La Bonne parole du Curé Meslier ( + 2 conférences par un spécialiste )

Saint-Gilles | Théâtre | Poème 2

Dates
Du 17 mars au 3 avril 2016
Horaires
Tableau des horaires
Poème 2
rue d'Ecosse, 30 1060 Saint-Gilles
Contact
http://www.theatrepoeme.be
reservation@theatrepoeme.be
02-538.63.58

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La Bonne parole du Curé Meslier ( + 2 conférences par un spécialiste )

« Au nom… de la matière. Ce que nous sommes, ce qu’il reste, quand on n’est plus. »

Le curé Jean Meslier (1664-1729) sort de l’ombre. Il apparaît comme un penseur politique et philosophique de tout premier plan.
À l’aube du Siècle des Lumières, ce petit curé de village (celui d’Étrépigny dans les Ardennes françaises) laissait à sa mort voguer à la destinée un volumineux Mémoire manuscrit de ses ’ pensées et sentiments ’.
C’était une bombe ! Elle éclate enfin aujourd’hui.
Car son Mémoire constitue, à l’époque, la critique la plus complète des incohérences, des abracadabrances bibliques, évangéliques et monothéistes. C’Est aussi la première théorie de l’athéisme, du matérialisme philosophique, et la seule œuvre française avant la Révolution à proposer un projet et un programme concret de libération des masses.

Meslier, l’humaniste, comprenait le peuple quand il lui glissait à l’oreille que ’ tous les grands de la terre et que tous les nobles fussent pendus et étranglés avec des boyaux de prêtres. ’

Pour lui, abattre la féodalité et l’absolutisme royal passait par renier l’Église qui les soutient et les bénit. Pour cela, il fallait démystifier les religions, annihiler le dieu des hommes...

Unissez-vous donc, peuples, si vous êtes sages !
Toutes les religions ne sont que des inventions humaines.
La matière ne peut avoir été créée. Elle a d’elle-même son être et son mouvement.
Il n’y a point de Dieu.
Tel est son message, en avance sur son temps. Toujours d’actualité – voire en avance sur notre temps !
Dans une langue à la fois modernisée et d’une grande fidélité au texte de Meslier, Jean-François Jacobs laisse ici exploser la " bonne parole " de ce curé détonant, dans le corps et la voix duquel se fond – et se confond – Alexandre von Sivers.

Serge Deruette (professeur d’Histoire des idées à l’UMONS) proposera une présentation de Jean Meslier, ce penseur étonnant, détonnant et détonant. La conférence aura lieu le 20 mars ainsi que le 3 avril, avant chaque représentation de la pièce « la Bonne Parole du Curé Meslier. »

Du 17 mars 2016 au 3 avril 2016
Les jeudi, vendredi et samedi à 20h et les dimanche à 16h

D’après le Mémoire de Jean Meslier
Adaptation et mise scène : Jean-François Jacobs
Avec Alexandre von Sivers
Composition et musique (en direct) : Gilles Masson
Scénographie et costume : Ronald Beurms
Relecture philosophique et historique : Serge Deruette (spécialiste académique du philosophe Jean Meslier)

Distribution

Jean-François Jacobs (Adaptation et mise scène) ; Alexandre von Sivers (Adaptation et mise en scène) ; Gilles Masson (Composition et musique (en direct) ) ; Ronald Beurms (Scénographie et costumes) ; Serge Deruette (Relecture Philosophique et Historique - Spécialiste académique du philosophe Jean Meslier)

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Mardi 22 mars 2016, par Jean Campion

