233;e avec Obsolescence en 2012 avec un nouveau spectacle, Aeterna, pr&#233;sent&#233; au th&#233;&#226;tre Marni.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans une sc&#233;nographie enti&#232;rement en carton, six danseur&#183;euse&#183;s, Etienne B&#233;chard, Johann Clapson, Sidonie Foss&#233;, Elena Valls Garcia et Victor Launay entament un lent apprivoisement parfois dr&#244;le, parfois inqui&#233;tant, parfois tendre d'une lumi&#232;re toujours en voie de disparition. La totalit&#233; du spectacle est construite sur un ballet constant avec des ampoules suspendues au-dessus du plateau, en mouvement constant, &#224; l'instar des danseur&#183;euse&#183;s. Le mouvement et les corps se transmettent, selon un principe chor&#233;graphique ing&#233;nieux. La sc&#233;nographie autour des danseur.euse.s permet de faire appara&#238;tre tour &#224; tour des images puissantes et po&#233;tiques &#224; partir de presque rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La mise en application est un peu plus h&#233;sitante, et l'ex&#233;cution parfois maladroite. L'engagement des danseurs est certes total et accompli, mais le groupe est parfois d&#233;s&#233;quilibr&#233; entre la puissance d'Elena Valls Garcia et l'approche plus h&#233;sitante d'&#201;tienne B&#233;chard. Par cons&#233;quent, l'&#233;coute du groupe en souffre, alors que l'impulsion premi&#232;re &#233;tait riche et touchante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le spectacle aurait &#233;galement gagn&#233; &#224; b&#233;n&#233;ficier d'un &#339;il ext&#233;rieur, &#201;tienne B&#233;chard ayant assur&#233; une partition de danseur et la place de metteur en sc&#232;ne. Certaines id&#233;es tr&#232;s belles demeurent ainsi inabouties, alors que l'on aurait souhait&#233; les voir se d&#233;velopper et donner au spectacle une v&#233;ritable dramaturgie qui vient parfois &#224; manquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En somme, un beau spectacle pour une premi&#232;re d&#233;couverte de la danse contemporaine, mais qui aurait gagn&#233; &#224; s'affirmer et &#224; se d&#233;velopper davantage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage ?</title>
		<link>http://www.demandezleprogramme.be/Heureux-qui-comme-Ulysse-a-fait-un-beau-voyage</link>
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		<dc:creator> Titiane Barthel </dc:creator>



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&lt;p&gt;Christiane Jatahy vient pr&#233;senter &#224; Bruxelles Ithaque-Notre Odyss&#233;e 1, cr&#233;&#233;e &#224; l'Od&#233;on en mars 2018. &#192; travers une partition chorale et simple, elle dresse un portrait profond&#233;ment humain et bouleversement du voyage et du d&#233;racinement en r&#233;inventant le dispositif th&#233;&#226;tral traditionnel. &lt;br class='autobr' /&gt;
En arrivant sur la sc&#232;ne du Th&#233;&#226;tre National, le spectateur ou la spectatrice p&#233;n&#232;tre un dispositif a priori conventionnel, en frontal, celui d'une f&#234;te dans un salon, une illusion de bonheur qui nous ouvre les bras. On (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Christiane Jatahy vient pr&#233;senter &#224; Bruxelles Ithaque-Notre Odyss&#233;e 1, cr&#233;&#233;e &#224; l'Od&#233;on en mars 2018. &#192; travers une partition chorale et simple, elle dresse un portrait profond&#233;ment humain et bouleversement du voyage et du d&#233;racinement en r&#233;inventant le dispositif th&#233;&#226;tral traditionnel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En arrivant sur la sc&#232;ne du Th&#233;&#226;tre National, le spectateur ou la spectatrice p&#233;n&#232;tre un dispositif a priori conventionnel, en frontal, celui d'une f&#234;te dans un salon, une illusion de bonheur qui nous ouvre les bras. On comprend peu &#224; peu que ce lieu est l'&#238;le de Calypso, tandis que tous les com&#233;diens jouent le r&#244;le d'Ulysse, et toutes les com&#233;diennes le r&#244;le de Calypso, au d&#233;part d'Ulysse. Lorsqu'enfin celui-ci se d&#233;cide &#224; partir, ce que nous avions commenc&#233; &#224; deviner se v&#233;rifie : nous ne sommes pas seuls, et le dispositif est en r&#233;alit&#233; bi-frontal. En effet, d'autres spectateur&#183;rice&#183;s plac&#233;&#183;e&#183;s en face de nous sont t&#233;moins en simultan&#233; et avec les m&#234;mes acteur&#183;rice&#183;s d'une autre sc&#232;ne, se d&#233;roulant cette fois-ci &#224; Ithaque, o&#249; toutes les com&#233;diennes jouent P&#233;n&#233;lope, et tous les com&#233;diens les Pr&#233;tendants. Apr&#232;s une premi&#232;re partie d'un c&#244;t&#233;, nous passons donc de l'autre, avant d'assister &#224; une troisi&#232;me partie o&#249; les rideaux qui s&#233;parent les deux sc&#232;nes et les deux salles se l&#232;vent pour r&#233;v&#233;ler un espace commun peu &#224; peu envahi par de l'eau, dans laquelle s'effondrent et se rel&#232;vent les six com&#233;dien&#183;ne&#183;s, dans l'attente sans rel&#226;che du retour d'Ulysse qui ne viendra jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Christiane Jatahy fonde l'ensemble de son parti pris esth&#233;tique sur la r&#233;p&#233;tition et l'effet miroir, amenant ainsi fond et forme &#224; se rejoindre. En cr&#233;ant pour le spectateur ou la spectatrice cet effet de renversement de lieux qui sont en fait les m&#234;mes, la metteure en sc&#232;ne fait de L'Odyss&#233;e d'Hom&#232;re une figure moderne de la nostalgie, cette &#171; douleur du retour &#187; litt&#233;ralement, qui habite tous les exil&#233;s. En faisant appara&#238;tre sur le plateau ces figures du d&#233;placement et de l'&#233;tranger, la metteure en sc&#232;ne aborde avec po&#233;sie et distance une probl&#233;matique au c&#339;ur de notre &#233;poque, des r&#233;fugi&#233;s jusqu'aux grandes