Love and money

Charleroi | Théâtre | L’Ancre

Dates
Du 15 au 18 mai 2018
Horaires
Tableau des horaires
L'Ancre
r. de Montigny, 122 6000 Charleroi
Contact
http://www.ancre.be
info@ancre.be
071-31.40.79

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Love and money

David, délégué commercial, entame une correspondance avec sa nouvelle collègue Sandrine. Petit à petit, ils apprennent à se connaître. Lorsqu’elle découvre qu’il est veuf, elle insiste pour en savoir plus : qu’est-il arrivé à son épouse ? Ses aveux, bien que sincères, sont déroutants. Croulants sous les dettes, il l’a aidée à se suicider pour s’en sortir financièrement ! En sept tableaux, partagés entre l’incompréhension et l’empathie, on découvre l’histoire de ce couple pris dans la spirale du surendettement. Une création interpellante qui sonde l’être humain et dévoile ainsi son ambiguïté, tiraillé entre ses faiblesses, ses doutes et ses rêves !

Infos pratiques
20h30 (mercredi 19h00)
à L’Ancre
Atelier jeu d’acteur 12 et 19 mai 
Moment rencontre 17 mai

Tarifs
plein 14€
réduit 11€
abo 9€
groupes 7/11€ 

Texte Dennis Kelly I Mise en scène Julien Rombaux I Assistanat artistique Alexis Garcia I Interprétation Cédric Coomans, Sarah Espour, Gwendoline Gauthier, Philippe Grand’henry, Sarah Lefèvre, Magali Pinglaut I Scénographie Estelle Rullier I Lumières Xavier Lauwers I Costumes Annabelle Locks I Médiation culturelle Samuel Limet I Coproduction Théâtre de Poche, L’ANCRE (Charleroi) et la Maison de la Culture de Tournai I Aide Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles-Service du Théâtre (CAPT). L’Arche éditeur est éditeur et agent théâtral du texte représenté. 

© Julien Rombaux

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13 Messages

  • Love & Money

    Le 10 avril à 20:37 par Marille

    À mon sens c’etait Bien, mis des personnes sont parties au milieu..
    je me suis pas ennuyée une seule seconde, peut-être des monologues un peu long, et des scènes qui font des promesses non tenues MAIS globalement très bien accroché, belle mise en emphase de notre fonctionnement d’humain

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  • Love & Money

    Le 11 avril à 00:18 par Mimi

    Cette pièce avec son humour noire et caustique nous fait découvrir en sept tableaux des personnages en quête de sens, déshumanisé par le pouvoir de l’argent, s’endettant au maximum pour assouvir leur soif de consommation ou étant prêt à commettre l’irréparable. Très bien joué par des acteurs ayant chacun des styles de jeu très différent ce qui permet au public de ne pas s’ennuyer. Pour ma part l’introduction est un peu brutale et n’apporte rien à la pièce et aux jeux d’acteurs que l’on découvre par la suite.

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  • Love & Money

    Le 15 avril à 09:59 par mike_bel

    J’ai passé un agréable moment, un texte cru (parfois trop avec une tonne de putain, de merde et de putain de merde non nécessaires) qui interpelle, des jeux d’acteurs très juste, une mise en scène sobre mais efficace.

    Un bon cocktail qui me fait à nouveau plaisir au poche

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  • Love & Money

    Le 16 avril à 09:26 par Myriam

    Une bonne pièce qui invite chaque spectateur à la réflexion de par ces différentes scénettes. Les thématiques abordées sont nombreuses et nous mènent inconsciemment à nous questionner à travers le cheminement de nos propres vies (responsabilisation, but de l’existence, place du travail et de l’argent, relations affectives, familiales et amoureuses,...). Le tout accompagné d’un bon jeux d’acteur qui permet d’observer des dialogues percutants et dynamiques. Mise en scène intéressantes qui a su nous garder intrigués et éveillés. Une pièce vraie et authentique, comme la vie réelle.

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  • Love & Money

    Le 17 avril à 23:32 par Thibaut

    Excellente pièce, sobrement et efficacement mise en scène, proposant un texte brutal mais subtil servi par d’excellents acteurs ; on ne s’y ennuie pas une seconde.

