Le bousier

Charleroi | Théâtre | L’Ancre

Dates
Du 18 au 21 février 2020
Horaires
Tableau des horaires
Théâtre de l'Ancre
122 rue de Montigny, 6000 Charleroi | TEL : 071 314 079 | info@ancre.be
Contact

Moyenne des spectateurs

starstar-offstar-offstar-offstar-off

Nombre de votes: 1

Le bousier

Entre métaphore absurde et conte fantastique, Le Bousier nous fait vivre les derniers jours d’une humanité qui pourrait être la nôtre. L’effondrement a eu lieu, l’avenir est vacillant, mais une métamorphose vers un renouveau se fait jour…

Trois fossoyeurs enterrent des cadavres. Ensemble, ils s’interrogent et se souviennent d’un passé lointain mais familier. Autour d’eux, un bousier promène sa boulette d’excréments. Fascinés et amusés par ce scarabée, ils décident de l’adopter. Mais l’un d’eux l’écrabouille. Catastrophe ? Fidèle à l’adage « rien ne se perd, tout se transforme », cet incident sera le déclencheur d’une mystérieuse mutation, une nouvelle alliance entre l’homme et l’animal. Mêlant jeu d’acteur et marionnettes, Le Bousier interroge notre exploitation à outrance de l’environnement et laisse entrevoir une possible transformation. De quoi (r)éveiller les consciences ?

Distribution

Création Collectif Animals I Mise en scène Sébastien Chollet I Interprétation Cyril Briant, Laurent Caron, Coralie Vanderlinden I Écriture & dramaturgie Thomas Depryck I Scénographie Cécile Balate I Création marionnettes Loïc Nebreda I Création lumière Laurence Halloy I Création sonore Eric Ronsse et Pierre Jacqmin I Assistanat général Lucie Yerlès I Régie générale Mathieu Bastyns I Chorégraphie, oeil extérieur Nicole Mossoux I Costumes Annabelle Locks. Production L’ANCRE – Théâtre Royal I Coproduction Théâtre Varia, La Coop asbl I Aide Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles - Service du Théâtre I Soutien Compagnie Point Zéro et Compagnie3637, Shelterprod, Taxshelter.be, ING et Tax-Shelter du gouvernement fédéral belge, Centre culturel de Genappe.

Laissez nous un avis !

1 Message

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
    Se connecter
Votre message

Vendredi 14 février 2020, par Didier Béclard

Changer sa relation au monde

Entre métaphore absurde et conte fantastique, « Le Bousier » nous plonge dans les derniers jours d’une humanité qui pourrait être la nôtre. L’avenir vacille mais n’est pas (totalement) désespéré.

Une douzaine de cadavres enveloppés dans des couvertures jonchent le sol sur lequel sont alignés des pelles et des casques. La terre est ravagée par une catastrophe aux origines inconnues. Les animaux et les plantes disparaissent, quelques humains survivent. Pas de bol, les trois que nous voyons ici sont des fossoyeurs. Sommes-nous le lendemain ou la veille de la fin du monde ?

Insecte coléoptère coprophage, la bousier naît dans les excréments, y vit, y pond et les mange. Il doit son nom à son mode de vie dans les prés proche du bétail. Il glane bouse et crottins dont il fait une grosse boule, qu’il fait rouler pour l’emmener avec lui jusqu’à son terrier. Fascinés et amusés par l’animal qui se promène près d’eux, es fossoyeurs adoptent ce scarabée chargé de sacré et de mythologie. Mais l’un d’eux, distrait, écrase le coléoptère pourtant porteur d’espoir puisqu’il vit, survit, dans la merde.

Après un long et lent effondrement d’un monde qui a surexploité les ressources de la planète, il est évident qu’il faut inventer de nouvelles choses. Un avenir peut naître des alliances possibles entre l’humanité et le reste de la nature. Le bousier montre à sa manière que rien ne se perd, tout se transforme. L’incident va déclencher une mystérieuse mutation.

« Le Bousier » est la toute première création du Collectif Animals composé de Coralie Vanderlinden, Cyril Briant et Laurent Caron. Le texte de Thomas Depryck est mis en scène par Sebastien Chollet tandis que la chorégraphe Nicole Mossoux prête son regard et l’accompagnement artistique dans l’élaboration de matières gestuelles.

Fable fantastico-écologique, la pièce fait appel à différents outils artistiques visuels, sonores, verbal, corporel ainsi qu’à des marionnettes à hauteur d’homme. On y trouve des accents de Shakespeare (la scène des fossoyeurs qui s’interrogent sur la destinée des corps humains dans « Hamlet », Kafka (la métamorphose) ou encore Beckett pour son sens de l’absurde et son pessimisme face à la condition humaine. Objet chatoyant, notamment par le travail sur le son et la lumière, « Le Bousier » s’avère un peu léger au final, même si cette « première œuvre » dégage beaucoup de fraîcheur.

Didier Béclard

L’Ancre