migrations, questionnant par la d&#233;multiplication de la fronti&#232;re sc&#232;ne/salle le concept de fronti&#232;re r&#233;elle. &#192; quel pays appartenons-nous ? Comment notre terre nous d&#233;finit-elle ? Que veut dire &#171; quitter son pays &#187; ? Tandis que toutes ces questions sont pos&#233;es et se pr&#233;sentent &#224; notre esprit, leur urgence nous prend &#224; la gorge, lorsque l'on voit Julia Bernat, br&#233;silienne, parler de son pays alors que l'on a vu il y a quelques semaines Bolsonaro arriver au pouvoir au Br&#233;sil annon&#231;ant l'exil pour des milliers de personnes, ou lorsque Matthieu Sampleur lit l'histoire de disparus en mer, &#244; combien actuelle et tragique &#224; l'heure d'aujourd'hui. Tout cela se lie avec une finesse et une simplicit&#233; sans &#233;gale qui permet de passer en permanence de l'individuel au pluriel, du politique au singulier, de la qu&#234;te collective &#224; l'obsession pour soi. De multiples th&#232;mes sont effleur&#233;s, sans jamais appara&#238;tre de mani&#232;re crue : la douleur du d&#233;placement, l'amour dans un monde de violence, la qu&#234;te de soi, d'une identit&#233; ou d'une patrie, la place des femmes face &#224; la violence des hommes, la place de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De ce fait, la metteure en sc&#232;ne relit Hom&#232;re et y op&#232;re un renversement fondamental : Jatahy travaille dans ce face-&#224;-face l'exposition des femmes &#224; la violence des hommes, donnant &#224; Stella Rabello, Julia Bernat et Isabel Teixeira les r&#244;les de v&#233;ritables h&#233;ro&#239;nes de cette Odyss&#233;e moderne. La figure centrale n'est plus Ulysse, mais Calypso et P&#233;n&#233;lope, les femmes qui r&#233;sistent et d&#233;noncent la guerre, et ce renversement-l&#224; en dit beaucoup sur une culture occidentale dont les racines plongent notamment dans l'Iliade et l'Odyss&#233;e d'Hom&#232;re. En effet, Jatahy remet ainsi en cause des valeurs virilistes et belliqueuses enti&#232;rement constitutives de nos soci&#233;t&#233;s pour cr&#233;er un autre syst&#232;me de valeurs, celui de femmes puissantes et lucides qui n'acceptent plus un monde de violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proximit&#233; avec le public et le recours &#224; l'&#233;criture de plateau place les acteur&#183;rice&#183;s en adresse directe avec nous, nous pla&#231;ant au c&#339;ur de l'&#233;motion. Le d&#233;roulement est simple, et nous plonge dans un rythme continuel de r&#233;p&#233;tition, de reprise, de plus en plus &#233;prouvant, qui livre une vision de l'existence comme un exil continuel, un retour &#224; soi permanent, comme le flux et le reflux des vagues. Ce sont les performances d'acteur&#183;rice&#183;s bouleversantes de Karim Belkacem, Julia Bernat, C&#233;dric Eeckhout, Stella Rabello, Matthieu Sampeur et Isabel Teixeira qui nous am&#232;nent &#224; cette sensation tr&#232;s particuli&#232;re de &#171; fatigue de vivre &#187;. En cr&#233;ant un lien d'empathie tr&#232;s fort avec eux&#183;elles d&#232;s le d&#233;but du spectacle, Jatahy nous lie en permanence &#224; eux&#183;elles, lors de ces deux heures de spectacle men&#233;es tambour battant, tandis qu'il&#183;elle&#183;s passent d'une sc&#232;ne &#224; l'autre, se battent dans l'eau, se tra&#238;nent, et tombent, et se rel&#232;vent, portant &#224; chaque fois le poids de leurs v&#234;tements tremp&#233;s. Le terrain de jeu sur lequel les place la metteure en sc&#232;ne ouvre l'espace et leur adresse, et leur permet d'atteindre directement le ou la spectatrice en cr&#233;ant des images de naufrag&#233;&#183;e&#183;s de quasi-fin du monde, enferm&#233;&#183;e&#183;s dans une obsession continuelle qui d&#233;truit leur existence. Ulysse ne semble jamais revenir, et nous devenons progressivement ces P&#233;n&#233;lopes qui attendent sans fin que tout change, sans espoir. Comme elles, nous traversons la vie dans l'espoir d'une r&#233;solution miraculeuse et hom&#233;rique : mais en face de nous, il y aura toujours la guerre, l'attente, la peur, et la chaleur humaine de quelques rescap&#233;s, esp&#233;rant encore, pr&#234;ts &#224; recommencer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce spectacle nous submerge, nous enl&#232;ve les mots pour dire et nous atteint dans ce qui nous est le plus singulier autant que dans ce qui nous lie les uns aux autres en tant que communaut&#233; d'&#234;tres humains. Rares sont ceux&#183;celles qui comprennent et int&#232;grent &#224; leur travail de mani&#232;re aussi puissante la signification d'&#234;tre un public face &#224; une sc&#232;ne, et la tendresse qui unit ainsi acteur&#183;rice&#183;s et spectateur&#183;rice&#183;s les un&#183;e&#183;s aux autres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Arte povera</title>
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		<dc:creator> Titiane Barthel </dc:creator>



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&lt;p&gt;La compagnie Art &amp;t&#231;a avec, au plateau, Charlie Culot, Alexis Garcia et Camille Grange, livre avec Combat de pauvres sa quatri&#232;me cr&#233;ation, qui se fonde sur la question de la pauvret&#233;, dans une d&#233;marche engag&#233;e et finement accusatrice. Des artistes essentiels au th&#233;&#226;tre politique en Belgique. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'entr&#233;e de la salle, un des trois com&#233;diens distribue les cartes : car c'est ainsi que s'organisent les foyers de SDF pour discriminer entre, les cartes rouges, ceux qui pourront dormir au chaud et les (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La compagnie Art &amp;t&#231;a avec, au plateau, Charlie Culot, Alexis Garcia et Camille Grange, livre avec Combat de pauvres sa quatri&#232;me cr&#233;ation, qui se fonde sur la question de la pauvret&#233;, dans une d&#233;marche engag&#233;e et finement accusatrice. Des artistes essentiels au th&#233;&#226;tre politique en Belgique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'entr&#233;e de la salle, un des trois com&#233;diens distribue les cartes : car c'est ainsi que s'organisent les foyers de SDF pour discriminer entre, les cartes rouges, ceux qui pourront dormir au chaud et les cartes noires, ceux qui seront condamn&#233;s &#224; dormir dehors, &#233;tant dans l'incapacit&#233; de tous les accueillir. Une fois cette in&#233;galit&#233; fondamentale pos&#233;e, les com&#233;diens nous entra&#238;nent dans une s&#233;rie de tableaux et de situations, d'une construction dramaturgique impeccable. Au fur et &#224; mesure des questions pos&#233;es, des r&#233;ponses insuffisantes apport&#233;es par les politiques, Charlie Culot, Alexis Garcia et Camille Grange, dirig&#233;s par David Daubresse dessinent avec une grande humanit&#233; diff&#233;rents portraits de &#171; pauvres &#187;, soit par la vid&#233;o soit par l'imitation qui devient une mani&#232;re de donner une voix &#224; ceux qui n'en ont pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De fil en aiguille se construit un discours parfaitement &#233;quilibr&#233; dans chacun de ses arguments qui donne au spectacle la puissance d'un uppercut en plein visage. Tous les angles sont pris en charge, toutes les armes, du graphique au t&#233;moignage en passant par les caricatures de divers hommes et femmes politiques hautes en couleur ou des images po&#233;tiques simples et puissantes. Les com&#233;diens se perdent peu &#224; peu dans une for&#234;t des individus disparus du syst&#232;me social, puis se transforment en naufrag&#233;s du fol espoir, puis construisent une barricade, des paysages de guerre en Orient, m&#234;lant probl&#233;matiques locales et mondialis&#233;es avec brio et intelligence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La virtuosit&#233; du spectacle doit beaucoup &#224; la sc&#233;nographie efficace de Claudine Maus compos&#233;e de quelques praticables qui font appara&#238;tre des bureaux, des radeaux, des tombes, des bancs, des salles de classe en deux mouvements. Ce dispositif de jeu laisse tout l'espace aux com&#233;diens pour laisser entendre leur parole et d&#233;ployer tous les mat&#233;riaux collect&#233;s &#224; l'int&#233;rieur de l'&#233;criture du spectacle. Sans laisser au spectateur le temps de reprendre son souffle, les images se succ&#232;dent sous nos yeux, attaquant le probl&#232;me de la pauvret&#233; de plus en plus profond&#233;ment pour appeler finalement &#224; une conscience collective r&#233;veill&#233;e sur les planches du th&#233;&#226;tre, ouvrant les possibilit&#233;s d'action. L'&#233;criture du spectacle est parfois documentaire, parfois au vitriol, et toujours ancr&#233;e dans une profonde po&#233;sie du r&#233;el m&#234;me dans son &#226;pret&#233; la plus grande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre lui-m&#234;me est utilis&#233; avec intelligence comme un support de repr&#233;sentation alternatif aux m&#233;dias actuels qui entretiennent des repr&#233;sentations et des peurs construisant une vision id&#233;ologique de la pauvret&#233; dans nos soci&#233;t&#233;s. En d&#233;tournant ces supports m&#233;diatiques pour r&#233;v&#233;ler leur vacuit&#233; tout en g&#233;n&#233;rant d'autres repr&#233;sentations davantage politiques et humaines au plateau, les quatre cr&#233;ateurs d'Art et t&#231;a font de leur spectacle une arme formelle qui vient d&#233;truire les repr&#233;sentations politiciennes et m&#233;diatiques qui nous entourent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout, dans ce spectacle, y compris la rencontre qui suit chaque repr&#233;sentation avec un intervenant d'une association en lutte sur ce m&#234;me th&#232;me, en fait un beau geste de renouveau du th&#233;&#226;tre politique. Dignes h&#233;ritiers du Th&#233;&#226;tre de l'Aquarium et de l'&#233;criture d'Armand Gatti, Charles Culot, Alexis Garcia, Camille Grange et David Daubresse m&#232;nent un travail n&#233;cessaire et urgent tout en prenant un parti pris esth&#233;tique original. Au plateau, la lutte continue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Think outside the box</title>
		<link>http://www.demandezleprogramme.be/Think-outside-the-box</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Titiane Barthel </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Clos met en bo&#238;te au sens propre du terme trois acrobates accompagn&#233;s par deux musiciens, enferm&#233;s malicieusement dans une grande bo&#238;te en m&#233;tal qui contient leurs corps, leurs r&#234;ves et leurs obsessions d'&#234;tres humains. Un petit chef-d'&#339;uvre qui va droit au c&#339;ur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Clos, l'ing&#233;nieux Gilles Gardula a construit une sc&#233;nographie qui constitue une bo&#238;te dans une bo&#238;te : un premier espace clairement d&#233;limit&#233; constitue le terrain de jeu commun pour les acrobates et les musiciens, tandis que les uns se (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.demandezleprogramme.be/-Critiques-" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Clos met en bo&#238;te au sens propre du terme trois acrobates accompagn&#233;s par deux musiciens, enferm&#233;s malicieusement dans une grande bo&#238;te en m&#233;tal qui contient leurs corps, leurs r&#234;ves et leurs obsessions d'&#234;tres humains. Un petit chef-d'&#339;uvre qui va droit au c&#339;ur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour Clos, l'ing&#233;nieux Gilles Gardula a construit une sc&#233;nographie qui constitue une bo&#238;te dans une bo&#238;te : un premier espace