Lundi 7 juin 2010, par Catherine Sokolowski

Pas de sérénité pour les Aventuriers

La narration à l’honneur en ce mois de juin au Théâtre de Poche. Trois Africains nous racontent leur déconvenue, leur périple à la rencontre du monde blanc, leur désenchantement face à l’ailleurs. On les appelle des Aventuriers. Un sujet incontournable mais une mise en scène souffrant de quelques longueurs, à l’instar des voyages décrits.

Tout commence par un extrait d’un discours de Nicolas Sarkozy. Décor simple mais soigné : une grosse boule symbolise les rêves et déboires de l’inaccessible sérénité. Du sable parsème la scène. Honneur au récit. Les témoignages sont poignants mais parfois un peu chargés, les textes auraient gagné à être allégés. Les protagonistes (Afazali Dewaele, Ansou Diedhiou et Charles Wattara) communiquent pourtant avec conviction. Les plus beaux moment sont chantés, dommage qu’ils ne soient pas plus nombreux. Une création théâtrale qui a exigé un long travail d’enquête, notamment au Burkina Faso. Une réflexion sur la situation du migrant, sur la perte d’identité.

Proposition intéressante à la veille des élections : le 10 juin, la pièce sera suivie d’un débat mettant en présence quatre représentants de partis. A cette occasion, le spectacle servira de tremplin à une discussion sur la politique migratoire (dès 22h).

Nouvelle initiative méritoire du Théâtre de Poche, cette pièce de René Georges est un rien décevante mais vaut le détour ne serait-ce que pour soutenir la cause qu’elle défend.