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	<title>Demandez Le Programme</title>
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	<description>Demandezleprogramme est un agenda culturel et interactif en ligne, qui permet la rencontre entre les lieux culturels, les internautes et les artistes.</description>
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		<title>Demandez Le Programme</title>
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		<title>Sabordage</title>
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		<dc:creator> Didier B&#233;clard </dc:creator>



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&lt;p&gt;Dans &#171; sabordage &#187;, le Collectif Mensuel raconte l'histoire d'une &#238;le du Pacifique devenue le pays le plus riche du monde avant de sombrer dans un d&#233;sastre &#233;cologique. Du &#171; th&#233;&#226;tre de sens &#187; ancr&#233; dans les probl&#233;matiques de notre &#233;poque et servi la cr&#233;ativit&#233; technique et artistique de ses interpr&#232;tes. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'histoire est &#224; peine croyable et pourtant elle est vraie, m&#234;me si elle est (&#224; peine) romanc&#233;e sur sc&#232;ne. Nauru est une merveilleuse petite &#238;le perdue au milieu de l'Oc&#233;an Pacifique. Peupl&#233;e d'une poign&#233;e de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.demandezleprogramme.be/-Critiques-" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &#171; sabordage &#187;, le Collectif Mensuel raconte l'histoire d'une &#238;le du Pacifique devenue le pays le plus riche du monde avant de sombrer dans un d&#233;sastre &#233;cologique. Du &#171; th&#233;&#226;tre de sens &#187; ancr&#233; dans les probl&#233;matiques de notre &#233;poque et servi la cr&#233;ativit&#233; technique et artistique de ses interpr&#232;tes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'histoire est &#224; peine croyable et pourtant elle est vraie, m&#234;me si elle est (&#224; peine) romanc&#233;e sur sc&#232;ne. Nauru est une merveilleuse petite &#238;le perdue au milieu de l'Oc&#233;an Pacifique. Peupl&#233;e d'une poign&#233;e de femmes et d'hommes, la vie s'y &#233;coule paisiblement pendant des si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; un beau matin d'octobre 1798 o&#249; l'ombre d'un trois m&#226;ts battant pavillon britannique pointe &#224; l'horizon. Le Hunter, command&#233; par le capitaine John Fearn, aborde les rivages de Nauru, accueilli chaleureusement par les autochtones. Lorsque le capitaine quitte ce morceau de terre, il emporte juste une pierre qu'il ram&#232;ne en Australie, chez son employeur, la Pacific Island Company. Apr&#232;s sa mort, le caillou tra&#238;ne dans un bureau, servant de cale-porte ou de presse-papier, avant qu'un g&#233;ologue ne d&#233;couvre qu'il s'agit de phosphate pur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque, l'Australie voisine cherche &#224; d&#233;velopper son agriculture et a besoin, notamment, de phosphate qui est principalement utilis&#233; comme engrais. A l'aube du XXe si&#232;cle, l'exploitation du phosphate commence gr&#226;ce &#224; une main d'&#339;uvre bon march&#233; en provenance principalement de Chine. Nauru se d&#233;veloppe, se dote d'un port, d'un h&#244;pital, et malgr&#233; les guerres, l'int&#233;r&#234;t pour la mine ne faiblit pas. La compagnie prosp&#232;re et s'&#233;tend, mais son d&#233;veloppement est contrari&#233; par des croyances locales qui interdisent l'exploitation de certains portions de son territoire. D'o&#249; l'id&#233;e de soudoyer les chefs de tribus en les engageant comme cadre dans la compagnie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux-ci disposent ainsi des moyens n&#233;cessaires pour faire &#233;tudier leurs enfants en Australie. Hammer DeRoburt fait partie de cette g&#233;n&#233;ration qui estime que les Nauruans ne profitent que trop peu des retomb&#233;es &#233;conomiques du phosphate. D&#232;s 1951, il demande plus d'autonomie et une meilleure r&#233;partition des b&#233;n&#233;fices ce qu'il obtient sous la forme d'une indemnit&#233; d'exploitation. Mais l'objectif, &#224; terme, reste l'ind&#233;pendance de l'&#238;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 1968, la r&#233;publique ind&#233;pendante de Nauru est proclam&#233;e, DeRoburt en devient le premier pr&#233;sident et d&#233;cide de nationaliser l'exploitation de la roche. Le cours du phosphate atteint son plus haut niveau dans les ann&#233;es 1970 et le produit de sa vente est utilis&#233; pour am&#233;liorer le bien-&#234;tre des Nauruans. Les habitants ne payent pas d'imp&#244;t. L'eau et l'&#233;lectricit&#233; sont gratuites, de m&#234;me que les soins de sant&#233;. Nauru devient le pays le plus riche avec un revenu par habitant le plus &#233;lev&#233; du monde et dispose m&#234;me d'un si&#232;ge &#224; l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'Onu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sourdes aux avertissements des experts qui annoncent l'&#233;puisement des gisements, les autorit&#233;s de l'&#238;le tente de diversifier les sources de revenus en multipliant les investissements &#224; l'&#233;tranger, dans l'immobilier mais &#233;galement dans une com&#233;die musicale &#224; Londres (&#171; Leonardo the Musical : A Portrait of Love &#187;). Celle-ci sera l'un des &#233;checs les plus retentissants du th&#233;&#226;tre londonien tandis que l'immobilier ne tiendra pas ses promesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir des ann&#233;es 1990, l'activit&#233; &#233;conomique du phosphate s'effondre et la dette de l'&#238;le explose. Le gouvernement emprunte, vend sa voix &#224; l'Onu, notamment en faveur de la reprise de la chasse &#224; la baleine, blanchit de l'argent sale, brade sa nationalit&#233; et les passeports qui l'accompagnent et loue une partie de son territoire &#224; l'Australie qui y installe des camps de r&#233;fugi&#233;s en qu&#234;te d'asile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;figur&#233;e par des d&#233;cennies d'exploitation mini&#232;re, l'&#238;le, parsem&#233;e d'infrastructures &#224; l'abandon, est aujourd'hui un d&#233;sastre &#233;conomique et humain avec un taux de ch&#244;mage de 90% et une esp&#233;rance de vie inf&#233;rieure &#224; 60 ans, min&#233;e par certaines maladies (notamment l'ob&#233;sit&#233; et le diab&#232;te) dues au mode de vie occidental des ann&#233;es fastes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'histoire que narre &#171; Sabordage &#187; est d&#233;j&#224;, en soi, int&#233;ressante, la fa&#231;on dont la traite le Collectif Mensuel ne l'est pas moins. Tous les bruitages - le bruit des vagues, l'&#233;ruption du volcan pr&#233;sidant &#224; la naissance de l'&#238;le, les pas sur la plages, ... - sont r&#233;alis&#233;s, avec &#233;norm&#233;ment de cr&#233;ativit&#233;, par les com&#233;diens et musiciens (Sandrine Bergot, Quentin Halloy, Baptiste Isaia, Philippe Lecrenier et Renaud Riga), en direct sur sc&#232;ne. Les images capt&#233;es &#233;galement depuis une maquette sur le plateau donnent &#224; voir la vie insulaire et ses al&#233;as. Ces images sont enrichies par des incrustations prises sur le vif et des s&#233;quences de films o&#249; l'on retrouve, entre (de nombreux) autres, Mel Gibson, Anthony Hopkins, Marlon Brando, Marylin Monroe, Frank Sinatra ou Fred Astaire, pour illustrer l'arriv&#233;e des colons ou la cr&#233;ation de la com&#233;die musicale. Qui plus est, ces images sont doubl&#233;es, en parole ou en chanson, par les interpr&#232;tes sur le plateau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prouesse technique et artistique est remarquable (le Collectif avait d&#233;j&#224; fait montre de son talent en la mati&#232;re avec &#171; Blockbuster &#187; (2016) que l'on pourra revoir l'an prochain &#224; Arlon et Charleroi) et sert un propos des plus pertinents. La catastrophe &#233;cologique et humaine qui frappe l'&#238;le paradisiaque de Nauru s'apparente &#224; une m&#233;taphore d'anticipation du traitement actuellement r&#233;serv&#233; &#224; notre plan&#232;te. L'exploitation d&#233;raisonn&#233;e de ses ressources dict&#233;e par un capitalisme exacerb&#233; conduit &#224; l'&#233;croulement d'un monde o&#249; ne subsistent que quelques individus anim&#233;s par la volont&#233; (utopique ?) de reconstruire sur ces ruines, un autre monde plus juste et durable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Croquis d'un spectacle</title>
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		<dc:creator> Didier B&#233;clard </dc:creator>



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&lt;p&gt;Quatre com&#233;diennes et com&#233;diens esquissent ce que pourrait &#234;tre une pi&#232;ce qui plonge dans l'h&#233;ritage et les combats de Pier Paolo Pasolini. Ils racontent un monde disparu qu'ils n'ont pas connu et s'en inspirent pour questionner les enjeux du monde d'aujourd'hui. &lt;br class='autobr' /&gt;