clairement d&#233;limit&#233; constitue le terrain de jeu commun pour les acrobates et les musiciens, tandis que les uns se trouvent cach&#233;s dans une grande bo&#238;te en m&#233;tal, entre le frigo et la cabine t&#233;l&#233;phonique, et les autres sur&#233;lev&#233;s sur un podium. Peu &#224; peu, la musique monte, les lumi&#232;res baisse, et des balles de jonglage sans jongleur visible commencent &#224; appara&#238;tre au-dessus de cette cage de m&#233;tal. Un premier personnage appara&#238;t, Lo&#239;c Faure, courant apr&#232;s ses balles pour les faire rentrer &#224; nouveau dans la bo&#238;te. Puis c'est au tour de Daniel Esteban Lorenzo de faire sortir des ballons qu'il tente de faire rentrer de force dans la cage. Enfin, on voit Anna-Katharina Herkt s'&#233;chapper de la bo&#238;te et continuer ses contorsions au sol, telle un animal &#233;trange &#233;chapp&#233; de son enclos. Voici les ingr&#233;dients de base qui vont se nouer et se d&#233;nouer pendant pr&#232;s d'une heure, avec toujours plus d'inventivit&#233; et de joie. Chacun&#183;e de ses personnages va alors entreprendre non pas de s'&#233;chapper mais de d&#233;membrer progressivement la cage, &#244;tant chacune de ses portes pour ne laisser qu'un espace transparent et ouvert, un objet plastique m&#233;taphorisant parfaitement une libert&#233; trouv&#233;e hors des cases.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ne s'interrompt jamais, de la ligne m&#233;lodique des musiciens aux balles qui dansent et tombent, des assemblages des corps des acrobates &#224; leurs &#233;l&#233;vations et leurs torsions dans l'espace. Le plateau est exploit&#233; et balanc&#233; avec une grande intelligence, exploitant l'horizontale comme la verticale, jouant sur un corps voil&#233; et d&#233;voil&#233;, souple ou tendu, lib&#233;r&#233; ou timide. Chacun des interpr&#232;tes est porteur d'une grande singularit&#233; qui leur permet de se compl&#233;ter les uns les autres, entre l'ouverture magistrale et souple d'Anna-Katharina Herkt, l'&#233;quilibre &#233;mouvant de Daniel Esteban Lorenzo, et la l&#233;g&#232;ret&#233; dr&#244;le de Lo&#239;c Faure, en complicit&#233; constante avec Olivier Thomas et Laurent Rousseau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun &#233;l&#233;ment n'arrive l&#224; o&#249; on l'attend, et chaque geste, chaque note, chaque &#233;lan est habit&#233; d'une pr&#233;sence d'une grande qualit&#233; qui fait du plateau un espace o&#249; r&#233;sonnent et se croisent les &#233;nergies projet&#233;es par les cinq interpr&#232;tes. Dans un univers entre le dessin anim&#233; et le cartoon, chacun&#183;e est prisonnier&#183;&#232;re de sa propre folie, et la transforme en espace de libert&#233; et de joie, les uns gr&#226;ce aux autres. Titubant au bord du vide ou rebondissant au sol, ces personnages en hyper-activit&#233; se d&#233;cha&#238;nent et transforment progressivement leur cage en agr&#232;s de cirque, en terrain de jeu pour ces enfants dans des corps d'adultes, libres de r&#234;ver et de se transformer au fil de chacun de leurs mouvements, de chacune des notes que composent avec humour et tendresse Olivier Thomas et Laurent Rousseau.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Survivor</title>
		<link>http://www.demandezleprogramme.be/Survivor</link>
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		<dc:date>2018-10-25T21:10:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Titiane Barthel </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Achille Ridolfi, mis en sc&#232;ne par Nathalie Uffner, r&#233;alise son premier seul en sc&#232;ne avec brio et sensibilit&#233;, livrant une galerie de portraits entre caricature et profondeur. &lt;br class='autobr' /&gt; Accueillis par le personnage insupportable de Jean-S&#233;bastien Barth, grand com&#233;dien auto-proclam&#233;, nous sommes peu &#224; peu plong&#233;s dans l'itin&#233;raire d'acteur d'Achille Ridolfi, que nous distinguons derri&#232;re le masque caricatural de Barth. On assiste ainsi &#224; la fois &#224; une le&#231;on de th&#233;&#226;tre, &#224; un discours sur le cin&#233;ma, les castings, &#224; (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Achille Ridolfi, mis en sc&#232;ne par Nathalie Uffner, r&#233;alise son premier seul en sc&#232;ne avec brio et sensibilit&#233;, livrant une galerie de portraits entre caricature et profondeur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Accueillis par le personnage insupportable de Jean-S&#233;bastien Barth, grand com&#233;dien auto-proclam&#233;, nous sommes peu &#224; peu plong&#233;s dans l'itin&#233;raire d'acteur d'Achille Ridolfi, que nous distinguons derri&#232;re le masque caricatural de Barth. On assiste ainsi &#224; la fois &#224; une le&#231;on de th&#233;&#226;tre, &#224; un discours sur le cin&#233;ma, les castings, &#224; une d&#233;couverte de ce que signifie &#234;tre acteur &#224; travers diff&#233;rentes sc&#232;nes de films, et jusqu'&#224; un concert live, tout cela t&#233;moignant des nombreux talents d'Achille Ridolfi, jusqu'&#224; atteindre le trop-plein, la lassitude. Appara&#238;t alors face &#224; nous, d'une humanit&#233; d&#233;sarmante, l'acteur derri&#232;re le personnage. Apr&#232;s avoir reparcouru avec nous toutes les exp&#233;riences, d&#233;couvertes du m&#233;tier d'acteur avec un humour au vitriol, celui-ci laisse finalement para&#238;tre la fatigue d'une vie pass&#233;e &#224; faire semblant d'&#234;tre un autre, &#224; tenter de sortir de l'ordinaire, pour finir par appartenir &#224; un monde o&#249; tous les artistes se ressemblent.