Voici Électre ! D’Eschyle à Sartre

Théâtre | Poème 2

Dates
Du 17 octobre au 12 novembre 2013
Horaires
Tableau des horaires

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Voici Électre ! D’Eschyle à Sartre

Du 17 au 27 octobre 2013 (je, ve, sa à 20h, di à 16h),
les mardis 22 octobre, 5 et 12 novembre à 14h
Le Poème 2 a crée une Électre qui les rassemble toutes ! Une Electre dans le miroir de la tragédie grecque et de quelques auteurs modernes. Une Electre qui va d’Eschyle à Sophocle, d’Euripide à Giraudoux, de Sartre à Yourcenar en passant par Maurice Garçon !
« Il n’existe pas de version vraie dont toutes les autres seraient des copies ou des échos déformés. Toutes les versions appartiennent au mythe. Bien plus “un mythe se compose de l’ensemble de ces variantes” c’est sa définition même. » Claude Lévis-Strauss.
Électre est matricide. Pour venger son père, elle tue sa propre mère Clytemnestre !
« Électre, fille de roi, doublement criminelle, s’avance devant ses juges le front haut. Son regard est fier. Elle pourrait alléguer peut-être qu’elle n’a fait qu’armer un bras et qu’elle n’a point frappé elle-même. Au lieu de cela, elle se vante d’avoir poussé son frère au meurtre et prend pour elle-même toute la charge du matricide. Plus coupable que celui qui donna les coups puisqu’elle en fut la tête, elle ne dissimule rien, ne sollicite point de pardon. Elle n’implore pas, elle accuse. Elle prétend qu’en exerçant une légitime vengeance, elle a agi dans la plénitude de son droit. Qui donc, en pareille conjoncture, ne serait saisi d’inquiétude et oserait se prononcer avant d’avoir écouté les raisons d’une accusée qui prétend ne solliciter ni grâce ni indulgence, mais qui représente son acte comme une légitime rébellion contre un destin injuste ? » Maurice Garçon Électre réouvre un débat des plus actuels : celui de la légitime vengeance personnelle. Mais peut-on faire justice soi-même ?

Au théâtre comme à l’opéra (Strauss, Milhaud, Xenakis, etc.) ou encore au cinéma (Cacoyannis, Angelopoulos), Electre est une figure tragique qui questionne depuis des siècles.

Avec Fabienne Crommelynck, Consolate Sipérius et Franck Dacquin
Choix des textes : Cécile Bogaert et Sue Blackwell
Mise en scène : Sue Blackwell

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3 Messages

  • Voici Électre !

    Le 7 décembre 2012 à 09:10 par soniaLUX

    Une pièce qui , bien sur ,est basée sur la mythologie Grecque mais dont le fil conducteur est " la Justice " . Le comédien jouant le rôle de l’avocat suscite la réflexion du public . Le sujet reste toujours d’actualité car intemporel . Très bon sujet de débat !

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  • Voici Électre !

    Le 14 décembre 2012 à 05:24 par Judith

    Une pièce classique mais qui reste d’actualité, des acteurs très professionels, très bons ! J’avais peur de tomber sur la tragédie greque un peu barbante, mais j’ai été surprise, le temps s’est envolé, et me suis laissé emporter avec les personnages de la tragedie, avec des moments d’émotion.
    Très belle mise en scène, un décor sobre mais efficace.

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Vendredi 14 décembre 2012, par Laura Bejarano Medina

La légitimité de la vengeance

C’est entre les murs du théâtre Poème 2, sombres et glacés pour l’occasion, que prend place le procès captivant de la jeune Electre.

Des voix, des murmures et des chuchotements presque imperceptibles se mêlent, se confondent et se bousculent en écho dans l’esprit d’Electre. Elle est comme figée au milieu d’un décor froid et épuré qui dévoile la noirceur de ses tourments et de sa solitude profonde. Entre alors un avocat qui, avec la voix de la raison, commence à nous raconter la sanglante histoire de la Maison des Atrides.

S’inspirant des textes d’Eschyle, Sophocle, Euripide, Maurice Garçon, Jean Giraudoux, Jean-Paul Sartre et Marguerite Yourcenar, la création Voici Electre nous retrace le drame mythologique d’une enfant matricide. Electre, fille de roi, a tué sa mère Clytemnestre. Cet acte d’une violence extrême naît d’un besoin imparable de venger la mort de son père, Agamemnon, assassiné par Clytemnestre à son retour de la guerre de Troie. Il a fallu sept ans de haine et de souffrance silencieuses pour pousser la jeune fille à rendre elle-même la justice qui n’avait pas été rendue, Clytemnestre n’ayant jamais été condamnée pour son crime.

La représentation oscille à travers un judicieux équilibre entre la réflexion habile de l’avocat menée avec éloquence par le comédien Franck Dacquin, et l’émotion rendue si vive par la talentueuse Consolate Sipérius qui nous livre une Electre touchante et torturée. La justesse de ton de ces deux personnages n’est cependant pas toujours en équilibre avec celui du personnage de Clytemnestre, ce qui provoque un décalage et fait quelque peu dévier le spectateur de l’essentiel.

Au-delà de moments poignants où transparaissent la détresse d’Electre et la colère qui la ronge, ce spectacle renvoie à de nombreux sujets de débat comme le mutisme de la justice dans la société, l’injustice devant l’impunité, la légitimité de la vengeance, les relations intrafamiliales et la lourdeur du remord. Voici Electre se révèle donc une création sans prétention qui pose les bases d’un questionnement universel sur le droit et le devoir tout en exacerbant les sentiments d’impuissance et de colère face à une situation qui nous dépasse.

Des voix et des pensées tourbillonnent encore et encore dans sa tête de la jeune fille. La justice est rétablie, mais pourtant une dernière note d’amertume vient ternir cette satisfaction. Une question subsiste : La légitimité d’un acte d’une telle cruauté peut-elle l’emporter sur le remord ? À nous de juger.

Laura Bejarano Medina

Poème 2


Rue d’Ecosse, 30
1060 Saint-Gilles