Assise sur un banc, une Italienne, blonde, un peu fantasque, raconte en italien (surtitr&#233; en fran&#231;ais, &#224; l'exception de quelques digressions emport&#233;es et peu am&#232;nes) Pier Paolo Pasolini. D&#232;s leur premi&#232;re rencontre, elle en est tomb&#233;e amoureuse (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quatre com&#233;diennes et com&#233;diens esquissent ce que pourrait &#234;tre une pi&#232;ce qui plonge dans l'h&#233;ritage et les combats de Pier Paolo Pasolini. Ils racontent un monde disparu qu'ils n'ont pas connu et s'en inspirent pour questionner les enjeux du monde d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Assise sur un banc, une Italienne, blonde, un peu fantasque, raconte en italien (surtitr&#233; en fran&#231;ais, &#224; l'exception de quelques digressions emport&#233;es et peu am&#232;nes) Pier Paolo Pasolini. D&#232;s leur premi&#232;re rencontre, elle en est tomb&#233;e amoureuse et l'est rest&#233;e toute sa vie. M&#234;me si rien n'a jamais &#233;t&#233; possible entre eux si ce n'est travailler ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quittant le Frioul et le dur monde paysan, le po&#232;te, &#233;crivain, journaliste, sc&#233;nariste et r&#233;alisateur a pris Rome comme une claque dans la figure. Pauvre, il vivait avec sa m&#232;re dans les borgate (faubourgs) des quartiers dits &#171; informels &#187; construits par les habitants en manque de logements. Il y d&#233;couvre le monde de la p&#233;riph&#233;rie peupl&#233;e de ch&#244;meurs de trafiquants, de drogu&#233;s d'ivrognes, de prostitu&#233;es et sa culture de sous-prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle-ci a compl&#232;tement disparu, &#233;cras&#233;e par le d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233; de consommation et la marchandisation de la vie dans les &#171; Trente Glorieuses &#187; de l'apr&#232;s guerre. Il vit ce &#171; cataclysme anthropologique &#187; dans son corps, dans sa chair, estimant que &#171; cinq ans de bien-&#234;tre ont plus d&#233;truit que vingt ans de fascisme &#187;. Dans deux de ses ouvrages, Pasolini constate que &#171; des ann&#233;es 1960 aux ann&#233;es 1970 (en une nuit au regard de l'histoire), la soci&#233;t&#233; italienne a chang&#233; de fa&#231;on d&#233;finitive &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenant le relais, un homme qui s'abrite sous un parapluie qui l'&#233;claire, explique le principe des notes et le concept de la pi&#232;ce. En 1968, Pasolini tourne en Afrique le film &#171; Carnet de notes pour une Orestie africaine &#187;. Sorte de note d'intention film&#233;e, il y explique ses choix, montre les lieux de rep&#233;rage, les castings possibles. Bref, il propose un croquis, dessin rapide sans d&#233;tail pour d&#233;gager l'essentiel du sujet, du film qu'il pr&#233;pare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet exercice, il utilise une forme nouvelle : les &#171; appunti &#187; ou &#171; notes pour &#187; o&#249; coexistent documentaire et fiction. Et c'est ce proc&#233;d&#233; que les quatre auteurs, com&#233;diennes et com&#233;diens (Ferdinand Despy, Simon Hardouin, Justine Lequette et Eva Zingaro-Meyer) ont choisi de transposer au th&#233;&#226;tre sous la forme d'un spectacle r&#233;el contenant un spectacle imagin&#233;, d&#233;crit au public dans ce qu'il pourrait &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En une nuit &#8211; Notes pour spectacle &#187; s'inspire de la derni&#232;re phrase du film &#171; Le D&#233;cam&#233;ron &#187; (1971) de Pasolini : &#171; Pourquoi r&#233;aliser une &#339;uvre quand il est aussi beau de simplement l'imaginer ? &#187;. Il d&#233;taille le projet de cr&#233;ation, par un collectif de quatre artistes, d'une pi&#232;ce qui part de la nuit du 2 novembre 1975, la nuit d&#233;cisive de l'assassinat du po&#232;te sur un terrain vague d'Ostie, &#171; la banlieue de la banlieue &#187;, et la disparition du monde qu'il aimait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur sc&#232;ne, se succ&#232;dent diff&#233;rentes &#233;tapes de la cr&#233;ation d'un spectacle nocturne qui durerait douze heures. Le point de d&#233;part, un cadavre sur le sol d'un terrain vague. Les r&#233;flexions sur les diff&#233;rentes mani&#232;res de pr&#233;senter une histoire &#8211; trag&#233;die, enqu&#234;te polici&#232;re, processus politique &#8211; qui v&#233;hiculent, chacune, un sens diff&#233;rent. Les ajouts qui pourraient affiner le trait comme la description crue de l'&#233;tat du corps meurtri, afin de ne pas donner une image trop romantique de l'&#233;v&#233;nement, ou la tentative de reconstitution de la derni&#232;re interview de Pasolini, la veille de sa mort, qui souligne nombre de contradictions de son &#171; combat en solitaire contre beaucoup de choses &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant le collectif sur sc&#232;ne que les personnages qu'il interpr&#232;te sont tr&#232;s au fait de l'univers et de l'&#339;uvre de l'auteur italien. La pi&#232;ce est &#233;maill&#233;e de nombreuses paroles, prises de position, r&#233;f&#233;rences (comme par exemple, la parade du cin&#233;ma pasolinien), sans faire l'impasse sur ce que sont parfois les affres de la cr&#233;ation collective, les discussion sans fin, les frictions entre les diff&#233;rents intervenants. Avec, toutefois, quelques pointes d'humour qui attestent que ce n'est pas parce qu'on &#233;voque Pasolini que ce doit &#234;tre r&#233;barbatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de toute affirmation p&#233;remptoire, les quatre com&#233;diennes et com&#233;diens privil&#233;gient l'exploration des possibles, les questionnements, les tentatives, les t&#226;tonnements. Et l'esquisse qui en r&#233;sulte va au-del&#224; de l'envie de simplement produire une spectacle qui donne &#224; voir le th&#233;&#226;tre en train de se faire. Il s'agit pour les artistes, n&#233;s dans les ann&#233;es 1980 et 1990 et qui ont en commun d'avoir des arri&#232;res grands parents paysans, de renouer avec un monde paysan, prol&#233;taire et sous-prol&#233;taire, annihil&#233; par un syst&#232;me capitalistique omnipotent (&#171; avoir, poss&#233;der, d&#233;truire &#187;), qu'ils n'ont pourtant pas connu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habit&#233;s par l'obsession de Pasolini d'alerter ses contemporains sur la disparition de ce monde, ils ambitionnent de remettre au go&#251;t du XXIe si&#232;cle son attachement au refus &#171; qui a toujours jou&#233; un r&#244;le essentiel, disait-il. Les rares qui ont fait l'histoire sont ceux qui ont dit non &#187;. Ils sont persuad&#233;s qu'un autre monde est possible, n&#233;cessaire, et que le po&#232;te italien les am&#232;ne &#224; &#171; faire un d&#233;tour par le pass&#233; pour analyser notre pr&#233;sent et penser le futur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Didier B&#233;clard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En une nuit &#8211; Notes pour spectacle &#187; de et avec Ferdinand Despy, Simon Hardouin, Justine Lequette et Eva Zingaro-Meyer, jusqu'au 10 d&#233;cembre au Studio varia &#224; Bruxelles, 02/640.35.50, varia.be.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du 31 janvier au 4 f&#233;vrier 2023 au Th&#233;&#226;tre de Li&#232;ge, les 7 et 8 f&#233;vrier 2023 &#224; la maison de la Culture de Tournai, du 9 au 11 mars 2023 &#224; l'Ancre &#224; Charleroi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Landfall : Un &#171; nous &#187; fait de toutes nos singularit&#233;s</title>
		<link>http://www.demandezleprogramme.be/Un-nous-fait-de-toutes-nos-singularites</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Didier B&#233;clard </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Pour sa derni&#232;re cr&#233;ation, &#171; Landfall &#187;, Erika Zueneli r&#233;unit dix interpr&#232;tes dont tous ne viennent pas de l'univers de la danse. Partant de l'espace qui constitue une zone &#224; d&#233;fendre face aux r&#233;tr&#233;cissements du r&#233;el, ils inventent une gestuelle pour exprimer le d&#233;sir et l'impatience que la chor&#233;graphe retrouve dans cette nouvelle g&#233;n&#233;ration &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s de r&#233;centes cr&#233;ations plut&#244;t intimes comme &#171; Para Bellum &#187; (2021), un solo &#224; l'&#233;nergie trouble comme une pr&#233;paration au combat, &#171; Moza&#239;co &#187; (2021), une pi&#232;ce (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.demandezleprogramme.be/-Focus-" rel="directory"&gt;FOCUS &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour sa derni&#232;re cr&#233;ation, &#171; Landfall &#187;, Erika Zueneli r&#233;unit dix interpr&#232;tes dont tous ne viennent pas de l'univers de la danse. Partant de l'espace qui constitue une zone &#224; d&#233;fendre face aux r&#233;tr&#233;cissements du r&#233;el, ils inventent une gestuelle pour exprimer le d&#233;sir et l'impatience que la chor&#233;graphe retrouve dans cette nouvelle g&#233;n&#233;ration&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s de r&#233;centes cr&#233;ations plut&#244;t intimes comme &#171; Para Bellum &#187; (2021), un solo &#224; l'&#233;nergie trouble comme une pr&#233;paration au combat, &#171; Moza&#239;co &#187; (2021), une pi&#232;ce originale compos&#233;e d'une multitude de fragments d'autres pi&#232;ces, ou &#171; Allein &#187; (2018) un trio corps, voix et musique en collaboration avec Jean F&#252;rst et Rodolphe Coster, Erika Zueneli souhaite renouer avec une pi&#232;ce empreinte de la notion de groupe et de cohabitation sur le plateau. &#171; Le groupe permet de r&#233;v&#233;ler la relation aux autres, explique-t-elle, mais aussi la relation &#224; soi. Ce n'est possible qu'avec un certain nombre d'interpr&#232;tes qui r&#233;v&#232;le de fa&#231;on moins abstraite l'aspect humain &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partant de la question du nombre d'interpr&#232;tes dans une grande forme, la chor&#233;graphe a constat&#233; qu'elle travaille en g&#233;n&#233;ral avec des &#233;quipes fid&#232;les, &#171; on a grandi ensemble, comme dans la vie &#187;, sourit-elle. &#201;voquant la notion de g&#233;n&#233;ration, elle tient &#224; faire la distinction avec une forme de &#171; jeunisme &#187;, l'id&#233;e &#233;tant non pas