&lt;br class='autobr' /&gt; Cette bascule est v&#233;ritablement le point fort du spectacle : si Achille Ridolfi n'avait &#233;crit qu'un one-man show, celui de Jean-S&#233;bastien Barth, ce spectacle serait un bon spectacle de stand-up. Mais en quelques minutes finales, qui auraient pu constituer une partie enti&#232;re, Achille Ridolfi renverse le sens de toute la performance qu'il vient de livrer. Peu &#224; peu, celui-ci s&#232;me les indices d'un masque en train de se craqueler, d'abord en faisant semblant d'avoir un trou, pla&#231;ant ainsi le spectateur &#224; un endroit de malaise qui vient questionner son rapport au th&#233;&#226;tre et au com&#233;dien sur sc&#232;ne : Ridolfi questionne ainsi de mani&#232;re int&#233;ressante le spectre du ratage qui hante tout spectacle de th&#233;&#226;tre. Puis il abandonne v&#233;ritablement son personnage, retirant sa perruque et tous les codes qu'il a pass&#233; une heure &#224; poser, pour ramener cet univers de portraits &#224; une image unique, celle d'un artiste en mal de sinc&#233;rit&#233;. D&#233;cidant de renouer avec sa &#171; vraie vie &#187;, il sors alors de la salle de spectacle, retirant ce code de la b&#234;te de sc&#232;ne, en frontal, face &#224; son public, pour r&#233;aliser une chor&#233;graphie film&#233;e et retransmise dans la salle de Survivor, des Destiny's Child. La bo&#238;te noire explose avec cette fen&#234;tre sur l'ext&#233;rieur, qui modifie les codes de repr&#233;sentation de mani&#232;re jouissive, pour le com&#233;dien comme pour les spectateurs. &lt;br class='autobr' /&gt; A travers cette performance d'acteur remarquable, Achille Ridolfi op&#232;re par l'humour et la caricature une travers&#233;e de sa propre exp&#233;rience d'artiste, tout en remettant en question la notion de b&#234;te de sc&#232;ne. Un moment entre un acteur et son public finement exploit&#233;, entre d&#233;s&#233;quilibre et lib&#233;ration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hymne &#224; l'imperfection,</title>
		<link>http://www.demandezleprogramme.be/Hymne-a-l-imperfection-3253</link>
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		<dc:date>2018-10-15T22:37:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Titiane Barthel </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;R&#233;duit au silence trop longtemps, le po&#232;te urbain Maky, accompagn&#233; au son par son acolyte Fabot livre une travers&#233;e de sa vie, d'enfant hyperkinetique &#224; un &#234;tre imparfait et fier de l'&#234;tre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mathieu d'Angelo, alias Maky, nous accueille, s'assoit face &#224; nous, et nous souhaite un bon voyage, avant de nous entra&#238;ner dans un voyage sans fond o&#249; nous perdons pied. Bien accroch&#233;s &#224; ses c&#244;t&#233;s, nous glissons petit &#224; petit dans un monde qu'il construit pour nous, arm&#233; de ses mots. Slameur, enfant bless&#233;, petit (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;duit au silence trop longtemps, le po&#232;te urbain Maky, accompagn&#233; au son par son acolyte Fabot livre une travers&#233;e de sa vie, d'enfant hyperkinetique &#224; un &#234;tre imparfait et fier de l'&#234;tre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mathieu d'Angelo, alias Maky, nous accueille, s'assoit face &#224; nous, et nous souhaite un bon voyage, avant de nous entra&#238;ner dans un voyage sans fond o&#249; nous perdons pied. Bien accroch&#233;s &#224; ses c&#244;t&#233;s, nous glissons petit &#224; petit dans un monde qu'il construit pour nous, arm&#233; de ses mots. Slameur, enfant bless&#233;, petit commercial frustr&#233;, dealer d&#233;sabus&#233;, chacun de ses profils d&#233;file devant nos yeux, chacun constituant une partie du puzzle de ce grand hymne &#224; l'imperfection. &lt;br class='autobr' /&gt; Ce &#171; faux &#187; one-man show, en r&#233;alit&#233; une discussion entre un po&#232;te et un musicien, cr&#233;e une rencontre, fait s'associer deux codes &#224; la puissance d&#233;multipli&#233;e. Il n'y a rien de plus beau &#224; voir que ce dialogue en construction sous nos yeux, qui constitue le fil rouge du spectacle ainsi qu'un soutien dans la retravers&#233;e qu'op&#232;re Maky sous nos yeux d'une vie de silence qu'il a enfin d&#233;cid&#233;e de briser. Cette vie est d&#233;voil&#233;e avec un ton doux-amer, o&#249; l'humour devient la meilleure arme pour construire une confiance en soi. &lt;br class='autobr' /&gt; La grande r&#233;ussite de ce spectacle est avant tout l'inclusion du spectateur, r&#233;alis&#233;e ici avec une finesse et une simplicit&#233; rarement trouv&#233;e sur d'autres sc&#232;nes. Pos&#233;e comme un contrat d&#232;s l'ouverture du spectacle, cette inclusion est impliqu&#233;e dans la sc&#233;nographie m&#234;me du spectacle, constitu&#233;e de multiples hauts-parleurs accroch&#233;s au-dessus de la sc&#232;ne. Le son ainsi spatialis&#233; englobe le spectateur. Ces hauts-parleurs deviennent &#233;galement un monde &#224; part, o&#249; on voit se projeter des images d'yeux et de bouches, cr&#233;ant une atmosph&#232;re de plus en plus oppressante. Finalement, Maky pr&#233;pare la piste d'atterrissage avec le m&#234;me soin qu'il a mis &#224; nous faire d&#233;coller. Progressivement ramen&#233;s aux planches de l'espace Magh, nous sommes rendus &#224; nos propres imperfections, celles qui ne rentre pas dans les cases de la normalisation sociale, et qu'il ne nous reste plus qu'&#224; aimer, avec la m&#234;me rage que Maky mets dans ses textes. &lt;br class='autobr' /&gt; A la fronti&#232;re entre le concert et le spectacle, Hymne &#224; l'imperfection constitue une d&#233;marche singuli&#232;re et originale, une pi&#232;ce unique dans l'univers du slam &#224; l'&#233;poque contemporaine. Cette place rare donn&#233;e &#224; la parole slam&#233;e m&#234;l&#233;e &#224; une &#233;criture biographique fait de ce face-&#224;-face entre musique et langue un moment suspendu, &#224; la gr&#226;ce &#226;pre et aiguis&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La seconde surprise de l'amour, Marivaux, mise en sc&#232;ne par Thibaut Wenger</title>
