Les poissons vert pâle

Fleurus | Théâtre | Ferme de Martinrou

Dates
Du 14 au 17 janvier 2020
Horaires
Tableau des horaires
Ferme de Martinrou
chée de Charleroi, 615 6220 Fleurus
Contact
http://www.martinrou.be
info@martinrou.be
+32 71 81 63 32

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Les poissons vert pâle

Mordre dans une tarte aux cerises et replonger instantanément au coeur de ses souvenirs d’enfance. C’est ainsi que Ricky redécouvre sans s’y attendre le temps de l’insouciance et le regard admiratif qu’il posait sur des parents pourtant pleins de failles et de contradictions. Impressions.
Sensations. Transmissions, aussi. La sévérité́ d’un père exigeant avec lui-même et avec les autres, soucieux que ses fils deviennent des « hommes ».
Jusqu’à ce banal repas dominical qui marquera Ricky et scellera à jamais la minuscule fracture avec ce père auquel il voudra ne jamais ressembler.
Les Poissons Vert Pâle est la version théâtrale d’une nouvelle de l’auteure américaine Kathrine Kressmann Taylor, à qui l’on doit le succès « Inconnu à cette adresse ». Son écriture ciselée et
délicate décrit avec finesse la force des rapports homme-femme et enfant-parents au sein d’une famille des années 1950.
Une pièce d’atmosphère qui nous remémore ces phrases ou gestes de notre enfance qui nous ont bouleversés et ont fait de nous les adultes que nous sommes. Parce que la vie de Ricky n’est peut-être pas si loin de la nôtre.
Deux musiciens de jazz évoluent aux côtés de trois comédiens. Un moment à la fois touchant et troublant.

Distribution

Texte de Kathrine Kressmann-Taylor
Adaptation : Valéry Bendjilali
Mise en scène : Patrice Mincke
Avec Valéry Bendjilali, Bénédicte Chabot et Benoît Verhaert
Musiciens : Antoine Marcel (trompette) et Nicholas Yates (contrebasse)
Assistanat à la mise en scène : Sandrine Bonjean

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4 Messages

  • les poissons vert pâle

    Le 30 septembre 2018 à 21:32 par dury olivier

    Dans une salle très sympa, au Blockry
    Superbe pièce traitant d’un sujet difficile avec un père, un mari qui écrase psychologiquement sa femme et son fils...
    Trois acteurs exceptionnels jouant à merveille.

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  • Les poissons vert pâle

    Le 11 octobre 2018 à 08:50 par L'artiste de Latour

    Mise en scène incroyable, accompagnée d’un duo de musiciens (contre basse et cuivre) et de trois acteurs qui offrent une prestation époustouflante. Un vrai bon moment théâtral !

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  • Les poissons vert pâle

    Le 11 octobre 2018 à 11:00 par Pauline V

    Trio d’acteurs efficace.s, avec 2 musiciens qui ne le sont pas moins, et une mise en scène qui l’est tout autant.
    On assiste en direct à des ’éclats’ d’enfance tantôt brisés, tantôt fusionnels.
    L’équilibre familial est un perpétuel déséquilibre que l’on veut.voudrait rétablir en se soumettant, en s’imposant, en s’oubliant pour finalement en perdre son fil rouge.
    Âmes sensibles, accrochez-vous ! Le jeu est si ’vrai’ qu’il pourrait vous.nous blesser, vous.nous entraîner dans les méandres de vos.nos mémoires de ’fond’... tout près ... des poissons vert pâle.

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Vendredi 12 octobre 2018, par Dominique-Hélène Lemaire

Genre bouchon de liège au fond de l’océan

« Les poissons vert pâle » est un spectacle absolument croquignolet comme se plaît à dire le Routard alors que l’on sait déjà qu’il va décrire les pires affres de la vie familiale… Envoyez musique et paroles ! L’écriture théâtrale de Valéry Bendjilali, riche, enlevée, joyeuse et intense se greffe sur la nouvelle éponyme de Katherine Kreszmann Taylor qui fait partie de son opus « Ainsi mentent les hommes » (1953). On connait surtout cette auteure américaine, première femme nommée professeur titulaire à L’université de Gettysburg (Pennsylvanie) par son premier roman : « Inconnu à cette adresse » (1938), un récit de portée universelle.