de se focaliser sur la jeunesse mais de cr&#233;er une &#233;quipe d'une autre g&#233;n&#233;ration (que la sienne). Mais toujours avec le d&#233;sir d'observer l'humain et son comportement, de raconter le monde &#224; travers l'humain. &#171; Il s'agit de regarder les m&#234;mes choses mais &#224; partir d'un autre angle de vue &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de cette envie, il fallait trouver comment concr&#232;tement former une telle &#233;quipe. L'id&#233;e de faire appel &#224; des personnes en formation, par d&#233;finition &#171; entre deux &#187;, a &#233;t&#233; rapidement abandonn&#233;e au profit de personnes sortant de formation et donc &#226;g&#233;es de 18 &#224; 28 ans. Un second crit&#232;re de s&#233;lection visait &#224; ne pas se limiter au monde de la danse mais de s'ouvrir &#224; des interpr&#232;tes qui ont une grande corporalit&#233; issus d'autres disciplines, comme le th&#233;&#226;tre et m&#234;me le cirque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Erika Zueneli s'est donc tourn&#233;e vers le Centre des Arts Sc&#233;niques, une ASBL dont le but est de faciliter l'entr&#233;e dans la vie professionnelle des dipl&#244;m&#233;&#183;e&#183;s d'une des cinq &#233;coles sup&#233;rieures d'Art dramatique de la Communaut&#233; fran&#231;aise. R&#233;sultat, la moiti&#233; des candidats retenus sortent d'une formation en th&#233;&#226;tre m&#234;me s'ils ont eu beaucoup de contacts avec la danse. S'y ajoutent des candidats libres retenus apr&#232;s audition pour constituer un groupe de dix personnes de formations diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chor&#233;graphe souhaitait explorer les notions du d&#233;sir, de la d&#233;couverte et de l'impatience, d'agir, d'&#234;tre, en observant une g&#233;n&#233;ration diff&#233;rente en ayant &#224; c&#339;ur d'&#233;viter les clich&#233;s. L'impatience, l'urgence, ne se traduit pas n&#233;cessairement par la rapidit&#233; des mouvements. Le travail s'est articul&#233; autour d'une construction chor&#233;graphique en fonction de l'espace et de jeux d'&#233;criture faisant na&#238;tre des mots &#224; traduire dans le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agissait de trouver un langage, une m&#233;taphore qui rapproche les composantes du groupe. L'espace est organis&#233; de mani&#232;re telle que les singularit&#233;s apparaissent dans une grande coexistence, r&#233;v&#232;le qui ils sont, leur &#226;ge, leur corps, les questions soci&#233;tales qui les habitent. &#171; De mani&#232;re sous-jacente, explique Erika Zueneli, cela fait appara&#238;tre les questions sur l'humain qui change avec la g&#233;n&#233;ration. Ils questionnent ce qui est devant eux de mani&#232;re m&#233;taphorique mais aussi concr&#232;te, ensemble, selon des r&#232;gles que le public ne conna&#238;t mais per&#231;oit au cours du spectacle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme &#171; Landfall &#187; qui donne son nom &#224; la pi&#232;ce n'a pas d'&#233;quivalent en fran&#231;ais. Litt&#233;ralement, cela signifie toucher terre, ce qui vaut pour un avion comme pour un bateau, par exemple. La chor&#233;graphe l'envisage par rapport &#224; l'&#226;ge, atterrir pouvant &#234;tre assimil&#233; &#224; r&#233;inventer puisque &#171; le d&#233;collage est obligatoire avant de pouvoir atterrir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entour&#233;e de jeunes personnes comme la metteuse en sc&#232;ne Louise de Bastier et le danseur Corentin Stevens, Erika Zueneli a travaill&#233; sur des jeux d'&#233;criture avec les interpr&#232;tes sur &#171; une jeunesse &#187; enferm&#233;e dans des clich&#233;s. Cela a permis de dresser une cartographie d'assemblages de mots &#8211; comme, par exemple, &#171; le printemps &#233;ph&#233;m&#232;re &#187; ou &#171; le fugace qui transpire &#187; - &#224; mettre en mouvement. L'objectif de cet exercice &#233;tait de trouver leur singularit&#233; en passant de l'intime &#224; l'universel, mais aussi de faire sortir l'humour qui dit beaucoup (ou rien du tout).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu d&#233;stabilis&#233;s au d&#233;part par ce travail, les interpr&#232;tes, qui disposent de belles formations en mouvement, se sont pr&#234;t&#233;s au jeu. Ils ont beaucoup improvis&#233; &#224; partir de principes d'espace et non d'intentions psychologiques. &#171; C'est de l&#224; que la dentelle du jeu vient &#187;, commente la chor&#233;graphe qui fait r&#233;f&#233;rence &#224; &#171; Tant'amati &#187; o&#249; le travail sur l'espace &#233;tait dict&#233; par l'esprit de la pi&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A trois semaines de la premi&#232;re, Erika Zueneli se dit contente du travail r&#233;alis&#233;, m&#234;me si la pi&#232;ce rec&#232;le encore des choses &#224; d&#233;couvrir. &#171; C'est un voyage, un chemin diff&#233;rent d'un solo ou d'un travail r&#233;alis&#233; avec un complice de longue date, dit-elle. J'ai beaucoup aim&#233; travaill&#233; sur cette micro-soci&#233;t&#233; o&#249; la coexistence est plus importante que le groupe. &#187; Le jeu, le &#171; je &#187;, est dans le &#171; nous &#187; et la notion de l'un commun appara&#238;t petit &#224; petit. Mais le point de d&#233;part est plut&#244;t l'organisation de l'espace qui d&#233;termine des zones o&#249; les solitudes, d&#233;gag&#233;es des attitudes un peu centristes, ne sont plus vraiment pr&#233;sentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se cr&#233;ent alors des zones &#224; d&#233;fendre, des valeurs face &#224; des questions soci&#233;tales partag&#233;es de fa&#231;on diff&#233;rente. Soucieuse de contourner les clich&#233;s sur la jeunesse, la chor&#233;graphe insiste sur le fait que &#171; ce sont des individus qui portent l'&#226;ge qu'ils ont. M&#234;me s'ils sont tr&#232;s conscientis&#233;s, ils existent par leur pr&#233;sence et leur corps, plut&#244;t que par un discours explicite &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A noter qu'en parall&#232;le &#224; la pr&#233;sentation de &#171; Landfall &#187;, Erika Zueneli r&#233;alise des interventions territoriales participatives sous forme d'ateliers r&#233;alis&#233;s selon les m&#234;mes principes que ceux utilis&#233;s avec l'&#233;quipe du spectacle. Le hall de Central accueillera donc une intervention &#8211; dont la forme finale n'est pas encore d&#233;termin&#233;e - r&#233;alis&#233;e avec de jeunes amateurs de la r&#233;gion &#224; partir de questions abord&#233;es ensemble. L'id&#233;e est de travailler avec le public pour lui faire d&#233;couvrir le travail de la sc&#232;ne, autrement que sous le prisme du spectateur. La danseuse qui pr&#233;f&#232;re des gestes cr&#233;atifs &#224; de simples ateliers p&#233;dagogiques envisage &#233;galement de r&#233;aliser des d&#233;clinaisons &#224; partir d'une cr&#233;ation plus sp&#233;cifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Landfall &#187; d'Erika Zueneli avec la collaboration artistique et sc&#233;nographique d'Olivier Renouf, avec Alice Bisotto, Benjamin Gisaro, Caterina Campo, Charly Simon, Cl&#233;ment Corrillon, Elisa Wery, Felix Rapela, Louis Affergan, Lola Cires et Matteo Renouf. Du 25 au 27 novembre &#224; Central &#224; La Louvi&#232;re, 064/21.51.21, &lt;a href=&#034;http://www.cestcentral.be&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.cestcentral.be&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le &#171; je &#187; est dans le &#171; nous &#187;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Didier B&#233;clard </dc:creator>



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&lt;p&gt;La chor&#233;graphe et danseuse Erika Zueneli r&#233;unit dix interpr&#232;tes qui habitent une &#171; zone &#224; d&#233;fendre face aux r&#233;tr&#233;cissements du r&#233;el &#187;. Partant de l'occupation de l'espace, ils assemblent leurs &#233;nergies et leurs personnalit&#233;s respectives pour constituer un ensemble qui fait corps. A voir, absolument. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une femme arrive en courant et se place au bord de la sc&#232;ne, immobile. Lorsqu'elle s'en va, une autre prend sa place, suivie par un homme qui quitte le plateau alors que trois autres personnes y p&#233;n&#232;trent. Deux (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.demandezleprogramme.be/-Critiques-" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La chor&#233;graphe et danseuse Erika Zueneli r&#233;unit dix interpr&#232;tes qui habitent une &#171; zone &#224; d&#233;fendre face aux r&#233;tr&#233;cissements du r&#233;el &#187;. Partant de l'occupation de l'espace, ils assemblent leurs &#233;nergies et leurs personnalit&#233;s respectives pour constituer un ensemble qui fait corps. A voir, absolument.