Un Tailleur pour dames - Georges Feydeau

Louvain-La-Neuve | Théâtre | Atelier Théâtre Jean Vilar

Dates
Du 21 novembre au 31 décembre 2017
Horaires
Tableau des horaires
Théâtre Jean Vilar
r. du Sablon - place Rabelais 1348 Louvain-La-Neuve
Contact
http://www.atjv.be
info@atjv.be
0800-25.325

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Un Tailleur pour dames - Georges Feydeau

Pour rire au théâtre, il n’y a pas mieux que Feydeau ! Ça virevolte à un rythme d’enfer, ça court, ç A Se cache. Et en filigrane, on perçoit le portrait acide d’une époque pas si éloignée de la nôtre… Un spectacle détonnant, ludique et rafraîchi servi par huit comédiens complices !

21 novembre au 8 décembre 2017
et les 30 et 31 décembre 2017
Théâtre Jean Vilar

Les à-côtés
Rencontre avec les artistes jeudi 30/11
Introduction au spectacle vendredi 8/12
Vendredi enfants admis le 8/12
Le 31/12 : représentation à 19h30 non majorée suivie d’un buffet de réveillon au Théâtre Jean Vilar. Nombre de places limité. Réservation : 0800/25 325

Une création de la Compagnie Belle de Nuit coproduite par l’Atelier Théâtre Jean Vilar, le Théâtre Royal du Parc et DC&J Création. Avec le soutien du Tax Shelter du Gouvernement fédéral belge.

Distribution

De Feydeau • Mise en scène : Georges Lini • Avec France Bastoen, Isabelle Defossé, Eric De Staercke, Stéphane Fenocchi, Michel Gautier, Louise Jacob, Thierry Janssen et Marie-Paule Kumps • Scénographie et costumes : Thibaut De Coster et Charly Kleinermann • Vidéo et son : Sébastien Fernandez

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Lundi 27 novembre 2017, par Dominique-Hélène Lemaire

Un monde qui penche !

C’est … Spectaculaire ! Le jeune Georges Lini et son comparse Stéphane Fenocchi avaient bien juré de se faire un jour un Feydeau, mais sorti des ornières des calèches du temps passé. Ni crinolines, ni chapeaux, ni salons précieux et leurs antichambres. Voici une version vraiment funambule de ce vaudeville où le théâtre de corps balaye tous les accessoires, les ornements, les portes qui claquent et les lambris dorés. Le rideau se lève sur un toit en légère pente ? Le pont d’un navire ? La tombe grise et nue de l’écrivain ravi de voir ses personnages sortir de l’ombre ? Un observatoire noyé par les vanités ? Une société contemporaine exsangue désarticulée par l’urgence de l’action ?

C’est … Impressionnant ! Avec son architecture invraisemblable de jeu de dupes et la mise en place de triples quiproquos, c’est comme qui dirait, une analyse entomologique d’une crise qui s’enclenche dans une inexorable mécanique comme les pratique le maître de l’absurde, du paradoxe, du comique et des situations hallucinantes... Dynamique infernale d’autodestruction ? Pour ce faire, les comédiens-acrobates chaussés de semelles antidérapantes jouent haut et sans filets, carrément perchés sur les toits. Ils jaillissent comme de diables de leurs lucarnes aussitôt refermées avec fracas, l’air est-il si irrespirable ? Sont-ils des survivants ? Ils s’accrochent comme ils peuvent dans leur monde en dérive, surnagent grâce au texte qui résiste, sans le moindre silence ! Les trappes s’ouvrent et se ferment comme autant de pièges, la pente devient de plus en plus vertigineuse. On redoute la chute ? C’est … Surprenant. C’est … Affolant. C’est … Angoissant ! Personne n’ose prononcer le mot qui vient pourtant aux lèvres de tous : ... Fou ?

Cette aventure de cordée impossible est servie par une distribution parfaite. A commencer par Marie-Paule Kumps en belle-mère diabolique et sa fille Yvonne délaissée par son jeune mari médecin, une très élégante Isabelle Defossé. France Bastoen campe Suzanne Aubin, entendez - Suzanne au bain - une voluptueuse maîtresse de Moulineaux, un Stéphane Fenocchi omniprésent. Etienne, le maître des entrées et des sorties, c’est le sympathique Michel Gautier. Anatole Aubin l’autre mari-volage, c’est le vertigineux Eric De Staercke, le champion des glissades et entrechats sur les toits. Quelle divine souplesse ! Restent l’agent immobilier, un rôle taillé sur mesures pour Thierry Janssen et une inénarrable gamine plus que délurée, cuvée 2000 : Louise Jacob. Tous, plus pressés les uns que les autres, ils taillent le verbe et l’action sans le moindre répit dans un crescendo rythmique renversant. Le spectateur se sent aspiré par le vertige final. La dépense physique et émotionnelle de comédiens, hommes et femmes est totale. Quel modèle d’investissement et de don de soi ! Le public qui a ri aux éclats a été profondément remué au passage, par cette comète d’ironie infernale si bien orchestrée et qui fuse de toutes parts.
C’est … hallucinant.
Déjà vigoureusement applaudi, dans une forme différente et tout aussi explosive au théâtre des Martyrs en 2013, c’est un vaudeville à revoir, on vous le jure !

Dominique-Hélène Lemaire

Atelier Théâtre Jean Vilar


Pl. de l’Hocaille, 6
1348 Louvain-La-Neuve