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  • Love & Money

    Le 20 avril à 00:08 par afrg

    Pour la forme : les comédiens ont eu beaucoup de mal à entrer dans leurs personnages. Début très poussif. Pour le fond : on ne fait qu’enfoncer des portes ouvertes, asséner des évidences. Rien de bien révolutionnaire. Nous avons assez vite décroché, sans d’ailleurs être parvenus à d’abord accrocher... Un spectacle déjà oublié...

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  • Love & Money

    Le 20 avril à 12:30 par Aurelia

     :-O Euh comment dire euh...Je suis très paradoxale : spectatrice "facile" car je trouve toujours de l’intéressant en tout, même dans les pièces que je n’ai pas totalement aimées et très exigeante aussi car il en faut beaucoup pour m’étonner, soulever mon âme, me faire vibrer. Ou peu mais il faut tomber juste. Dans "Love & Money", ils ont réussi à capter mon attention du début à la fin (chose rare chez moi). Les comédiens sont excellentissimes, tellement justes, complices, précis, nuancés, il ont le sens du jeu et de l’écoute. Ils maîtrise un rythme diaboliquement méticuleux. Le sujet est plus qu’intéressant. Vous ne pouvez pas ressortir de cette pièce sans en prendre quelque chose, sans vous poser de questions, sans être un minimum ébranlés. On peut ne pas aimer mais je pense qu’il est impossible de ne pas en être touchés. Les pics de provocations ne sont pas écœurants et sont justifiés. Si je dois vraiment enculer les mouches, comme le dit un de mes cher metteur en scène ( ;-) ), je trouve que certains liens dans ces tranches de vies ne sont pas assez clairs mais on arrive quand même à reconstituer l’histoire après-coup. Je ne suis pas vite choquée par les injures - en étant une fervente partisane ^^ - mais il y avait un chouia trop de "putain" à tout bout-de-champ, je pense que l’intention était de toucher également les ados. Peut-être ou pas. Ceci dit, ces détails sont vraiment une goutte d’eau dans cet océan de Vie intense !!! De la chair, des tripes, de l’amour, des pulsions de vie, des états d’âme, face à ...des chiffres, des putain de chiffres. Je pense qu’il est grand temps de sortir de certaines absurdités que l’humain s’est créé de toute pièce, pour s’empêcher de voir l’Évidence commune, quelles que soient leurs (non) croyances. J’écris beaucoup, comme souvent, alors qu’à la fin de la pièce, scotchée à mon siège, j’avais juste envie de dire "...". Et quand on arrive à me faire fermer ma gueule, c’est que c’est vraiment fort. Mais que je suis vulgaire ! :-O Vous dire "courez-y" serait un euphémisme...Si vous n’y allez pas, vous raterez certainement quelque chose de euh... ... ...BAM, aussi éclatant que le Big Bang !!!

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  • Love & Money

    Le 26 avril à 10:38 par flo_fli

    Une pièce bouleversante.. Un texte magnifiquement bien écrit, des comédiens en étroite union et une mise en scène authentique.. Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas été touchée par une pièce de théâtre.. Merci love & money pour avoir réussit ce pari un peu fou !!

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  • Love & Money

    Le 30 avril à 08:15 par Aubeline

    Texte incroyablement bien écrit et interpellant. Mise en scène très intéressante avec de belles idées scénographiques. Les lumières de Xavier Lauwers éclaire bien le propos, les acteurs sont juste incroyables ! Un super bon moment qui fait réfléchir !

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Lundi 16 avril 2018, par Jean Campion

Un Monde sans boussole

Dans "Après la fin" (2005), Dennis Kelly nous fait assister aux affrontements violents entre Mark et Louise, deux rescapés d’une explosion nucléaire. Un duel impitoyable qui, en illustrant la dictature des forts, suscite un regard critique sur une société minée par le terrorisme et tentée par le repli sur soi. Créée en 2006, peu avant la crise des subprimes, "Love and money" s’appuie sur l’histoire tragique d’un couple, pour dénoncer les dérives du libéralisme triomphant. Un fossé infranchissable sépare amour et argent.

