Un Conte d’hiver

Louvain-La-Neuve | Théâtre | Atelier Théâtre Jean Vilar

Dates
Du 16 au 28 février 2016
Horaires
Tableau des horaires
Théâtre Jean Vilar
r. du Sablon - place Rabelais 1348 Louvain-La-Neuve
Contact
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Un Conte d’hiver

L’une des plus extravagantes et mystérieuses pièces du dramaturge anglais, portée par 10 comédiens. Une suite de rebondissements incroyables, dignes d’un conte de fées en fait une œuvre à part.
Une création de la Compagnie Belle de nuit coproduite par l’Atelier Théâtre Jean Vilar et le Théâtre Royal du Parc. Avec la participation du Centre des Arts scéniques. © N. Petersen

Distribution

d’après Shakespeare Mise en scène : Georges Lini Avec Julien Besure, Anne-Pascale Clairembourg, Didier Colfs, Michel de Warzée, Daphné D’Heur, Itsik Elbaz, Louise Jacob, Thierry Janssen, Sarah Messens et Luc Van Grunderbeeck

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5 Messages

  • Un conte d’hiver

    Le 23 janvier 2016 à 02:13 par Yuri

    Ce que nous propose la Compagnie Belle de Nuit est une matière théâtrale pour le moins déroutante. Il en reste comme un goût de trop peu : nous avons savouré le talent des comédiens, nous avons pu goûter à une scénographie originale, mais la mise en scène dans son ensemble perturbe tout cela, et il faudrait en voir plus pour comprendre, sans doute.

    Que dire ? Que dire ? La matière est vaste, riche, et en même temps décevante à certains moments. La scénographie, par exemple, est très intelligente : elle soutient le côté tragique de la première partie à merveille et souligne le pendant comique aux derniers actes. Mais il est décevant que cette distinction fasse perdre l’impression d’ensemble et d’unité qui règne au début disparaît complètement au profit de ce carnaval vif et enjoué. Par contre, le dispositif scénique ne manque pas d’intérêt : une grande cage de verre surélevée laisse un espace de jeu à l’avant-scène et offre, par son mur du fond en écran géant, une source lumineuse intéressante.
    Dans cette scénographie, plusieurs symboles marquent. Tout d’abord, la part de l’enfance, vive, sincère et insouciante. On retrouve une balançoire, des ballons multicolore qu’on éclate quand les émotions sont ingérables (grande scène !) Ensuite, l’importance de la nature, surtout travaillé dans les vidéos projetée (arbres, flocons, eau). Enfin, la bête dans l’homme, qui est clairement identifiable par les masques.
    Toutefois, c’est dans la mise en scène que se situe l’élément le plus déroutant : la gestion du son. En effet, entre la cage de verre, l’avant-plateau libre, et le pied de micro, la voix des comédiens résonne différemment. Et dans la salle, les idées nous parviennent de manière parfois un peu diffuse : nous ne savons plus trop ce qui s’adresse à nous, ce qui est joué, ce qui est symbolique, aparté, ... De là, le principal sentiment de désorientation.
    Le texte également, adapté par Georges Lini, a surpris. La contemporanéité colle à la scéno, mais il est triste de constater que l’actualisation semble aller de pair avec une certaine pauvreté de la langue, même dans les parties tragiques. Certes, certains beaux morceaux restent - "L’hérétique, ce n’est pas celui qui brûle mais celui qui met le feu !" (Pauline, acte II), aux accents très actuels - mais tant d’autres ont sombré...
    Bref, c’est clairement une pièce articulée sur la foi en l’amour que nous propose Georges Lini. L’idée est claire, compréhensible, et mise en valeur. Un travail réellement appréciable.

