Jeudi 19 novembre 2009, par Xavier Campion

Adolescence = désespérance ?

Beaucoup de rythme d’entrée de jeu pour « Mort si j’veux », spectacle mettant en scène de jeunes acteurs dynamiques au théâtre de Poche. Cocktail détonant d’ingrédients attribués aux adolescents, alcoolisme, violence, omniprésence d’internet, confrontation au désengagement parental, automutilation, le nombre de thèmes abordés ne laisse pas toujours une place suffisante à leur analyse.

Dès le départ, Dylan et Juliette voient leur vie bouleversée par une situation qui les dépasse. Goutte d’eau qui fait déborder le vase, soutenus et entraînés par leurs amies Erika et Jasmine, ils décident de partir à l’aventure.

Les jeunes gens ayant établi un campement de fortune, l’on tente de nous dépeindre tous les maux de la jeunesse actuelle. Cet inventaire est sombre, servi par des acteurs très convaincus, dans un jeu parfois au bord de la caricature, agrémenté de quelques séquences filmées.

De temps en temps, les protagonistes changent de rôle, échangeant quelques instants leur costume d’adolescent au profit de celui d’adulte. Parfois, les acteurs passent derrière l’écran, marionnettes vivantes légèrement décalées. Beaucoup de mouvements, une mise en scène énergique qui contraste avec le décor statique.

Les deux premiers tiers du spectacle, tout en passant en revue les éléments du mal-être de la jeunesse actuelle, fournissent les indices qui permettront de comprendre la dernière partie.

S’il est une pièce que l’on peut juger sur son dernier tiers, cela pourrait être celle-ci. Alors que jusque-là, il nous a paru difficile d’éprouver de réels sentiments pour les quatre aventuriers, un mélange de compassion, de compréhension et d’indignation se manifeste au dénouement.

Beaucoup d’éléments abordés, beaucoup de questions posées, une vue très sombre sur l’époque contemporaine, pas de réels coupables ni de réelles victimes, mais une fin qui peut somme toute être perçue comme un léger espoir.

Une pièce intéressante donc, même si la violence semble parfois exagérée, si la richesse du scénario n’apparaît qu’en apothéose et si l’on aurait apprécié l’approfondissement de certains sujets.