Un peu d’amour, un peu de sexe ...

Théâtre | La Clarencière

Dates
Du 7 au 12 décembre 2009
Horaires
Tableau des horaires

Contact
http://www.laclarenciere.be
fabienne.govaerts@skynet.be
+32 2 640 46 76

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Un peu d’amour, un peu de sexe ...

De Franca Rame et Dario Fo
Par : Alessandra Chillaron, Florian Butsch,
Ychaï Gassenbauer, Philippe Schuler
Mise en scène : Mirella Gerber
Production : Drolma & Cie

Les mardi 8, mercredi 9, jeudi 10, vendredi 11 et samedi 12 décembre 2009 à 20h30

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2 Messages

  • Un peu d’amour, un peu de sexe ...

    Le 10 décembre 2009 à 11:46 par anacolut

    Du bon et du mauvais dans ce spectacle, mais malgré tout un chouette moment pour moi.
    Le mauvais, c’est le cabotinage. C’est la danse du travesti, qui ferait mieux de jouer la femme plutôt que de jouer l’homme qui joue la femme. C’est la demoiselle qui se donne un accent bourgeois, la composition des personnages, forcée. C’est les accents, qui, trop prononcés, fatiguent l’auditeur francophone. L’accent n’est pas à gommer pour être gommé, mais le français doit parvenir avec moins de peine que ça (je trouve).
    Le bon, c’est les moments de grâce : des effets de corps bien trouvés, bien placés. La chanson de l’impuissance (la voix de ce jeune homme est incroyable). Le cours d’orgasme, vraiment très drôle. La simulation du travesti dont je critiquais la danse, avec le clin d’oeil. La complicité avec le public. La téléphone rose. Et le texte aussi, qui est bon. D’autres choses encore. Ils sont 4, ils n’ont qu’eux comme décor, le plateau est minuscule, et ils m’ont emmenée avec eux. Et puis, y a pas à dire, le sexe, c’est quand même un sujet efficace.

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Mercredi 3 juin 2009, par Jean Campion

La sexologie pour les nuls

Depuis 1954, Franca Rame et son mari Dario Fo s’efforcent de libérer, par le rire, l’homme de la peur. Cette peur sur laquelle " est fondé tout obscurantisme et tout système de dictature". En transformant un de leurs nombreux monologues en conférence donnée par quatre S.S.F. (Sexologues Sans Frontières), la Compagnie Drolma nous entraîne dans un spectacle burlesque, pimenté de multiples trouvailles, mais alourdi parfois par des interventions trop didactiques.

C’est tout d’abord la lâcheté des parents complexés que la sexologue tourne en dérision. Chaque fois que sa curiosité de petite fille la poussait à interroger sa mère sur les mystères de la vie, celle-ci lui fournissait des explications ridicules ou la menaçait de punitions. Pas de gestes suspects ! Ni de vilains mots comme "vagin", rebaptisé "arrière de devant" ! Il n’est pas étonnant que la fillette, condamnée à l’ignorance, craigne, comme son amie, d’être engrossée par le nombril.

Si les tabous tendent à disparaître, bon nombre d’enfants voient leur éducation sexuelle tronquée par les magazines spécialisés ou les films pornographiques. C’est pourquoi, les S.S.F. s’attaquent avec un humour goguenard aux idées reçues. Ils démystifient les prétentions du mâle, qui feint d’ignorer que 80 fois sur 100 (Brassens va même jusqu’à 95 !) la femme simule le plaisir. Et l’adage qui justifie la tristesse de l’homme après le coït, les rend sceptiques. Tout comme les retombées des découvertes scientifiques sur l’épanouissement du couple : la localisation du clitoris ou du point G n’est pas une sinécure. Clowns militants, Dario Fo et Franca Rame critiquent avec insolence les prises de position du pape, qui interdit aux femmes la pilule contraceptive et encourage les hommes à voir la vie en rose grâce aux pilules bleues.

Malheureusement, toutes les séquences ne sont pas stimulées par ce comique vengeur. Parfois le message politique insistant rend le texte laborieux. Comme dans l’évocation d’un avortement sordide, qui ne parvient pas à nous émouvoir. Trop de misérabilisme et trop de commentaires étirés par l’accent suisse ! On peut aussi regretter le manque de percussion de la "complainte de l’impuissance".

Malgré ces coups de mou, "Un peu de sexe ? Un peu d’amour ?" nous séduit par sa lucidité et sa fantaisie débridée. On se laisse emporter par le rythme endiablé des professeurs d’orgasme. On confronte, avec malice, la musicalité de mots comme vulve, gland ou scrotum. On est éblouis par la virtuosité avec laquelle Alessandra Chillaron mène de front cinq conversations téléphoniques coquines. Cette cocasserie nous aide à lutter contre les préjugés, les erreurs, les fausses valeurs. Sans ce combat, l’amour est condamné.

La Clarencière


Rue du Belvédère, 20
1050 Ixelles