Lundi 15 mars 2010, par Catherine Sokolowski

Orgie de répliques

Pièce complètement déjantée, "Zaventem, moi non plus" nous fait découvrir un monde parallèle, celui d’un aéroport imaginaire et pourtant plus belge que le belge. L’histoire est celle d’une femme, qui attend l’avion pour Bruges, depuis très longtemps. Des personnages étranges gravitent autour d’elle, rythmant les allées et venues d’avions plutôt rares. Surréalisme à la mode belge, rires assurés.

Vêtue d’une robe de fée, l’héroïne est assise près d’un radiateur. Le plafond fuit, une petite quantité d’eau se déverse inlassablement dans une assiette, cette fuite introduit un dialogue truculent autour du thème de la « gougoutte de compagnie », entrée en matière jouissive.

Comme le chante ensuite les ménestrels (mélange de genres réussi), « la dame est toute courroucée », cela ne fait-il pas 36 ans qu’elle attend son avion ? Sera-t-elle calmée par l’arrivée du Capitaine Sachet ? Ou par l’intervention de la Tour Une, suivie par celle de la Tour Two ?

Quelques événements étranges viennent pimenter le débat. De l’arrivée d’un nouveau cerveau pour le Roi en provenance de Pékin, à la valise qui ressemble à un « bagage suspicieux », en passant par la coupe très tendance du ficus décorant le hall, impossible de rester impassible.

Les dialogues regorgent de références au plat pays : interdiction de prononcer le mot « Tintin » sous peine de déclencher les "détecteurs de Moulinsart". Béjart est également de la danse, de même que Magritte, Folon ou Franco « Dragoné », quant au Gille de Binche, il faudrait peut-être lui mettre une nominette pour le reconnaître.

Festival de l’absurde, Zaventem contient d’innombrables allusions irrésistiblement drôles, une pièce de haut vol, en business class, dont les seules secousses sont provoquées par le rire. N’hésitez pas à faire le voyage et attention à l’overbooking !