Mardi 22 mars 2011, par Catherine Sokolowski

La dernière séance

C’est dans le cadre intimiste de la petite salle du Théâtre des Martyrs que nous retrouvons un homme et une femme, pour un moment unique, une nuit hors du temps, après un divorce prononcé l’après-midi et quelques années de séparation. Les spectateurs, assis de part et d’autre d’un hall d’hôtel, sont les témoins discrets de cette rencontre. Malgré un texte poignant et la proximité immédiate des acteurs, une distance s’installe. Sobriété extrême du décor, position très statique de la femme, espoirs dérisoires de l’homme, l’empathie ressentie est limitée.

Merveilleux dialogue intemporel de Marguerite Duras, réflexion intense sur l’échec d’une vie commune malgré un amour bien présent, cette rencontre se déroule intégralement dans un hall d’hôtel. Il faut le deviner, les seuls décors sont une fenêtre et un cendrier. Mais cette absence d’artifices nous permet de nous concentrer sur le jeu des acteurs, Anne Martinet et Philippe Morand, mis en scène par Philippe Sireuil. Elle, distante, froide et résignée, regarde par la fenêtre. Lui, demandeur et inquisiteur, voudrait la convaincre qu’une nouvelle vie commune est possible.

Un message se dégage. Il semble que l’histoire ne se répètera plus jamais avec la même intensité. Est-ce cela qu’ils ont perdu ? Est-ce cela qu’il veut retrouver ? L’idée est peut-être de revivre cet amour le temps d’une nuit aux travers d’échanges que l’on sait être les derniers.
Rythme lent, passion éteinte, odeur de cigare, il n’est pas évident d’entrer dans l’histoire de ce couple qui semble déjà appartenir au passé.