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une femme arrive en courant et se place au bord de la sc&#232;ne, immobile. Lorsqu'elle s'en va, une autre prend sa place, suivie par un homme qui quitte le plateau alors que trois autres personnes y p&#233;n&#232;trent. Deux autres s'y ajoutent puis la sc&#232;ne se vide au goutte &#224; goutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jeu de va et vient, sur le principe des vases communicants, se poursuit au son de quelques notes de piano &#233;parses. Le plateau n'est jamais d&#233;sert et est m&#234;me, un moment, occup&#233; par les dix interpr&#232;tes. Mais aucun n'y reste vraiment longtemps. Une musique plus &#233;labor&#233;e et continue s'installe. En sortant de sc&#232;ne, l'avant dernier marque un temps d'arr&#234;t, se retourne et adresse un regard au dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Femmes et hommes occupent &#224; nouveau le plateau selon les m&#234;mes modalit&#233;s mais ils ne se pr&#233;sentent plus seulement face au public, droits, neutres, immobiles. Ils prennent la pose dans diff&#233;rentes attitudes alors que de petits mouvements des membres apparaissent chez certains. Une v&#233;ritable gestuelle se d&#233;veloppe, ils semblent prendre vie alors que certains d'entre eux gardent une pose fig&#233;e, comme pour constituer un d&#233;cor compos&#233; de statues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce stade, l'on d&#233;c&#232;le peu de contacts, m&#234;me visuels, entre les diff&#233;rents interpr&#232;tes. Petit &#224; petit, par deux, des regards s'&#233;changent, des mouvements sont partag&#233;s, des sorties de plateau se font de concert. Les interactions entre les danseuses et les danseurs sont plus fr&#233;quentes, plus franches, mieux synchronis&#233;es. Le d&#233;cor sonore (sign&#233; Thomas Turine) donne le tempo aux changements de tableaux, &#224; la succession des sc&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont tous les dix sur sc&#232;ne, tous en mouvement. Quelques bribes de paroles fusent, parfois inaudibles, parfois incompr&#233;hensibles faute de contexte. Rien d'envahissant, comme cela peut parfois l'&#234;tre dans des spectacles de danse, des propos, disons anodins. &#171; Ici, c'est moi, voil&#224; moi &#187;, dit par exemple l'une d'entre elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mains apparaissent de derri&#232;re la toile qui constitue l'unique d&#233;cor en fond de sc&#232;ne avant de dispara&#238;tre, lentement. Une voix parle de feux d'artifice, &#171; fugaces comme le printemps &#187;, tandis que la musique &#233;voque une ambiance de carnaval. Des boulettes de papier color&#233; jaillissent depuis la toile de fond, &#224; l'instar des oranges lanc&#233;es lors des festivit&#233;s carnavalesques de la r&#233;gion du Centre. L'un des pans de la toile s'affaisse, donnant &#224; voir le lanceur de boulettes et l'une des interpr&#232;tes qui joue une ritournelle r&#233;p&#233;titive sur le clavier d'un synth&#233;tiseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous reprennent possession de la sc&#232;ne, d'abord fig&#233;s, puis sous l'impulsion d'une des danseuses, ils entament des mouvements de bassin, sensuels, presque aguichants. Le mouvement est collectif mais chacun y va de son rythme, de sa touche personnelle. Le groupe s'est constitu&#233; mais, &#224; l'int&#233;rieur de celui-ci, chaque interpr&#232;te garde sa personnalit&#233;, sa singularit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coh&#233;sion de l'ensemble s'exprime par la suite lorsque, tour &#224; tour, une danseuse, un danseur, puis d'autres poussent un g&#233;missement et feignent de s'&#233;vanouir. Tous, ou presque, se pr&#233;cipitent pour emp&#234;cher la personne de tomber au sol. La solidarit&#233; du collectif rencontrera son point d'orgue dans le final du spectacle avec une figure enti&#232;rement bas&#233;e sur la totale confiance qu'un individu accorde au reste du groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec &#171; Landfall &#187; (le terme n'a pas d'&#233;quivalent en fran&#231;ais mais signifie, en gros, toucher terre, ce qui vaut pour un avion comme pour un bateau), la danseuse et chor&#233;graphe Erika Zueneli renoue avec les pi&#232;ces de groupes. Sa derni&#232;re cr&#233;ation de ce type remonte &#224; 2007/2008 avec &#171; Partita-S &#187; et ses huit danseurs. Ici, elle a rassembl&#233; dix interpr&#232;tes issus du milieu de la danse et du th&#233;&#226;tre et m&#234;me une personne venant du monde du cirque (il est facile &#224; rep&#233;rer, il est le seul &#224; s'autoriser un salto arri&#232;re parfaitement ma&#238;tris&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#232;me de la pi&#232;ce n'est pas tant le groupe en lui-m&#234;me que la coexistence des singularit&#233;s qui le composent. Tous les membres de l'ensemble sont diff&#233;rents, et affirment leur diff&#233;rence, mais le rassemblement de toutes ces individualit&#233;s n'emp&#234;chent nullement le &#171; nous &#187; d'exister, au contraire, c'est cette diversit&#233; qui lui insuffle toute sa force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partant de jeux d'&#233;criture mais, surtout, de contraintes d'espace (et donc de d&#233;placement), Erika Zueneli a r&#233;ussi &#224; guider cette autre g&#233;n&#233;ration de danseuses et danseurs (oui, quelle que soit la discipline &#224; laquelle ils ont &#233;t&#233; form&#233;s, tous s'affirment comme des danseurs sur la sc&#232;ne) dans sa culture chor&#233;graphique sans gommer leurs singularit&#233;s respectives. On reconna&#238;t la patte de la chor&#233;graphe dans cette &#339;uvre, tout en &#233;quilibre et en coh&#233;rence, mais l'on distingue &#233;galement la personnalit&#233; des interpr&#232;tes, tous remarquables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Didier B&#233;clard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Landfall &#187; d'Erika Zueneli en collaboration avec Olivier Renouf, avec Alice Bisotto, Benjamin Gisaro, Caterina Campo, Charly Simon, Cl&#233;ment Corrillon, Elisa Wery, Felix Rapela, Louis Affergan, Lola Cires et Matteo Renouf, jusqu'au 27 novembre &#224; Central &#224; la Louvi&#232;re, 064/21.51.21, &lt;a href=&#034;http://www.cestcentral.be&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.cestcentral.be&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce vendredi 25 novembre, une navette au d&#233;part de Bruxelles est pr&#233;vue pour la premi&#232;re (renseignements au 064/21.51.21).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quand la ville perd ses lieux communs</title>
		<link>http://www.demandezleprogramme.be/Quand-la-ville-perd-ses-lieux-communs</link>
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		<dc:creator> Didier B&#233;clard </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les modifications rapides et violentes qu'a travers&#233; la place Fernand Cocq bouleversent les rep&#232;res de certaines figures l&#233;gendaires du quartier. Oubli&#233;es, ou victimes, de la transformation urbaine, elles ressassent les souvenirs, les frustrations et les in&#233;galit&#233;s sociales qu'engendre la gentrification. &lt;br class='autobr' /&gt;
Trois personnages occupent le plateau dont le d&#233;cor d&#233;pouill&#233; s'&#233;tend derri&#232;re eux jusqu'en fond de sc&#232;ne. Deux d'entre eux sont assis, fig&#233;s dans une position similaire, le coude en appui sur la cuisse. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.demandezleprogramme.be/-Critiques-" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les modifications rapides et violentes qu'a travers&#233; la place Fernand Cocq bouleversent les rep&#232;res de certaines figures l&#233;gendaires du quartier. Oubli&#233;es, ou victimes, de la transformation urbaine, elles ressassent les souvenirs, les frustrations et les in&#233;galit&#233;s sociales qu'engendre la gentrification.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Trois personnages occupent le plateau dont le d&#233;cor d&#233;pouill&#233; s'&#233;tend derri&#232;re eux jusqu'en fond de sc&#232;ne. Deux d'entre eux sont assis, fig&#233;s dans une position similaire, le coude en appui sur la cuisse. Passant d'un spectateur &#224; l'autre, ils regardent, silencieux, le public droit dans les yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thierry, est perch&#233; sur une chaise haute. Blond, il porte une fraise blanche autour du cou et une fine barbe claire. A c&#244;t&#233; de lui, Karim est pos&#233; sur une chaise de bistrot et drap&#233; dans un tissu de velours vert. Derri&#232;re ces deux figures aux allures de portraits du XVIIe si&#232;cle, un homme de couleur arpente l'espace, sans mot dire (de toute la pi&#232;ce), pour le nettoyer des d&#233;chets qui l'encombrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thierry prend la parole en premier : &#171; si je suis l&#224;, c'est parce que des gens viennent me parler (...) et si je ne suis pas l&#224;, on s'inqui&#232;te &#187;. sensible &#224; l'espace, aux formes, aux volumes, il serait bien devenu architecte s'il en avait eu le courage. Il est sculpteur et a r&#233;alis&#233; sa premi&#232;re exposition au bar parall&#232;le. Il travaille sur un projet d'arbre en cuivre qu'il souhaite installer sur la place Fernand Cocq et cherche 120 amoureux de la place et de l'art pour financer le projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karim explique qu'il a d&#233;couvert un b&#233;b&#233; orque et semble d&#233;lirer au sujet de cette trouvaille mais en fait, il est dans un jeu de r&#244;le dont il est friand (les orcs sont des personnages issus du jeu &#171; Donjons et dragons &#187; qui jouent le r&#244;le fantassins dans l'arm&#233;e du mal, NDLR). La chauss&#233;e d'Ixelles a toujours &#233;t&#233; son terrain de jeu. Son p&#232;re travaillait comme r&#233;parateur dans un magasin d'&#233;lectro-m&#233;nager situ&#233; o&#249; se trouve le Quick maintenant. Il se consid&#232;re comme un Robin des Bois en r&#233;sistance contre la morosit&#233; g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laure Lapel s'est inspir&#233;e de la transformation du quartier o&#249; elle habite, la place Fernand Cocq &#224; Ixelles, pour &#233;laborer son travail de fin d'&#233;tudes &#224; l'Insas, en 2019. Elle enregistr&#233; une s&#233;rie d'entretiens avec des piliers de bar embl&#233;matiques de l'histoire de cet &#171; &#233;picentre d'o&#249; partent plein de rues qui te m&#232;nent &#224; tous les coins du monde &#187;. Les