		<link>http://www.demandezleprogramme.be/La-seconde-surprise-de-l-amour-Marivaux-mise-en-scene-par-Thibaut-Wenger</link>
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		<dc:date>2018-10-13T23:31:11Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Titiane Barthel </dc:creator>



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&lt;p&gt;Thibaut Wenger se plonge dans la langue de Marivaux pour sa mise en sc&#232;ne de La seconde surprise de l'amour, au Th&#233;&#226;tre des Martyrs jusqu'au 20 octobre, donnant &#224; voir deux &#234;tres en deuil de l'amour qui finiront par s'aimer malgr&#233; eux. Thibaut Wenger donne &#224; l'&#233;criture de Marivaux une teinte &#233;trange et interrogatrice. &lt;br class='autobr' /&gt;
Arnaud Verley transforme le plateau de la grande sc&#232;ne des martyrs en vaste terrain de jeu, construit sur deux niveaux dont les acteurs descendent pour se placer sur un gazon de fosse aux (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.demandezleprogramme.be/-Critiques-" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Thibaut Wenger se plonge dans la langue de Marivaux pour sa mise en sc&#232;ne de La seconde surprise de l'amour, au Th&#233;&#226;tre des Martyrs jusqu'au 20 octobre, donnant &#224; voir deux &#234;tres en deuil de l'amour qui finiront par s'aimer malgr&#233; eux. Thibaut Wenger donne &#224; l'&#233;criture de Marivaux une teinte &#233;trange et interrogatrice.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Arnaud Verley transforme le plateau de la grande sc&#232;ne des martyrs en vaste terrain de jeu, construit sur deux niveaux dont les acteurs descendent pour se placer sur un gazon de fosse aux lions, o&#249; vont s'affronter les egos bless&#233;s et les passions refoul&#233;es. On voit ainsi se construire un syst&#232;me d'entr&#233;es et de sorties des personnages, passant derri&#232;re des parois pour resurgir en hauteur. On saluera la belle id&#233;e d'Arnaud Verley et Thibaut Wenger, qui n'est cependant pas assez exploit&#233;e par les acteurs pour pouvoir fonctionner comme la machine sc&#233;nique qu'elle aurait pu devenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les diff&#233;rentes figures se dessinent au fur et &#224; mesure, entre valets et bonnes fac&#233;tieux, et nobliaux transis, respectant un ordre social inscrit dans la dramaturgie de Marivaux. On regrettera que cette dimension ne soit pas davantage mise en question par la mise en sc&#232;ne, qui, si elle fait le choix d'actualiser un classique, devrait s'interroger sur la place que peut avoir un rapport ma&#238;tre-valet ou homme-femme sur une sc&#232;ne contemporaine. Thibaut Wenger a rassembl&#233; une &#233;quipe d'acteurs d'un grand talent, avec Nina Blanc dans le r&#244;le de Lisette, Olindo Bolzan dans le r&#244;le d'Hortensius, Marcel Delval dans le r&#244;le du Comte, Emile Falk-Blin dans le r&#244;le du Chevalier, Sacha Fritschk&#233; dans le r&#244;le de Lubin, et la somptueuse Emilie Mar&#233;chal dans le r&#244;le de la Marquise. Si tous assurent avec enthousiasme et puissance les figures de Marivaux, entre commedia dell'arte et discours galant, le plateau demeure d&#233;s&#233;quilibr&#233; et d&#233;saccord&#233;, quand le Chevalier de Emile Falk-Blin se trouve effac&#233; par la puissance de la Marquise d'Emilie Mar&#233;chal. L'&#233;quipe manque d'esprit d'ensemble et de rythme, qui peuvent para&#238;tre n&#233;cessaires &#224; la bonne r&#233;ussite d'un travail sur l'&#233;criture de Marivaux. La direction d'acteurs se focalise sur une adresse entre les acteurs int&#233;ressante mais insuffisante, et o&#249; le manque de profondeur se fait cruellement sentir. Wenger semble &#224; la fois vouloir nous distancier et nous &#233;mouvoir, sans avoir fait de v&#233;ritable choix de mise en sc&#232;ne. Une tentative pleine de bonnes intentions, mais trop &#233;parse et trop peu creus&#233;e pour v&#233;ritablement tenir la route.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Malheureux le pays qui a besoin de h&#233;ros.</title>
		<link>http://www.demandezleprogramme.be/Malheureux-le-pays-qui-a-besoin-de-heros</link>
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		<dc:date>2018-10-01T09:52:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Titiane Barthel </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Du 4 au 6 octobre, &#224; l'espace Senhor, se joue Je suis un h&#233;ros, &#233;crit et mis en sc&#232;ne par Ren&#233; Bizac avec un com&#233;dien, Lazare Minoungou et un musicien, Max Vandervorst. Ren&#233; Bizac, en collaboration &#224; la mise en sc&#232;ne avec Nathalie Huysmans, y rel&#232;ve un d&#233;fi au c&#339;ur de notre &#233;criture contemporaine : adopter le point de vue d'un migrant burkinab&#233;, pour op&#233;rer une satire grin&#231;ante de notre syst&#232;me politique europ&#233;en. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lazare Minoungou appara&#238;t au milieu du plateau, tomb&#233; l&#224; dans l'obscurit&#233; qui l'entoure, au (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.demandezleprogramme.be/-Critiques-" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Du 4 au 6 octobre, &#224; l'espace Senhor, se joue Je suis un h&#233;ros, &#233;crit et mis en sc&#232;ne par Ren&#233; Bizac avec un com&#233;dien, Lazare Minoungou et un musicien, Max Vandervorst. Ren&#233; Bizac, en collaboration &#224; la mise en sc&#232;ne avec Nathalie Huysmans, y rel&#232;ve un d&#233;fi au c&#339;ur de notre &#233;criture contemporaine : adopter le point de vue d'un migrant burkinab&#233;, pour op&#233;rer une satire grin&#231;ante de notre syst&#232;me politique europ&#233;en.