Echange d’e-mails entre David, délégué commercial et Sandrine, une nouvelle collègue, avec qui il a entamé une relation amoureuse. Celle-ci le pousse à lui parler de Jess, son ex-femme. D’abord réticent, David se livre à une confession déroutante sur ses réactions face à la tentative de suicide de Jess. A travers six séquences indépendantes mais complémentaires, comme les pièces d’un puzzle, l’auteur éclaire le drame de ce couple et démasque la tyrannie de la société de consommation. David aimait son métier de prof, mais il y renonce. Pour rembourser les dettes de sa femme, victime de son addiction au shopping, il lui faut un emploi plus lucratif. Val, une fille qui l’a aimé, envisage de l’embaucher, s’il se soumet aux lois du marché. Malgré les humiliations, David se laisse piéger par les illusions de l’ultra-libéralisme. Se relayant sur un rythme haletant, des agents de crédit décrivent clairement le processus du surendettement et semblent regretter la déshumanisation d’un monde "en phase de cynisme terminal". L’unique scène, qui met en présence Jess et David, consacre l’échec du couple. Témoin de l’assassinat d’un homme dans la rue, Jess est en état de choc. Au lieu de la réconforter, David, obsédé par ses achats compulsifs, la pourchasse de questions : elle n’est plus qu’une source de dettes.

L’auteur se contente de nous livrer quelques bribes de cette histoire d’amour fracassé, laissant de l’espace à l’imaginaire. A travers le comportement d’autres personnages, il confirme que notre société, gangrenée par l’argent-roi, est déboussolée. Les parents de Jess trouvent un exutoire à leur douleur dans la profanation. Très près de leurs sous, ils sont scandalisés par le luxe du mausolée voisin, qui fait de l’ombre à la tombe de leur fille. La destruction s’impose ! C’est à cause de ses convictions religieuses que Val s’est fait larguer par David. Maintenant son seul dieu est l’argent : "Je suis une photosynthétiseuse de fric." L’apparition d’électrons libres nous intrigue. Que signifient les échanges entre Duncan, un frimeur crevant de solitude et Debbie, une jeune iconoclaste, qui se venge de ses supérieurs par des tours machiavéliques ? Chacun, à sa façon, reflète la difficulté de vivre dans un monde, où l’obsession de l’argent fait vaciller toutes les valeurs morales.

"Parfois je me pose des questions et je me demande si les autres sont aussi perdus et se posent aussi des questions." Jess cherche sa place dans cet univers, où l’Avoir supplante l’Etre. Pour elle, "l’argent, c’est mort" et elle croit pouvoir combler le vide de son existence, par son mariage avec David. Mais elle se perd dans son addiction aux crédits à la consommation et se retrouve dans un hôpital psychiatrique. Son suicide libère David d’un poids. Un geste d’amour ?

Dennis Kelly affiche clairement ses intentions, tout en évitant le piège du théâtre didactique. Pas d’intrigue linéaire illustrant une thèse, mais des séquences aux styles différents, qui font fi de la chronologie. Ni bons ni mauvais, les personnages, piégés par une situation, peuvent basculer à leur insu dans la monstruosité. L’humour noir et les répliques cinglantes mettent en valeur leur honnêteté brutale et cruelle. Un bémol : certaines séquences gagneraient à être resserrées. Dans sa mise en scène, Julien Rombaux souligne la singularité de chaque tableau, en les trempant dans des atmosphères différentes. Pas de lieux précis ni d’accessoires révélateurs, mais un appel à l’imagination du spectateur. Un cadre flou qui ouvre la porte au karaoké du tube de Jo Dassin : "A toi". La "jolie" chanson d’amour fait grincer le drame de Kelly. Cet auteur a une écriture particulière. Parfois les mots se cherchent, les répliques s’entrechoquent ou les phrases ne s’achèvent pas. Le metteur en scène a poussé ses comédiens à exploiter efficacement les non-dits et à adopter un rythme trépidant. Grâce à leur vitalité, cette fable désabusée est un spectacle tonique et captivant.

Jean Campion

L’Ancre


r. de Montigny, 122
6000 Charleroi