paroles de Thierry, Karim et Pierre ont &#233;t&#233; adapt&#233;es sur le plateau pour exprimer leur fa&#231;on d'&#234;tre au quartier mais comme leur fa&#231;on d'&#234;tre au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La place a &#233;t&#233; compl&#232;tement transform&#233;e. &#171; Le bistrot du coin a ferm&#233;. Les arbres ont &#233;t&#233; arrach&#233;s. Le b&#233;ton a tout recouvert. &#187; Cette m&#233;tamorphose brutale perturbe les t&#233;moins qui ont perdu leurs rep&#232;res. La chauss&#233;e d'Ixelles, &#171; &#231;a ressemblait plus &#224; l'art&#232;re commerciale d'un village, estime Karim. Ils ont tout laisser pourrir. &#187; Ils se sont bien mobilis&#233; &#171; pour emp&#234;cher le massacre mais comme d'habitude on ne nous a pas &#233;cout&#233;s &#187;, commente pour sa part Thierry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux hommes engonc&#233; dans leur solitude, fig&#233;s dans leur attitude, le regard en permanence dirig&#233; vers le public, alignent en parall&#232;le leur monologue, sans se soucier l'un de l'autre, comme si une distance insurmontable les s&#233;parait. En revanche, ils demandent, &#224; plusieurs reprises, &#224; leur interlocutrice si elle comprend, si elle les &#233;coute. Ils ne portent pas plus d'attention au troisi&#232;me larron qui efface les stigmates de l'espace originel, allant jusqu'&#224; soulever des dalles pour en extraire de la poussi&#232;re, des tissus, des papiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propos de Thierry et Karim se chevauchent, par moment, cr&#233;ant une cacophonie qui emp&#234;che de comprendre ce qui est dit. A deux reprises, leurs paroles semblent converger. Thierry affirme qu'il est un artiste, dans le m&#234;me temps Karim pr&#233;tend que &#171; artiste ce n'est pas un m&#233;tier, c'est une activit&#233; &#187;. Plus loin, ils entament tous les deux, en m&#234;me temps, une phrase par &#171; Ma m&#232;re &#187;. Mais &#224; chaque fois, l'unisson n'est que de courte dur&#233;e et chacun part dans son propre d&#233;lire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour incarner ces trois figures mythiques pour lesquelles (en tout cas, deux d'entre elles) la parole est le seul acte de r&#233;sistance face &#224; la transfiguration du quartier (et du monde), Laure Lapel a fait appel &#224; trois com&#233;diennes ( Zo&#233; Sjollema, Yasmina Al-Assi et Zenabou Mbamba). Ce choix permet de mettre les discours personnages qui accumulent les arch&#233;types masculins en perspectives et de les rendre plus audibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au del&#224; de l'espace en transformation dont la m&#233;moire s'effrite, &#171; La Place &#187; s'interroge sur notre rapport &#224; l'autre dans l'espace urbain. Elle &#233;voque &#233;galement la violence insidieuse - &#171; dans ce genre d'endroit, un costume trois pi&#232;ces, c'est tout de suite de la violence &#187; - que contient la gentrification destructrice de relations sociales qui exclut, invisibilise et r&#233;duit au silence les plus fragiles. Comme une fatalit&#233; que nous subissons tous les jours, sans vraiment chercher &#224; nous y soustraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Didier B&#233;clard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La Place &#187; de Laure Lapel, jusqu'au 3 d&#233;cembre au Th&#233;&#226;tre Oc&#233;an Nord &#224; Bruxelles, 02/216.75.55, &lt;a href=&#034;http://www.oceannord.org&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.oceannord.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit plus, Juliette Framorando a explor&#233; la place Fernand Cocq &#224; la recherche des souvenirs de Thierry et Karim. Dans cette balade virtuelle, elle remonte le temps, s'attache aux d&#233;tails aux souvenirs d'un lieu qui s'&#233;miette. A voir sur &#233;cran, dans le hall du th&#233;&#226;tre ou directement sur instagram (julietteframo).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>M&#232;re de famille et malheureuse</title>
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		<dc:creator> Didier B&#233;clard </dc:creator>



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&lt;p&gt;La com&#233;dienne turco-belge Sibel Din&#231;er porte &#224; la sc&#232;ne quatre histoires de femmes turques, malmen&#233;es, &#233;cras&#233;es, conditionn&#233;es par le patriarcat. De la Turquie &#224; l'Europe et au monde, ces tranches de vie subie sont aussi des r&#233;cits de r&#233;sistance face &#224; la violence faite aux femmes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle presse le pas, &#171; tous les soirs, c'est la m&#234;me chose &#187;. Elle d&#233;pose son sac et se coiffe d'un foulard. Elle s'assied sur une des souches qui composent le d&#233;cor. Son cabas sur les genoux, elle attend le bus pour rentrer. Mais (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.demandezleprogramme.be/-Critiques-" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La com&#233;dienne turco-belge Sibel Din&#231;er porte &#224; la sc&#232;ne quatre histoires de femmes turques, malmen&#233;es, &#233;cras&#233;es, conditionn&#233;es par le patriarcat. De la Turquie &#224; l'Europe et au monde, ces tranches de vie subie sont aussi des r&#233;cits de r&#233;sistance face &#224; la violence faite aux femmes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Elle presse le pas, &#171; tous les soirs, c'est la m&#234;me chose &#187;. Elle d&#233;pose son sac et se coiffe d'un foulard. Elle s'assied sur une des souches qui composent le d&#233;cor. Son cabas sur les genoux, elle attend le bus pour rentrer. Mais Iraz est analphab&#232;te et ne sait pas lire l'heure, ni le num&#233;ro des bus. &#171; Le propre de l'ignorant est la honte, lui disait son p&#232;re. Celui du cultiv&#233;, c'est la critique. Si on perd la honte, il ne vous reste plus rien. &#187; Dans son village tout le monde est illettr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle aura bien voulu faire des &#233;tudes, devenir avocate, mais son p&#232;re a refus&#233;, soudoyant m&#234;me le professeur qui lui &#233;t&#233; envoy&#233; pour qu'il passe son chemin. Analphab&#232;te, certes, mais pas dupe. Son mec lui a appris &#224; distinguer les billets de banque en fonction de la couleur de l'image d'Atat&#252;rk. Son mari qui se f&#226;che quand on ne comprend pas et qui lui dicte les moindres faits et gestes, jusqu'&#224; lui donner des instructions pour voter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun de ses enfants qui ont appris &#224; lire et &#233;crire a tent&#233; de lui apprendre mais aujourd'hui, ils la m&#233;prisent. Alors, Iraz se d&#233;brouille. Le chiffre trois ressemble &#224; un soutien-gorge et le num&#233;ro de son bus ressemble &#224; un poteau et un canard. Mais cela ne marche &#224; chaque fois surtout lorsque que la circulation routi&#232;re est chahut&#233;e. Son bus ne s'arr&#234;te pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule en sc&#232;ne, la com&#233;dienne et musicienne Sibel Din&#231;er incarne tour &#224; tour quatre femmes pi&#233;g&#233;es par la domination masculine. Elle donne corps &#224; ces tranches de vie tir&#233;es de &#171; Histoires de femmes &#187; (Kadin Hikayeleri), un recueil de monologues, inspir&#233;s de faits r&#233;els, sign&#233; Deniz Kaptan, auteur, metteur en sc&#232;ne et professeur de th&#233;&#226;tre turc. C'est Sibel Din&#231;er, elle-m&#234;me, qui a traduit et qui joue ces textes en fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Changement de personnage. Elle est une femme manifestement active sur le plan professionnel, genre working girl. Lorsqu'elle s'endort aupr&#232;s de son mari, elle imagine le duel entre celui-ci et ce &#171; gar&#231;on aux yeux de miel &#187;. Son mari pue le savon et elle n'aime pas quand il l'embrasse. Elle envisage bien de l&#226;cher son boulot, ses amis et son mari pour ce gar&#231;on mais le r&#234;ve s'&#233;vanouit et elle rentre chez elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#234;tue d'un jean et d'un chandail couleur corail, elle dans les cheveux d&#233;faits sur un musique orientale. &#171; Les chiens ne se lassent pas des souvenirs, disait sa m&#232;re, mais les hommes s'en lassent. &#187; Elle a bien &#233;t&#233; amoureuse mais il est parti apr&#232;s l'avoir &#171; aim&#233;e et gaspill&#233;e &#187;. Depuis aucun des pr&#233;tendants n'est revenu et son p&#232;re l'a mari&#233;e de force. &#171; Premi&#232;re nuit, premiers coups, raconte-t-elle. Il est mont&#233; sur moi, &#224; volont&#233;, il m'a frapp&#233;e, &#224; volont&#233;. Je n'ai pas pleur&#233;, je n'ai pas enfant&#233;, ni parl&#233;. &#187; Elle saisit le couteau de boucher qui pend dans la cuisine et met fin &#224; son calvaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre jeune femme, d'apparence sportive rentre chez elle, seule, soupire &#224; la lecture d'une lettre. Son t&#233;l&#233;phone sonne, elle d&#233;croche &#224; la deuxi&#232;me tentative et explique, les yeux mouill&#233;s, &#224; son ch&#233;ri qu'elle n'a pas encore les r&#233;sultats d'un examen m&#233;dical grave. La machine est tomb&#233;e en panne n&#233;cessitant l'intervention de deux techniciens. Elle est furieuse parce que plut&#244;t que de poser des questions sur l'&#233;preuve de sant&#233; qu'elle traverse, son mari, &#171; animal curieux, cerveau pervers &#187; s'obstine &#224; lui demander si elle &#233;tait nue &#224; l'arriv&#233;e des techniciens. &#171; Je pleure les ann&#233;es perdues avec toi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#201;tat P&#232;re-Terre M&#232;re &#187; plonge dans le quotidien de ces femmes asservies en Turquie, aujourd'hui. Mais la pi&#232;ce, mise en sc&#232;ne par Eric De Staercke, a une port&#233;e beaucoup plus large parce qu'elle interpelle sur le v&#233;cu de femmes prisonni&#232;res d'une vie, impr&#233;gn&#233;e de violences domestiques, qu'elle n'ont pas choisie. Dans un d&#233;cor sonore compos&#233; de musiques et chants turcs, Sibel Din&#231;er donne vie &#224; ces quatre personnages, passant de l'un &#224; l'autre au gr&#233; de changements vestimentaires contrast&#233;s qui donnent &#224; chaque fois un ton diff&#233;rent. Dans un jeu subtil mais sans la moindre h&#233;sitation, elle campe avec force ces femmes qui r&#233;sistent avec dignit&#233; aux contraintes qui leur sont impos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Didier B&#233;clard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#201;tat P&#232;re-Terre M&#232;re &#187; de et avec Sibel Din&#231;er, d'apr&#232;s &#171; Histoires de Femmes &#187; de Deniz Kaptan, jusqu'au 25 novembre, au Riches-Claires &#224; Bruxelles, 02/548.25.80, &lt;a href=&#034;http://www.lesrichesclaires.be&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.lesrichesclaires.be&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le cirque roule des m&#233;caniques</title>