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lazare Minoungou appara&#238;t au milieu du plateau, tomb&#233; l&#224; dans l'obscurit&#233; qui l'entoure, au milieu d'un d&#233;cor d'une simplicit&#233; qui lui laisse tout l'espace pour livrer son histoire. Autour de lui viennent et vont des images d'un monde que nous ne connaissons que trop bien, de noy&#233;s engloutis par la mer, de photos bien-pensantes de magazines, et qui, pourtant, abord&#233;s avec un &#339;il po&#233;tique, nous d&#233;sar&#231;onnent et nous font rire. Seul en sc&#232;ne Lazare Minoungou va et vient, saute et court au fil d'un voyage qui l'am&#232;ne au c&#339;ur d'une Europe qui est la n&#244;tre, mettant en question avec subtilit&#233; et humour la c&#233;cit&#233; de nos gouvernements, et l'absurdit&#233; des dominants de ce monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_11999 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.demandezleprogramme.be/local/cache-vignettes/L500xH334/0-9fb2a.jpg?1699137768' width='500' height='334' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le TARMAC, sc&#232;ne internationale francophone, a touch&#233; tr&#232;s juste en choisissant la pi&#232;ce de Ren&#233; Bizac pour le prix de son comit&#233; de lecture 2016-2017. Dans un paysage de l'&#233;criture contemporaine o&#249; le d&#233;sastre des migrants est au c&#339;ur de toutes les r&#233;flexions, rares sont les pi&#232;ces qui parviennent &#224; l'aborder avec autant de finesse, d'humilit&#233; et de d&#233;centrement que Ren&#233; Bizac. On y suit l'odyss&#233;e de Coumba Jean-Denis, parti du Burkina Faso pour rejoindre l'Europe, portant un regard amus&#233; sur une politique migratoire europ&#233;enne o&#249; sont faits citoyens les migrants assez forts, pr&#233;sentant assez bien sur les photos, capables de porter les sacs de viande les plus lourds ou de s'occuper &#224; la perfection des caniches, tandis qu'on laisse sans honte et en silence la M&#233;diterran&#233;e devenir un cimeti&#232;re humain. Mais Jean-Denis est un h&#233;ros et ne se taira pas. Avec une intelligence et un savoir-faire remarquable, Ren&#233; Bizac utilise les codes du conte africain pour &#233;crire cette &#233;pop&#233;e contemporaine. On y croise toute une galerie de personnages hauts en couleurs, de l'Anc&#234;tre accompagnant l'histoire de Jean-Denis &#224; un bourgmestre d'Anvers fort reconnaissable, en passant par un chef de mafia chinoise, un presque-fr&#232;re malveillant, une bourgeoise du XVI&#232;me arrondissement de Paris et un commissaire de police. Ren&#233; Bizac y d&#233;construit le figure du &#171; migrant-h&#233;ros &#187; incarn&#233; avec brio par Lazare Minoungou, et d&#233;nonce avec un humour grin&#231;ant un Occident qui n'accepterait que des migrations de &#171; h&#233;ros &#187;. Le texte porte &#233;galement en filigrane un discours postcolonial acerbe : Jean-Denis, ce h&#233;ros burkinab&#233;, accomplit pour tout exploit de porter plusieurs tonnes de sacs de viandes aux halles de Rungis, op&#233;rant, dans l'image, un lien clair entre cet esclavage moderne et un esclavage plus ancien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lazare Minoungou incarne tour &#224; tour chacun de ces personnages hauts en couleur, avec une agilit&#233; et une sinc&#233;rit&#233; d&#233;concertante. Le com&#233;dien nous les livre jusqu'au bouts des ongles, parfois ridicules comme M. Ping ou le bourgmestre d'Anvers, parfois inqui&#233;tants comme cet Anc&#234;tre qui vient pointer du doigt l'oubli de Jean-Denis de ceux qui ont voyag&#233; avec lui, comme le n&#244;tre. Nous sommes happ&#233;s par ce conte de notre histoire, qui, s'il fait rire, n'a pas peur de venir piquer l&#224; o&#249; &#231;a d&#233;mange. On saluera la performance d'acteur de Lazare Minoungou par sa puissance, sa conscience corporelle et son engagement total vis-&#224;-vis du texte. L'&#233;quilibre que celui-ci construit avec Max Vandervorst constitue une belle construction au plateau, entre la pr&#233;sence du com&#233;dien et celle du musicien, qui accompagne le r&#233;cit comme un second conteur. Peu &#224; peu, ce bin&#244;me se d&#233;ploie dans l'espace, l'occupant de plus en plus au fil du r&#233;cit, englobant le public dans ce conte et lui adressant directement. Le tr&#232;s beau th&#233;&#226;tre &#224; l'italienne de l'espace Senghor est compl&#232;tement int&#233;gr&#233; au spectacle, avec son accoustique rare o&#249; r&#233;sonne jusqu'au fond de nous la voix fascinante de Lazare Minoungou, sautant d'un corps &#224; l'autre, d'une r&#233;alit&#233; &#224; l'autre, et d'un registre &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car si l'on passe du comique &#224; la farce, Ren&#233; Bizac et Nathalie Huysmans ne nous laissent pas oublier ce qui existe, nous renvoyant en pleine face cette image finale d'une mer engloutissant des multitude de mains abandonn&#233;es aux flots, et l'appel d'une m&#232;re au milieu d'elles, auquel Jean-Denis, comme nous, sommes sourds. Ce texte est un rempart contre l'oubli, et donne une voix pleine et unique &#224; cette hypocrisie d'une Europe qui se cherche des h&#233;ros parmi ceux qui ne demandent qu'&#224; survivre. Un spectacle d'une urgence vitale, &#224; retrouver en tourn&#233;e du 12 au 13 octobre &#224; la V&#233;nerie, le 6 novembre &#224; L'armillaire/Jette, du 7 au 10 novembre au Jacques Franck ou le 20 novembre &#224; l'Archipel 19/Berchem, et en Wallonie du 11 octobre au 27 novembre = Les Chiroux, l'Eden, Lessines, Fl&#233;malle, Colfontaine et Gembloux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sur le fa&#238;te</title>
