Vendredi 4 mars 2011, par Catherine Sokolowski

Les gens, l’art et l’argent

Bientôt producteur et co-producteur, Bob et Charles se réjouissent du succès de leur prochain film. Le projet sera définitivement signé le lendemain lors d’une entrevue avec le patron du studio, Richard Ross. Ce serait sans compter l’intervention d’une jeune et belle intérimaire, Karen, chargée de rédiger une note de lecture. Une histoire assez convenue, un scénario sans grosse surprise, un tiraillement entre l’appât du gain et la rédemption.

Décors en jaune et noir : nous sommes à Hollywood. Dans le bureau de Bob, l’atmosphère est à la détente. Il va enfin produire un film commercial de grande envergure qui devrait rapporter un « énorme paquet de tunes ». Ce film représente l’apogée de onze années de travail commun avec son comparse et futur co-producteur, Charles Fox.

En l’absence de la secrétaire, la charmante Karen, dont la robe courte et moulante contraste avec une apparente naïveté, apporte le café. Bob, producteur qui « prend son café comme il fait ses films, avec rien dedans » va alors se laisser manipuler par cette jeune femme décidée. Au lendemain d’une soirée mouvementée, le contenu du film est remis en question. Le choix entre le scénario initial se déroulant dans l’univers carcéral et un récit très sombre, sur les radiations, la peur et la fin du monde, devient cornélien.

La mise en scène classique et la trame prévisible ne nous ont pas entièrement convaincus. La pièce prend seulement son essor dans la dernière partie du spectacle. A l’issue d’une joute verbale intéressante, la situation bascule de manière inattendue. L’analyse psychologique des personnages est cependant assez intéressante. Derrière les hésitations de Bob : « j’ai voulu faire le bien, de quoi j’me mêle ? », on peut déceler les remises en cause existentielles de tout un chacun, Charles est lucide et intelligent, même s’il aime l’argent, il comprend le cheminement de pensées de son ami. Quant à Karen, nous vous laissons le plaisir de la découvrir…