		<link>http://www.demandezleprogramme.be/Le-cirque-roule-des-mecaniques</link>
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		<dc:creator> Didier B&#233;clard </dc:creator>



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&lt;p&gt;La compagnie Machine de Cirque pr&#233;sente son premier spectacle &#233;ponyme dans lequel quatre circassiens et un musicien se d&#233;cha&#238;nent autour d'un &#233;chafaudage de deux &#233;tages. Ils alignent des num&#233;ros impressionnants avec diff&#233;rents agr&#232;s et accessoires dont de tr&#232;s remarqu&#233;es serviettes de bain. &lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;couvrant la sc&#232;ne, on comprend mieux pourquoi la compagnie a choisi cette locution comme nom pour elle et pour son premier spectacle. Un &#233;chafaudage de deux &#233;tages, flanqu&#233; de portiques en tubulures m&#233;talliques (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La compagnie Machine de Cirque pr&#233;sente son premier spectacle &#233;ponyme dans lequel quatre circassiens et un musicien se d&#233;cha&#238;nent autour d'un &#233;chafaudage de deux &#233;tages. Ils alignent des num&#233;ros impressionnants avec diff&#233;rents agr&#232;s et accessoires dont de tr&#232;s remarqu&#233;es serviettes de bain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En d&#233;couvrant la sc&#232;ne, on comprend mieux pourquoi la compagnie a choisi cette locution comme nom pour elle et pour son premier spectacle. Un &#233;chafaudage de deux &#233;tages, flanqu&#233; de portiques en tubulures m&#233;talliques et h&#233;riss&#233; de divers objets d&#233;plac&#233;s, comme une roue de v&#233;lo, domine le plateau qui accueille diff&#233;rents engins manifestement m&#233;caniques et/ou &#233;lectriques. Une v&#233;ritable machine de cirque !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et encore, Vincent Dub&#233; &#224; l'origine du spectacle, comme de la compagnie, voulait en faire encore plus, imaginant une tr&#232;s grosse machine qui envoyait des objets et des agr&#232;s aux artistes. Mais &#224; la cr&#233;ation du spectacle, il est apparu que l'aspect m&#233;canique prenait l'ascendant sur le c&#244;t&#233; humain de la performance. Il a donc &#233;t&#233; r&#233;duit pour revenir &#224; l'essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que Vincent Dub&#233;, au nombre des cofondateurs de la compagnie Machine de Cirque en 2013, trouve ici un exutoire &#224; ses deux passions : le cirque et l'ing&#233;nierie. Il sillonn&#233; le monde comme artiste de cirque pendant plus de 20 ans, notamment avec le Cirque du Soleil et le Cirque &#201;os. Mais l'homme poss&#232;de &#233;galement un baccalaur&#233;at en g&#233;nie civil obtenu &#224; l&#700;Universit&#233; de Laval qu'il ne se g&#234;ne pas de mettre en pratique pour cr&#233;er la signature artistique de Machine de Cirque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but, un homme appara&#238;t de la toile qui recouvre l'&#233;chafaudage et commence &#224; faire des percussions sur les tuyaux m&#233;talliques. C'est comme un signal adress&#233; aux quatre gaillards qui prennent possession de la structure, montant au sommet, s'en laissant tomber avec plus ou moins de retenue, le but &#233;tant manifestement de prendre ses marques et de s'&#233;chauffer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trame narrative annonc&#233;e &#8211; les gars sont seuls au monde et cherchent &#224; contacter d&#700;autres rescap&#233;s &#224; l&#700;aide d&#700;une &#233;trange machine &#8211; est plut&#244;t t&#233;nue et se r&#233;sume &#224; deux s&#233;quences o&#249; l'on sort une antenne qui essaie de capter des ondes au milieu des interf&#233;rences. Qu'importe, les quatre circassiens (Guillaume Larouche, Philippe Dupuis, Samuel Hollis et Laurent Racicot) empoignent quasi tout ce qui leur tombe sous la main pour r&#233;aliser de v&#233;ritables prouesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voltige, acrobatie, trap&#232;ze, m&#226;t chinois, jonglerie avec les massues, &#224; deux, puis trois et m&#234;me quatre, planche cor&#233;enne &#8211; cette planche &#224; bascule o&#249; se placent deux, voire quatre acrobates pour se propulser en hauteur &#224; tour de r&#244;le en effectuant des figures acrobatiques &#8211; , ils alignent les num&#233;ros propuls&#233;s par les rythmiques d'un musicien multi-instrumentiste (Olivier Forest).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;quence des serviettes de bain vaut &#224; elle seule le d&#233;placement. Au son d'un orage, les quatre gaillards turbulents se d&#233;shabillent pour profiter de la pluie battante. Au moment d'&#244;ter leur dernier sous-v&#234;tement, l'un d'entre eux dissimule son intimit&#233; derri&#232;re un drap de bain. Il est rejoint par un autre puis encore un autre. Mais une serviette pour trois, c'est un peu juste. Arrive le quatri&#232;me drap&#233; dans plusieurs pi&#232;ces de tissus qu'ils se partagent. Chacun la sienne, les serviettes peuvent commencer &#224; tourner. Ils multiplient les figures, chacune pour soi ou tous ensemble, les acrobaties et les risques sans jamais lever le voile sur leur service trois pi&#232;ces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit bijou d'adresse, d'humour et de d&#233;rision, cette s&#233;quence est exemplative de la ma&#238;trise de la technique que d&#233;ploient les artistes. A preuve suppl&#233;mentaire, ils sont cens&#233;s &#234;tre cinq plus le musicien) sur sc&#232;ne mais ne se produisent qu'&#224; quatre. Bless&#233;, Thibault Mac&#233; n'est pas de la partie mais cela ne semble poser aucun probl&#232;me au groupe qui s'adapte &#224; la situation et r&#233;alise des performances m&#234;me en nombre r&#233;duit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;&#233; en 2015, &#171; Machine de Cirque &#187; s'est d&#233;j&#224; jou&#233; 700 fois &#224; travers le monde cumulant au total plus de 300.000 spectateurs. Depuis, cinq autres spectacles ont vu le jour dont &#171; Ghost Light &#187; pr&#233;sent&#233; au dernier Festival UP organis&#233;, en mars dernier &#224; Bruxelles, par par UP - Circus &amp; Performing Arts. D'autres projets sont sur la table qui allient toujours le cirque contemporain de haut niveau aux performances musicales et th&#233;&#226;trales. Apr&#232;s avoir d&#233;couvert &#171; Machine de Cirque &#187;, on ne demande qu'&#224; en voir plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Didier B&#233;clard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Machine de Cirque &#187; par la Compagnie Machine de Cirque, jusqu'au 19 novembre &#224; Wolubilis &#224; Bruxelles, 02/761.60.30, &lt;a href=&#034;http://www.wolubilis.be&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.wolubilis.be&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Gilles Dal d&#233;zingue les rat&#233;s de la communication</title>
		<link>http://www.demandezleprogramme.be/Gilles-Dal-dezingue-les-rates-de-la-communication</link>