    Enfin, les comédiens. Tous sont impressionnants, tant dans leur gestion du rythme de la pièce (sur lequel il n’y a rien à redire) que dans l’énergie qu’ils apportent à leur personnage. Mais, il faut dire ce qui est, deux comédiennes se détachent par leur gestion de la tension (A.-P. Clairembourg surtout, depuis sa prison), de la parole (les imprécations de Daphné D’Heur m’ont clairement fait frémir). Didier Colfs, dans le rôle de Bohême, était merveilleux : énigmatique, séduisant, et en même temps puissant à souhait (sa colère dans l’acte IV était terrifiante).
    La proposition de Itsik Elbaz, un roi fou et rempli de tic nerveux, dans une parole très quotidienne, ne m’a pas complètement convaincu. Certes, cela accentue la critique de la jalousie qui prend véritablement des airs de psychose, mais cela donne au roi un caractère plutôt puéril qui fait douter qu’Hermione, si noble, puisse l’aimer. J’ai été également surpris et déçu de ne pas comprendre un traître mot (ou presque) de ce que disait Michel de Warzee, surtout depuis le septième rang.

    Malgré tout, c’est un spectacle intéressant à voir. Une analyse plus détaillée est disponible sur mon blog "Éduc’artiste".

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  • Un conte d’hiver

    Le 28 janvier 2016 à 10:48 par juliette

    spectacle assurément dérangeant - un conte certes mais noir..avec ses "cris et fureur" de l’illustre william. j’ai beaucoup admiré le jeu des acteurs et surtout la mise en scène très impressionnante ..à voir sans à priori..

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  • Un Conte d’hiver

    Le 22 février 2016 à 20:20 par Aline2

    Véritable chef d’oeuvre de Shakespeare, "Un conte d’hiver" nous plonge dans l’univers d’un prince qui soupçonne sa femme d’être enceinte d’un autre homme qui n’est autre que son meilleur ami.
    Entre Sensibilité, rire et folie l’oeuvre de Shakespeare est reprise à merveille grâce à Georges Lini.
    La mise en scène n’a certainement plus rien à voir avec la pièce joué au 16ème siècle, elle s’est doté d’un souffle contemporain pour notre plus grand plaisir.
    Le jeu des acteurs est époustouflant. Anne-Pascale Clairembourg est extraordinaire dans le rôle d’Hermione.

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  • Un Conte d’hiver

    Le 23 février 2016 à 20:14 par Alexline

    Très jolie pièce interprétée à merveille.
    Nous nous retrouvons 5 siècles en arrière dans l’univers de Shakespeare.
    Le jeu était parfait cependant la mise en scène laisse un peu à désirer... L’aquarium dans lequel jouent les acteurs rend le sons assez mauvais ! (On croirait presque regarder un film en streaming de mauvais qualité... c’est pas génial).
    Hormis cela, je recommande la pièce à tous ceux qui aime la folie sur scène.

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Mardi 19 janvier 2016, par Dominique-Hélène Lemaire

Que la neige soit, et la neige fut !

Drame. Hermione (Anne-Pascale Clairembourg) est reine de Sicile, la belle épouse du roi Leontes et la mère aimante de Mammilius, un jeune garçon espiègle qui adore sa mère et « les histoires tristes que l’on raconte en hiver ». Injustement accusée de tromper son mari avec son meilleur ami Polixène, roi de Bohême, elle est jetée en prison, où elle donne naissance prématurément à une fille (Perdita) que le tyran Leontes fait disparaître dans un désert lointain. Une scène d’une violence inoubliable. On fait à l’épouse un simulacre de procès pour adultère et haute trahison. Qu’on la lapide, non ? Version blonde de la Reine Margot d’Isabelle Adjani, elle reste d’une dignité inébranlable devant son accusateur assoiffé de vengeance. On nous dit qu’elle mourra de chagrin après l’annonce du décès de son fils chéri, Mammilius, à qui on a interdit de la revoir. Seize ans plus tard, cependant, elle sera "ressuscitée" et réunie avec sa famille dans l’une des scènes les plus étonnantes de Shakespeare, revisité avec éclat par l’inventivité de Georges Lini.