Il s’agit d’une famille très ordinaire. L’envoi est donné le jour des funérailles de la mère du narrateur (un exquis Valéry Bendjilali), lorsqu’il met en pratique une expérience proustienne, où le goût acidulé d’une tarte aux cerises réveille tout à coup dans le cœur de l’adulte de quarante ans, une foule de souvenirs familiaux enfouis dans sa mémoire émotionnelle. Ces souvenirs éclatent comme des bulles de réminiscences douces-amères, au fil de la remémoration de la jeunesse révolue et des occasions d’aimer évanouies dans le fleuve de la vie. Le spectateur est franchement ébloui par l’immense justesse des perceptions, la grande pudeur des propos rassemblés dans une histoire sans doute filtrée à travers le prisme d’une certaine idéalisation du passé. Boris Cyrulnik n’a pas tort quand il dit que l’on finit par caraméliser le passé pour en contenir et exorciser les souffrances. Cette écriture engage le spectateur à réfléchir à la beauté véritable du pardon, à la vertu de la communication, à l’observation bienveillante du monde. Des vertus en fait instillée par sa mère adorée… une source inépuisable d’amour.

La mise en scène perfectionniste de Patrice Mincke (Le Noël de Monsieur Scrooge, L’Avare, Le portrait de Dorian Gray pour n’en citer que trois) fait évoluer deux merveilleux musiciens de jazz ( Nicholas Yates et Antoine Marcel) aux côtés des trois comédiens : Valéry Bendjilali, Bénédicte Chabot, Benoît Verhaert pour en faire un quintet d’une belle complicité qui cisèle les sentiments avec délicatesse pour aboutir à un bijou de théâtre intimiste et raffiné dont le rire est loin d’être absent, malgré la violence de toutes ces blessures familiales perpétrées souvent inconsciemment.

Bénédicte Chabot interprète le tendre personnage de la mère qui porte en elle la lumière et le charme discret des reflets nacrés de la perle, liés à une féminité et une humilité souriante et apaisante d’une autre époque. Avec ses robes signées National Geographic années 50, elle fait preuve de douceur angélique et d’indulgence face à Charles, commis voyageur, admirablement joué par Benoit Verhaert. C’est un être violent, insatisfait, durci par les déceptions de la vie, un mari bourru, occupé uniquement de lui-même, ancré dans ses urgences et ses visées matérielles, injuste dans ses relations avec ses deux fils Gordon et Ricky - qu’il s’évertue à appeler Dick par mépris - et qu’il se plaît à mettre sans cesse en compétition, semant allègrement autour de lui les graines de l’envie et de la jalousie. Le héros de l’histoire - ah ! la quête de reconnaissance et de fierté paternelle - fuira le milieu devenu toxique, malgré la douleur qu’il inflige à la personne au monde qu’il aime le plus à cet âge juvénile… Nombre de problèmes familiaux ne se rapportent-ils pas au besoin d’être reconnu, d’être aimé ? Il est sûr que cela vaut pour tout le monde dans cette famille ! Why don’t they ?

Ainsi valsent au gré de l’histoire, les sous-entendus, les petites phrases assassines, les non-dits, les charges émotionnelles, les explosions de colère, les silences révélateurs, et finalement, la fuite salvatrice, la culpabilité. Chacun peut repérer dans le miroir de la représentation telle ou telle bribe de vérité qui percute notre histoire personnelle. L’empathie du public s’installe tellement fortement au cours du spectacle, L’onde de transmission est tellement puissante, l’imaginaire est tellement bien sollicité par la conjonction des tableaux et de la musique, que l’on en vient à faire émerger en soi, des choses que la mise en scène n’y avait sans doute pas mises intentionnellement ! C’est dire la richesse et la magie de la mise en œuvre du très poétique texte original.
Et finalement, cette constatation heureuse et universelle que oui, la beauté peut nous sauver… Y compris la beauté de l’écriture du jeune Valéry Bendjilali.

Dominique-Hélène Lemaire

Les poissons vert pâle

Ferme de Martinrou


chée de Charleroi, 615
6220 Fleurus