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		<dc:creator> Didier B&#233;clard </dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Chasseur d'incongruit&#233;s, traqueur de lieux commun, Gilles Dal d&#233;cortique nos tics de langages et nos erreurs de communication dans une conf&#233;rence portant sur la s&#233;miotique. &#171; Bla Bla Bla &#187; se veut un spectacle th&#233;orique et pratique s'appuyant sur des exemples r&#233;els. Le public rit mais le propos s'&#233;vanouit dans une pirouette. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bienvenue aux vendredis de la s&#233;miotique organis&#233;s par l'Amicale R&#233;gionale de S&#233;miotique. L'orateur du jour n'est autre que Gilles Dal, auteur de l'ouvrage &#171; La face cach&#233;e de l'accent (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chasseur d'incongruit&#233;s, traqueur de lieux commun, Gilles Dal d&#233;cortique nos tics de langages et nos erreurs de communication dans une conf&#233;rence portant sur la s&#233;miotique. &#171; Bla Bla Bla &#187; se veut un spectacle th&#233;orique et pratique s'appuyant sur des exemples r&#233;els. Le public rit mais le propos s'&#233;vanouit dans une pirouette.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bienvenue aux vendredis de la s&#233;miotique organis&#233;s par l'Amicale R&#233;gionale de S&#233;miotique. L'orateur du jour n'est autre que Gilles Dal, auteur de l'ouvrage &#171; La face cach&#233;e de l'accent circonflexe &#187;, inventeur du concept de d&#233;parenthisation qui vise, ni plus, ni moins, que l'abolition des parenth&#232;ses, et pilier reconnu de l'&#201;cole de Ganshoren.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#232;me de sa prise de parole portera sur la mauvaise communication et les vicissitudes, voire les bagarres, qu'elle peut engendrer. Pour pallier ce mal du si&#232;cle, l'orateur a mis au point une m&#233;thode pour parfaitement se faire comprendre et qui augure que &#171; l'humanit&#233; va entrer dans une &#232;re d'harmonie universelle &#187;. Il annonce, tout de go, qu'il s'appr&#234;te &#224; r&#233;v&#233;ler &#224; ce public avide de connaissances le fonctionnement de cette m&#233;thode r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avant cela, Gilles Dal raconte deux anecdotes personnelles r&#233;v&#233;latrices de l'incompr&#233;hension &#224; laquelle peuvent se heurter certaines tentatives, maladroites, de communication. Les travers de langage sont nombreux et ce n'est pas parce que l'on exprime un propos qui nous semble clair qu'il appara&#238;t avec autant de clart&#233; &#224; la personne &#224; laquelle il s'adresse. Quand elle ne comprend pas exactement le contraire de ce que l'on a voulu exprimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il encha&#238;ne avec de nombreux exemples illustr&#233;s par des dessins, des photos, des captures d'&#233;cran, des vid&#233;os, des affiches, auxquels nous sommes confront&#233;s tous les jours et qui foisonnent parfois de hiatus de communication. Trop d'information tue l'information et, a contrario, une information trop synth&#233;tique ne donne qu'une vague id&#233;e du message &#233;mis. &#171; Quand on n'y met pas les formes, dit-il, le monde nous semble &#233;trange, singulier &#187; et d'ajouter, plus tard, &#171; dans l'oc&#233;an du n'importe quoi, les vagues sont nombreuses &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la vraie vie, Gilles Dal est docteur en histoire et professeur invit&#233; &#224; l'Ihecs. Sc&#233;nariste de bandes dessin&#233;es, en collaboration avec Fr&#233;d&#233;ric Jannin, Johan De Moor ou Philippe Bercovici, il est l'auteur d'une s&#233;rie d'ouvrages notamment sur la S&#233;curit&#233; sociale ou l'histoire de Belgique. Il a &#233;galement &#233;crit &#171; Tout va tr&#232;s bien &#187;, une pi&#232;ce qui fut jou&#233;e au TTO en 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chroniqueur &#224; la RTBF, il axe r&#233;guli&#232;rement ses interventions sur les lieux communs, les tics de langage comme le langage conditionn&#233; &#8211; on dit des bouts de phrases de fa&#231;on automatique -, le langage format&#233; par des codes culturels que l'on croit naturels, les expressions contradictoires - &#171; &#231;a ne se refuse pas &#187; - ou, encore, les questions dont on conna&#238;t la r&#233;ponse ou qui n'en admettent qu'une seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'aide, au son et aux images, de Priscillien (le &#171; vrai &#187; com&#233;dien Wilhem De Baerdemaeker), le comptable qui remplace au pied lev&#233; C&#233;dric souffrant, l'orateur doit en subir les maladresses, les erreurs techniques et, surtout, les commentaires intempestifs. La confrontation entre le technicien d'occasion maladroit et l'orateur qui se cache derri&#232;re une courtoisie de timide placide et pince sans rire, mais qui viendra &#224; perdre son sang froid, constitue l'un des ressorts comiques du spectacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me titre que les exemples souvent cocasses, parfois incongrus, mais toujours exemplatifs des difficult&#233;s de communication qui peuplent notre vie quotidienne. Mais, peut-&#234;tre faut-il classer au rang de ces interf&#233;rences communicationnelles la pirouette (un &#233;tourdissement) qui permet &#224; Gilles Dal de ne pas aller au bout de son propos et de ne pas r&#233;v&#233;ler la sacro-sainte m&#233;thode cens&#233;e gu&#233;rir notre langage de tous les maux qui l'affectent. La courbe rentrante donne &#224; l'&#339;uvre un c&#244;t&#233; inabouti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Didier B&#233;clard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bla Bla Bla &#187; de Gilles Dal, mis en sc&#232;ne par David Nobrega, jusqu'au 3 d&#233;cembre au Th&#233;&#226;tre de la Toison d'Or (TTO), 02/510.05.10, &lt;a href=&#034;http://www.ttotheatre.com&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.ttotheatre.com&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Briser les cha&#238;nes du pass&#233;</title>
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		<dc:creator> Didier B&#233;clard </dc:creator>



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&lt;p&gt;Avec &#171; Depois do Silencio &#187;, Christiane Jatahy cl&#244;t sa &#171; Trilogie des horreurs &#187; consacr&#233;e &#224; la situation politique et sociale du Br&#233;sil. Si l'esclavage a &#233;t&#233; officiellement aboli, il continue n&#233;anmoins &#224; alimenter un racisme structurel et de profondes in&#233;galit&#233;s sociales. Une &#339;uvre sensible qui tisse des liens entre la sc&#232;ne et le cin&#233;ma, la r&#233;alit&#233; et la fiction, le pass&#233; et le pr&#233;sent. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Nous ne sommes pas seules &#187; d&#233;clare Bibiana Silva en faisant allusion aux anc&#234;tres et aux jeunes qui les ont autoris&#233;es &#224; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.demandezleprogramme.be/-Critiques-" rel="directory"&gt;Critiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec &#171; Depois do Silencio &#187;, Christiane Jatahy cl&#244;t sa &#171; Trilogie des horreurs &#187; consacr&#233;e &#224; la situation politique et sociale du Br&#233;sil. Si l'esclavage a &#233;t&#233; officiellement aboli, il continue n&#233;anmoins &#224; alimenter un racisme structurel et de profondes in&#233;galit&#233;s sociales. Une &#339;uvre sensible qui tisse des liens entre la sc&#232;ne et le cin&#233;ma, la r&#233;alit&#233; et la fiction, le pass&#233; et le pr&#233;sent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Nous ne sommes pas seules &#187; d&#233;clare Bibiana Silva en faisant allusion aux anc&#234;tres et aux jeunes qui les ont autoris&#233;es &#224; parle en leur nom. &#171; Nous sommes venues ici pour parler &#187; ajoute-telle avant de se f&#233;liciter du r&#233;sultat des r&#233;centes &#233;lections pr&#233;sidentielles au Br&#233;sil (la victoire de l'ancien pr&#233;sident de gauche Luiz In&#225;cio Lula da Silva sur le pr&#233;sident sortant de la droite extr&#234;me Jair Bolsonaro, NDLR).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela commence comme une conf&#233;rence. Sur le plateau, trois com&#233;diennes afro-br&#233;siliennes accompagn&#233;es d'un musicien-com&#233;dien (Gal Pereira, Lian Gaia, Juliana Fran&#231;a et Aduni Guedes). Le th&#232;me : l'h&#233;ritage, toujours vivace, de l'esclavagisme et du pass&#233; colonial de ce territoire gigantesque. La terre est au c&#339;ur de tout et l'histoire du Br&#233;sil est marqu&#233;e par la dispute pour la terre. Ce pays a beau &#234;tre immense, les gens sont oblig&#233;s de revendiquer un endroit pour vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oratrice annonce que dans cette histoire de la lutte pour la terre, elles vont se concentrer sur deux personnes en particulier : Jo&#227;o Pedro Teixeira, leader du mouvement des sans-terre et Severo dos Santos, ouvrier agricole. Tous deux vivaient dans la communaut&#233; de Chapada Diamantina, &#224; Bahia, tous deux luttaient pour le droit des peuples, le droit &#224; la terre, &#224; la libert&#233;, tous deux ont &#233;t&#233; assassin&#233;s par des hommes de main de propri&#233;taires terriens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit &#224; petit, la discussion s'engage entre les trois femmes tandis que le cin&#233;ma s'immisce sur le plateau. Il y a des images en noir et blanc tir&#233;es du docu-fiction d'Eduardo Coutinho, &#171; Cabra Marcado para Morrer &#187; (Ch&#232;vre marqu&#233;e pour la mort) consacr&#233; &#224; l'histoire et la mort de Jo&#227;o Pedro Teixeira. Le tournage du film a &#233;t&#233; interrompu et la pellicule saisie lors du coup d'&#201;tat de 1964. Il ne fut termin&#233; que vingt ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'autres images, plus r&#233;centes, prises sur le terrain &#224; Bahia, qui donnent &#224; voir et entendre le v&#233;cu de cette communaut&#233; qui a inspir&#233; le roman &#224; succ&#232;s du g&#233;ographe bahianais Itamar Vieira Junior, &#171; Torto Arado &#187; (La Charrue tordue) qui constitue le mat&#233;riau de base de la pi&#232;ce de Christiane Jatahy. L'&#339;uvre raconte le quotidien de trois femmes vivant dans une exploitation agricole (fazenda). Gaia est la l'arri&#232;re petite fille de Jo&#227;o Pedro Teixeira &#8211; la seule photo qu'elle a de son arri&#232;re grand p&#232;re est celle de sa mort -, Bibiana &#233;tait la compagne et la m&#232;re des enfants de Severo dos Santos, Gal est sa s&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les images qui d&#233;filent sur l'&#233;cran ne se bornent pas &#224; &#233;voquer cette vie faite d'humiliations, d'exploitation par les propri&#233;taires, de racisme et de r&#233;miniscence de l'esclavage. Aboli en 1888 (ce qui est relativement tard par rapport &#224; la France, 1848, ou les Etats-Unis, 1865), l'esclavage reste pr&#233;gnant au Br&#233;sil notamment sous la forme de &#171; contrats &#187; impos&#233;s par certains propri&#233;taires du style &#171; travailler gratuitement contre un logement &#187;. Elles mettent aussi en &#233;vidence la lutte des sans-terre, le combat des femmes, en particulier, pour exister mais aussi les c&#233;r&#233;monies rituelles comme la f&#234;te du jar&#234; (un rite d'origine Candombl&#233; propre &#224; la r&#233;gion) qui permettent de supporter cette vie sans terre, sans recours, sans justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christiane Jatahy tisse litt&#233;ralement des liens entre les diff&#233;rents supports. Les images ne sont pas une simple illustration des propos tenus par les &#234;tres vivants pr&#233;sents sur sc&#232;ne, l'&#233;cran dialogue avec le plateau, les com&#233;diennes et com&#233;diens semblent passer de l'un &#224; l'autre ou occupent les deux simultan&#233;ment. Lorsque Gal raconte une histoire sur sc&#232;ne, les habitants du village s'en amusent &#224; l'&#233;cran, lorsqu'elle chante, le groupe film&#233; reprend la m&#233;lodie. La mise en abyme est m&#234;me pouss&#233;e assez loin lorsque l'on voit les images d'une femme commentant un extrait du film d'Eduardo Coutinho.