Curé le jour, athée la nuit

Dans son "Traité d’Athéologie", Michel Onfray considère que le premier athée "radical, franc du collier, avéré" est l’abbé Jean Meslier (1664-1729), curé d’Etrépigny (dans les Ardennes françaises). "Pour la première fois dans l’histoire des idées, un philosophe - quand en conviendra-t-on - consacre un ouvrage à la question de l’athéisme". S’il l’avait diffusé de son vivant, ce "Mémoire" aurait condamné Jean Meslier à la misère, à l’exil ou au bûcher. En 1776, le chevalier de La Barre a été supplicié, décapité et brûlé, pour bien moins que cela ! Aussi, pendant quarante ans, ce curé de campagne s’est dévoué à sa paroisse, en prêchant le contraire de sa pensée. Et la nuit, il rédigeait ce testament explosif, destiné aux damnés de la terre. Dédoublement indispensable, pour mener à bien son entreprise. En l’incarnant, Alexandre von Sivers nous offre l’image d’un intellectuel honnête et d’un ardent défenseur des opprimés.

"Entrez dans la paix du Seigneur". Avec bienveillance, le prêtre accueille ses "paroissiens". Puis conteste ironiquement les reproches de son bien-aimé archevêque. Un plaidoyer ponctué par une prière insolente, en faveur du rapace seigneur d’Etrépigny. Ce pied de nez l’oblige à rejoindre le séminaire de Reims. Un mois de pénitence pour réapprendre à se taire ! Treize ans plus tard, au seuil de la mort, l’abbé fait le point. Il n’a pas écrit ce volumineux "Mémoire" par vengeance ou par intérêt. C’est son penchant naturel pour la justice qui l’a obligé à démystifier les religions, "des inventions humaines, qui ont été échafaudées par des rusés politiques, puis multipliées par des imposteurs, ensuite reçues aveuglément par des ignorants, et puis enfin maintenues et autorisées par les lois des grands de la terre." Peu importe que, scandalisée par cet ouvrage posthume, l’Eglise le maudisse et s’acharne sur son cadavre.

Première cible visée : les révélations divines. Moïse, législateur des juifs, reçoit les commandements d’un dieu caché dans un buisson. Jésus est l’envoyé de son père et c’est un ange qui inspire les sourates à Mahomet. Des transmissions invraisemblables dont Meslier se moque, en racontant comment Psaphon est devenu un grand dieu. Il s’attaque ensuite aux miracles, qui fortifient la foi des christicoles : le monothéisme est loin d’en avoir l’exclusivité ! Avec des arguments clairs et convaincants, il dénonce la fausseté des injonctions et prophéties bibliques, le casse-tête de la sainte Trinité, la concurrence des évangiles, l’immortalité de l’âme et la croyance aveugle des déicoles. L’Eglise catholique est gravement coupable. Elle condamne les plaisirs naturels de la chair, glorifie la souffrance, incite les démunis à la résignation et bénit la tyrannie des puissants.

Tout en modernisant la langue, Jean-François Jacobs s’est appuyé sur d’authentiques extraits du "Mémoire", pour faire entendre la "bonne parole". Sa mise en scène dynamise le monologue. L’éclairage permet de passer souplement de l’église à la cure et Jean Meslier s’adresse tour à tour aux paroissiens, à lui-même, au public ou à une personne qu’il prend à partie. Le spectacle ne tourne jamais au cours de philosophie. Par la justesse de son interprétation, Alexandre von Sivers fait émerger la pertinence et l’altruisme de ce curé, qui peut enfin libérer son indignation. Cet homme déterminé impressionne par la rigueur de ses critiques, nous émeut en dévoilant son amour pour Madeleine, sa bonne, et se laisse emporter par son exaltation. Ce testament, qu’il s’est échiné à recopier, en se crevant les yeux, débouche sur un appel à la révolution.

Le "Mémoire" n’a eu guère d’écho, mais reste d’une brûlante actualité. La croissance constante des inégalités sociales fait gronder les peuples. Au nom de la religion, on impose l’obscurantisme, on nourrit des guerres, on justifie le retour à la barbarie. Le cancer du terrorisme se propage. Il faut espérer que des hommes courageux prennent le relais de Jean Meslier, pour lutter contre l’oppression et "maintenir la justice et l’équité partout".

Jean Campion

La Bonne parole du Curé Meslier

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