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		<dc:date>2018-09-24T08:04:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Titiane Barthel </dc:creator>



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&lt;p&gt;Seul comme un alpiniste au milieu du plateau, C&#233;dric Juliens livre avec finesse et profondeur le texte que R&#233;gis Duqu&#233; a tir&#233; de ses entretiens avec l'alpiniste Dominique de Staercke. Un remarquable exercice de courage. &lt;br class='autobr' /&gt;
C&#233;dric Juliens demeure dans l'ombre &#224; l'entr&#233;e du public, tapi en arri&#232;re-sc&#232;ne, se pr&#233;parant &#224; une heure d'adresse directe, en face-&#224;-face avec le spectateur. &#192; l'instant o&#249; celui-ci fait volte-face et marche droit vers nous, le voyage est lanc&#233;. Nous plongeons dans les souvenirs de (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Seul comme un alpiniste au milieu du plateau, C&#233;dric Juliens livre avec finesse et profondeur le texte que R&#233;gis Duqu&#233; a tir&#233; de ses entretiens avec l'alpiniste Dominique de Staercke. Un remarquable exercice de courage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C&#233;dric Juliens demeure dans l'ombre &#224; l'entr&#233;e du public, tapi en arri&#232;re-sc&#232;ne, se pr&#233;parant &#224; une heure d'adresse directe, en face-&#224;-face avec le spectateur. &#192; l'instant o&#249; celui-ci fait volte-face et marche droit vers nous, le voyage est lanc&#233;. Nous plongeons dans les souvenirs de l'alpiniste belge Dominique de Staercke, connu pour &#234;tre un champion des 4000 m&#232;tres des Alpes. Mais cette histoire d'une vie n'est pas un simple catalogue de performances sportives : c'est la d&#233;couverte de la construction d'un homme, par et pour la haute montagne. Au fil des sommets parcourus, nous suivons l'&#233;volution d'un apprenti alpiniste jusqu'&#224; un alpiniste retir&#233;, offrant son regard sur notre rapport &#224; la nature, au courage, &#224; la peur, au danger, au d&#233;sir, au bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_11996 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.demandezleprogramme.be/local/cache-vignettes/L500xH334/rbph_01112_0003_szparagowska-c1d4c.jpg?1699137769' width='500' height='334' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oscillant entre simplicit&#233; et folie, C&#233;dric Juliens accomplit ici une remarquable performance d'acteur, parvenant &#224; faire exister sous nos yeux un sentiment de d&#233;s&#233;quilibre constant. Le spectateur est plac&#233; en suspens, comme sur un fil, &#224; l'aff&#251;t de chaque mot prononc&#233; par le com&#233;dien. Avec humour et tendresse, celui-ci fait parfaitement exister la parole de cet alpiniste mise en forme par R&#233;gis Duqu&#233;. On sera particuli&#232;rement sensible &#224; la place du t&#233;moignage que C&#233;dric Juliens laisse perceptible : s'il est pr&#233;sent comme com&#233;dien au plateau, la parole de Dominique de Staercke &#224; laquelle il pr&#234;te sa voix demeure flottante, comme un emprunt, l&#233;ger et tendre. Ces souvenirs vivaces, apparaissant en un &#233;clair puis effac&#233;s d'un revers de main par le com&#233;dien sont tous plus passionnants les uns que les autres, des m&#233;thodes de progression, jusqu'aux m&#233;taphores, de l'engagement et des sommets, de la peur et du l&#226;cher-prise, jusqu'&#224; l'acceptation de l'&#233;chec. Il existe un ph&#233;nom&#232;ne particulier dans l'alpinisme : le manque &#224; la redescente, le d&#233;sir violent et imp&#233;rieux de remonter, de retourner &#224; la haute montagne, aussi mortif&#232;re que profond. En suivant chacun des pas que trace Dominique De Staercke, le spectateur se retrouve dans cette m&#234;me position d'attente, de manque, d'exaltation, &#224; chaque &#233;tape de l'ascension prononc&#233;e par C&#233;dric Juliens. On regrettera peut-&#234;tre un d&#233;s&#233;quilibre entre des moments de mise en sc&#232;ne d'une grande justesse, tels que les livres transform&#233;s en arr&#234;tes de glaciers, une ad&#233;quation quasi totale entre le r&#233;cit et le corps du com&#233;dien, et des instants de vide o&#249; le r&#233;cit devient trop explicatif, diminuant la puissance de l'instant po&#233;tique qui l'a pr&#233;c&#233;d&#233;. Pourquoi, par exemple, ne pas finir le spectacle en nous abandonnant &#224; cette vision majestueuse de C&#233;dric Juliens empli de la vision de la lune apr&#232;s son dernier 4000, plut&#244;t que de nous ramener &#224; la quotidiennet&#233; de sa vie d'alpiniste retir&#233;, rang&#233; et mari&#233; ? Mais peut-&#234;tre ce choix-l&#224; fait-il partie de la redescente, une mani&#232;re de ramener le spectateur au r&#233;el, simple et humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On saluera &#233;galement le travail monumental &#224; la lumi&#232;re et au son de Dimitri Joukowsky et Guillaume Istace, faisant exister autour de C&#233;dric Juliens l'atmosph&#232;re pesante de la haute montagne, non pas en imitant cet environnement, mais en jouant sur la perception du spectateur, nous maintenant en permanence dans un &#233;tat d'instabilit&#233; et de grand bonheur. La lumi&#232;re est notre rythme, nous pla&#231;ant en haut du glacier puis de retour dans le bureau de Dominique De Staercke. Le choix musical est particuli&#232;rement pouss&#233;, laissant de l'Oraison pour Ondes Martenot de Messiaen un souvenir p&#233;n&#233;trant. &#192; cet &#233;gard, Dimitri Joukowsky et Guillaume Istace construisent un &#233;quilibre parfait dans la place laiss&#233;e au jeu de l'acteur, et la cr&#233;ation d'un univers autour de lui. Au fil de cette aventure, C&#233;dric Juliens est premier de cord&#233;e, et nous suivons, juste derri&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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