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Depois do Silencio &#187; (apr&#232;s le silence) est le troisi&#232;me volet de la &#171; Trilogie des horreurs &#187;, telle que la nomme l'auteure, consacr&#233;e &#224; la situation politique et sociale du Br&#233;sil. Elle fait suite &#224; &#171; Entre chien et loup &#187; qui traite du fascisme qui arrive tr&#232;s vite et &#171; Avant que le ciel ne tombe &#187; centr&#233; sur le pouvoir de la masculinit&#233; toxique. Un travail que Christiane Jatahy a entam&#233; apr&#232;s la victoire de Jair Bolsonaro aux &#233;lections de 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Convoquant le pass&#233; et le pr&#233;sent, m&#234;lant images anciennes et actuelles, brouillant les fronti&#232;res entre la r&#233;alit&#233; et la fiction, passant des images film&#233;es aux corps mis en sc&#232;ne, et vice versa - ce qui ici tient plus de l'osmose que de la mise &#224; distance -, elle transforme cette conf&#233;rence qui s'annon&#231;ait un peu aust&#232;re en un t&#233;moignage charg&#233; d'&#233;motions qui dresse le portrait d'une soci&#233;t&#233; domin&#233;e par la blancs et qui reste, encore aujourd'hui, construite sur l'esclavage et le colonialisme. &#171; Quand la libert&#233; a &#233;t&#233; accord&#233; &#224; notre peuple, dit Gaia, la mis&#232;re a continu&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Didier B&#233;clard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Depois do Silencio &#187; de Christiane Jatahy, jusqu'au 18 novembre au Th&#233;&#226;tre National &#224; Bruxelles, 02/203.53.03, &lt;a href=&#034;http://www.theatrenational.be&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.theatrenational.be&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les muscles comme norme sociale</title>
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&lt;p&gt;Anticipation dans&#233;e, &#171; Roi muscl&#233;e &#187; de Louise Bul&#233;on Kayser met en sc&#232;ne des personnes priv&#233;es de rep&#232;res de genre. Attitudes emprunt&#233;es ou fantasm&#233;es peuplent ces corps en pleine construction de leur identit&#233; dans une virtuosit&#233; au bord du gouffre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le noir et le silence, une porte s'ouvre sur le c&#244;t&#233; de la sc&#232;ne, inondant une partie de celle-ci d'un large rai de lumi&#232;re. Une femme habill&#233;e d'un manteau de fourrure et portant un sac contenant des objets qui tintent les uns contre les autres, entre et (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Anticipation dans&#233;e, &#171; Roi muscl&#233;e &#187; de Louise Bul&#233;on Kayser met en sc&#232;ne des personnes priv&#233;es de rep&#232;res de genre. Attitudes emprunt&#233;es ou fantasm&#233;es peuplent ces corps en pleine construction de leur identit&#233; dans une virtuosit&#233; au bord du gouffre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le noir et le silence, une porte s'ouvre sur le c&#244;t&#233; de la sc&#232;ne, inondant une partie de celle-ci d'un large rai de lumi&#232;re. Une femme habill&#233;e d'un manteau de fourrure et portant un sac contenant des objets qui tintent les uns contre les autres, entre et monte sur la sc&#232;ne. De son sac, elle sort des tasses qu'elle dispose sur une table, &#224; c&#244;t&#233; d'un percolateur. Elle &#244;te son manteau de fourrure et son pantalon de jogging et enfile t-shirt et short blancs, ainsi qu'une casquette assortie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Venues de diff&#233;rentes directions, quatre autres personnes, &#233;galement v&#234;tues d'un manteau de fourrure, la rejoignent sur la sc&#232;ne en rampant. Elles s'amalgament au sol dans un amas de manteaux et de sacs. Elles se changent dans une certaine confusion puis se l&#232;vent avant de prendre place sur les chaises dispos&#233;es en cercle par la premi&#232;re arrivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un texte projet&#233; sur un &#233;cran lumineux nous situe le contexte : nous sommes en 2039, dans un ancien th&#233;&#226;tre de Toronto. Les ratons laveurs ont pris possession de la ville. Les humain.e.s qui n'ont pas fui sont oblig&#233;s de se d&#233;guiser en raton laveur pour pouvoir se d&#233;placer sans attirer l'attention. Des personnes se r&#233;unissent clandestinement dans les th&#233;&#226;tres d&#233;saffect&#233;s pour tenter de retrouver les subtilit&#233;s d'un comportement &#171; humain normal &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cinq femmes, &#233;th&#233;r&#233;es, scrutent le public du regard en faisant de petits mouvements. Elles se l&#232;vent, enfoncent les mains dans leurs poches et d&#233;ambulent ensemble en roulant des m&#233;caniques. L'une d'elle branche un haut parleur et lance la musique. &#171; Historia de un amor &#187; (une chanson de type bol&#233;ro/mambo/tango, selon les versions, compos&#233;e en 1955 par le Panam&#233;en Carlos Eleta Almar&#225;n, NDLR) dont diff&#233;rentes interpr&#233;tations, en espagnol, fran&#231;ais, anglais, se succ&#233;deront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes se laissent emporter par la m&#233;lodie et &#171; dansent &#187; dans une gestuelle timide, minimaliste avant que l'une d'elle ne se l&#226;che dans des mouvements plus expressifs, plus extravertis. Une autre la rejoint, prend le relais, et, dans cette sorte de th&#233; dansant improvis&#233;, surgissent les attitudes machistes de certaines d'entre elles. Iels cernent la danseuse, l'obligeant &#224; s'asseoir sur une chaise, la toisent, la dominent. &#171; Ils ont cr&#233;&#233; des mots silencieux, &#233;crit l'&#233;cran, des mots tactiles, et les choses ont &#233;t&#233; dites &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles avancent en bande comme des mecs, avec le regard de celui qui veut &#234;tre regard&#233;, remarqu&#233;, confiant dans son pouvoir de s&#233;duction. L'une d'entre elles entame alors un solo tout en souplesse et &#233;l&#233;gance. Mais lorsqu'une de ses comparses la rejoint, c'est son c&#244;t&#233; viril qui reprend le dessus. Suit un autre solo o&#249; la danseuse joue de sa longue chevelure, ondule du corps, et met ses seins en &#233;vidence dans un tr&#233;moussement pour le moins provocateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette expe&#769;rience sensorielle post-apocalyptique, les protagonistes ont oublie&#769; leur genre, et jouent avec les devenirs qui les habitent. Elles se souviennent, vaguement, des normes cloisonnantes &#8211; symbolis&#233;es par ces muscles mis si souvent en avant - secr&#233;t&#233;es par la soci&#233;t&#233; et qui ont d&#233;sormais quitt&#233; leur corps. Elles ont oubli&#233; comment nous sommes construits et nous regardent depuis un espace nouveau qui trouble la notion m&#234;me de genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chor&#233;graphe et metteuse en sc&#232;ne Louise Bul&#233;on Kayser explique s'&#234;tre bas&#233;e sur la pratique Drag (Drag Queen, Drag King, d'o&#249; le titre) comme m&#233;thodologie de travail sc&#233;nique. Cette norme genr&#233;e pouss&#233;e &#224; l'extr&#234;me lui permet de &#171; spectaculariser nos physicalit&#233;s r&#233;sistantes &#187;, de forcer le trait des r&#233;miniscences des comportements physiques qui nous habitaient, avant. Les corps en mouvement se cherchent, se transforment, deviennent eux-m&#234;mes et accouchent et d'une identit&#233; en perp&#233;tuelle &#233;laboration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;routant de prime abord (mais pas seulement), &#171; Roi Muscl&#233;e &#187; surprend &#224; chaque changement de tableau et d&#233;veloppe effectivement &#171; une virtuosit&#233; au bord du gouffre &#187;, accentu&#233;e par la sc&#233;nographie et la lumi&#232;re, disons, d&#233;pouill&#233;es. Les cinq interpr&#232;tes (Rim Cividino, Camille Da Silva, Alix Merle, Agnes Valovics, et Livia Vincenti) oscillent en permanence entre gr&#226;ce et gestuelle animale ou tr&#232;s masculine (ce qui revient souvent au m&#234;me).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Didier B&#233;clard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Roi muscl&#233;e &#187; de Louise Bul&#233;on Kayser, jusqu'au 25 novembre aux Riches-Claires &#224; Bruxelles, 02/548.25.80, &lt;a href=&#034;http://www.lesrichesclaires.be&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.lesrichesclaires.be&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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