Difficile de décider laquelle des trois femmes on préfère. Perdita ? Héroïne de conte de fées, façon Marylin Monroe, qui croit très peu aux princes charmants et est transformée en « daffodil virevoltant » par une exquise et solide Sarah Messens flanquée d’un pétulant Julien Bezure. Ou sa mère Hermione ? Noble victime expiatoire de la folie du soupçon. Ou l’intrépide suivante, Paulina, qui ose confondre et pourfendre le tyran ? Va ! Pour la pure jouissance physique verbale et vocale, la palme de l’interprétation féminine ira à Daphné D’Heur qui, incontestablement, dicte le rythme de l’affaire et préside à l’accouchement systématique des idées merveilleusement subversives. Tout en s’opposant avec une vigueur vivifiante aux diktats mortifères du Tyran, on assiste à la démolition méticuleuse et sans appel de l’échafaudage insensé de ses arguments. Cette femme est une reine dans son impeccable rhétorique cinglante et juste.

Face à elle, le tyran est un comédien flamboyant, ruisselant de vérité dans sa folie meurtrière. Itsik Elbaz, pour tout dire. Son jeu témoigne d’une urgence, d’un dynamisme rebondissant. Entêté comme un cabri. Les accès de rage et de mauvaise foi de l’enfant gâté et mal élevé se cognent, impuissants, aux réalités. Pathétique, il tente même à plusieurs reprises de séduire le public dans des apartés charmeurs et de l’engager dans la complicité de ses crimes. Il finit aliéné et seul, confondu par l’oracle de Delphes qui le condamne irrémédiablement. Ou presque. Une phrase sibylline laisse entrevoir un espoir.

Car cette tragi-comédie se veut un vrai conte d’hiver. De bon ou mauvais augure ? Est-ce une prédiction sinistre qui affirme que « Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument... » ? Ou l’aveu optimiste que la pureté de la neige peut nous mettre sur la voie du pardon et peut effacer les blessures et rendre la dignité à l’humanité ? Miracle : la magie hivernale aura fait tomber la première neige dehors, dès la fin du spectacle. De quoi prolonger durablement la magie du texte. A moins que cela ne soit un clin d’œil de l’illustre dramaturge élisabéthain en personne, touché par l’époustouflante mise en scène, les décors et les costumes résolument avant-gardistes de Georges Lini. Celui-ci utilise en effet la transparence d’une cage de verre qu’il manipule comme un diamant pour faire apparaître nombre de réalités, pas toujours bonnes à voir ! Mais vous, spectateurs heureux, malgré quelques soucis de sonorisation (propres à une première sans doute), vous repartirez comblés par l’adresse, la finesse et la profondeur de l’interprétation de ce texte fabuleux dont les fibres poétiques jusqu’aux moindres fleurs sont littéralement mises à nu.

Royale est la distribution. Le fidèle Camillo, vaillant creuset où siège la raison, est interprété par un Luc Van Grunderbeeck au mieux de sa forme. L’autre roi, joué par Didier Colfs, n’est pas en reste car sa prestation très authentique de terrorisme familial au quatrième acte, scène 4, vaut vraiment le détour. Vous avez aussi ce capitaine Haddock devenu Berger sous les traits de Michel de Warzée, qui donne avec son comparse Thierry Janssen l’indispensable dose d’humaine bouffonnerie propre au théâtre de Shakespeare. Et pour finir, l’exquise métamorphose du jeune enfant et du Temps - celui qui annonce, celui qui sait et qui raconte - un diamant vert planté sur la poitrine, c’est encore, Louise Jacob.

Dominique-Hélène Lemaire

Un spectacle de la Compagnie Belle de Nuit, en coproduction avec le Théâtre Royal du Parc et l’Atelier Théâtre Jean Vilar.

Atelier Théâtre Jean Vilar