Callas, il était une voix

Louvain-La-Neuve | Théâtre | Atelier Théâtre Jean Vilar

Dates
Du 22 au 26 octobre 2018
Horaires
Tableau des horaires
Théâtre Blocry
Place de l'Hocaille 6, 1348 Louvain-la-Neuve
Contact
http://www.atjv.be
info@atjv.be
0800-25.325

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Callas, il était une voix

En cet après-midi de 1977, François Grenier – journaliste pour la radio – est sur le point de partir en vacances. Mais une actualité brûlante va le retenir : Maria Callas est décédée. Chargé par sa direction de réaliser une émission spéciale pour le lendemain, François plonge dans la documentation. Jusqu’à ce qu’une mystérieuse figure féminine fasse son apparition…

Sur le ton de la confidence, nos deux protagonistes incarnent les moments clés de la vie de la diva, révélant un parcours d’artiste et de femme jalonné de surprises.
Créée en septembre 2017 au Théâtre Blocry, et couronnée de succès, la pièce revient pour quelques dates à Louvain-la-Neuve avant une tournée en Belgique.

Distribution

Auteur Jean-François Viot-Dramaturgie Catherine L’Hoost, Patrick Brüll-Mise en scène Patrick Brüll-Avec Alain Eloy, Anne Renouprez-Lumières Laurent Kaye-Son Eric Degauquier-Coiffures et maquillages Sara Oul

Une production de l’Atelier Théâtre Jean Vilar et de DC&J Création. Avec le soutien du Tax Shelter du Gouvernement fédéral belge et de la Province du Brabant wallon.

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Samedi 27 octobre 2018, par Palmina Di Meo

De la voix

1977 - François Grenier, chroniqueur pour France Inter a bouclé ses valises. Ses clefs en main, il est sur le point de partir en vacances avec sa famille quand le téléphone sonne...
Maria Callas vient de mourir à 40 ans, seule dans son appartement parisien. Pas de journaliste disponible... Il est désigné d’office pour réaliser une édition spéciale, lui qui n’aime que le jazz et ne connait Maria Callas que par la presse à sensation. Résigné, il passera la nuit à plancher sur la montagne de documents consacrés à la diva.

Entre somnolence et rêve éveillé, elle se matérialise sous ses yeux. Une complicité s’installe, Maria a passé son enfance à New York, apprenant les chansons de jazz à la mode des années ’30 grâce au petit poste de radio que son père lui avait offert.
Ensemble, ils vont revivre les épisodes pivots dans la vie de la soprano à la manière d’une tragédie grecque en 5 actes. Du départ de la Grèce de ses parents jusqu’à la mort de Aristote Onassis bientôt suivie par celles de Pasolini et Visconti, c’est la femme que François Grenier va apprécier, fragile, passionnelle, intransigeante avec elle-même.
Sa relation conflictuelle avec sa mère, la séparation d’avec un père qu’elle chérissait, son entrée au Conservatoire à 15 ans, un physique ingrat et une grande solitude vont former un caractère d’acier, infatigable dans la recherche de la perfection.

La mise en scène de Patrick Brüll, sobre et essentielle, reflète un texte et un jeu d’un naturel désarmant révélant une Callas qui n’avait rien de narcissique, qui aimait l’art pour l’art et l’amour plus que l’art. Naïve parfois, insatisfaite souvent, Maria qui rêvait d’une vie tranquille et aspirait à fonder une famille sera rattrapée par sa notoriété et par la servitude de la gloire. Peu à peu, la star et le biographe se confient l’un à l’autre et c’est une leçon de vie qui se dégage de ces confidences spontanées.

Anne Renouprez, soprano et comédienne, recrée le rêve par sa ressemblance physique avec « La Divine » et par son interprétation touchante des débuts chaotiques de la célèbre chanteuse. Alain Eloy donne vie à tous les protagonistes du destin de Maria Callas dans le puzzle vivant qu’ils se plaisent à jouer.

Un spectacle à savourer comme ces intermèdes généreux que la vie nous offre de temps à autre.

Palmina Di Meo

Jeudi 5 octobre 2017, par Yuri Didion

Un tragique destin

Le titre est accrocheur et sonne comme une promesse rare : un spectacle où théâtre et musique se mêlent pour raconter une figure iconique des arts lyriques qu’elle a d’ailleurs participé à moderniser. Malheureusement, la sauce ne prend pas : texte légèrement discursif, conventions peu perceptibles, jeu en registres différents, et scénographie musicale étrange font de "Callas, il était une voix" une pièce quelque peu décevante.

Le texte présente un journaliste retenu malgré lui pour un reportage-éclair sur celle qu’on surnomme "la Divina" qui vient de mourir. Amateur de jazz, il doit donc s’atteler à présenter une artiste qu’il ne connaissait absolument pas. Alors qu’il plonge en recherches sur la célèbre cantatrice, cette dernière apparaît. Tout au long de l’unique nuit qui constitue la temporalité de la pièce, elle se présente, se raconte, s’explique. C’est donc un long discours où la Callas s’autobiographie, et où son partenaire incarne tour à tour les différents personnages qu’elle croise et qui la font avancer. Malgré ces intermèdes joué, la grosse majorité du texte est tout à fait discursive et donc pas des plus vivante.

La mise en scène suit cette proposition d’une alternance de scènes racontées et de scènes plus jouées, mais manque de cohérence. Les codes sont peu accessibles, certaines conventions changent en cours de spectacle, brouillant la perception et la compréhension.

Cela est mis en évidence dans la direction d’acteurs : le comédien est dans un registre burlesque, limite boulevard, tandis que la cantatrice, beaucoup plus retenue, se situe dans un jeu plus intime. Est-ce pour mettre celle qui incarne la Callas en évidence ? Difficile à dire, vu que rien n’est expliqué par rapport à cette apparition : fantôme, rêve ou allégorie des recherches menées par le journaliste ? Chaque piste est amorcée, mais aucun choix n’est assumé. Cela se poursuit au long de la pièce : certaines indications (cris, pics émotionnels) semblent appliquées tant ils surprennent et rompent avec l’ensemble du reste.

La scénographie musicale surprend également. Composée de son sourd, elle rythme et marque les effets dramatiques, allant à l’encontre du travail des comédiens. Là aussi, manque de cohérence : on passe de l’extradiégétique (musique hors scène, que les comédiens ne sont pas censé entendre) à l’intradiégétique (musique dans la scène, avec laquelle les comédiens joue) sans le signifier, de passages chanté par la comédienne-cantatrice à des bandes son avec la voix de la diva, de musique scénographique pour représenter l’époque à une musique plus "abstraite" pour habiller le silence.

La grande force du spectacle réside dans la création lumière, d’une grande douceur et tout à fait évidente. Les passages d’ambiance sont souples, agréablement discrets, et chacune des ambiances indique clairement le ton de la scène : moment émotion, intime ou narration.

"Callas, il était une voix" est donc un spectacle prometteur, au thème intéressant, mais qui se perd un peu par trop d’idées et de pistes essayées qui noient le spectateur dans un trop plein d’informations et de conventions différentes.

CALLAS

Atelier Théâtre Jean Vilar