Samedi 20 février 2010, par Catherine Sokolowski

Sang dessus dessous

Numéro trois des sept « Mouvements » prévus sur les conflits du Moyen-Orient depuis 1948, « Les marchands de sang » nous fait revivre la période 1975-1991. Théâtre documentaire : les comédiens sont accompagnés d’archives vidéo et de musique. L’atmosphère est grave. Si l’objectif est louable, retracer et expliciter l’enchevêtrement des conflits de cette zone géopolitique, il faut déplorer un certain manque de clarté de l’ensemble.

Entièrement recouvert de plastique blanc, quelques tables en guise de décor, un mort sur le sol, le théâtre prend, pour cette représentation, des allures dramatiques. Après quelques propos sur le terrorisme, des images de la guerre civile libanaise nous immergent directement dans l’ambiance des conflits armés.

Les comédiens se déplacent autour et au-dessus des tables en alternant leur tour de parole. La scène est filmée en gros plan, les images sont projetées en live sur grand écran. Hésitation entre théâtre et documentaire, ce choix de mise en scène est-il approprié ?

1979, la révolution iranienne. La montée de Khomeiny. Les discours extrémistes invitant à répandre la loi coranique dans le monde entier. Carter, Reagan, la libération des otages de l’ambassade américaine de Téhéran. Sur les trois écrans, alternance d’images d’archives et d’images live de la scène. Un fond musical grave et répétitif.

La guerre Iran/Irak. Théâtre militant. A combien de licenciements serait-on confronté si la France arrêtait de fournir des armes à l’Irak ? Entrée en scène de Monsieur X. Description de l’évolution de la relation entre les pays occidentaux et Saddam Hussein, ou comment l’allié devient l’ennemi. Dénonciation du génocide orchestré par les Nations Unies, à savoir l’embargo contre l’Irak. De l’envahissement du Koweit à la guerre contre l’Irak, jusqu’à la pendaison du tyran.

Un genre assez rare, ce théâtre politique, qui a le mérite d’exister, mais que l’on voudrait plus sobre, plus clair, chronologique, eu égard à la cause qu’il défend. Les acteurs adoptent le ton juste, la représentation est courte et rafraîchit la mémoire, soutenons ce genre d’initiatives.