On sait de Jacques De Decker qu’il est un formidable passeur de sa passion des livres.
Edmond Morrel lui rend visite régulièrement pour enregistrer les appréciations qu’il porte sur les derniers livres qu’il a lus ou relus.
Ces improvisations nous conduisent dans une bibliothèque passionnante.
"Il y a des livres devant lesquels, faute de temps, d’espace et surtout de recul, le chroniqueur se trouve réduit à une seule forme de commentaire : l’effet d’annonce. L’évènement est tel que l’essentiel est d’instiguer le public à y aller voir lui-même toutes affaires cessantes, parce qu’on se trouve devant un ouvrage qui provoque un avant et un après sa parution."
"Le plus récent pamphlet contre l’union européenne est dû à un des intellectuels allemands les plus éclairés et les plus influents, Hans Magnus Enzensberger. S’il ne jouit pas de la notoriété d’un Grass ou d’un Siegfried Lenz, par exemple, c’est que son œuvre ne répond aux canons de la littérature de large circulation. Il mélange les genres comme en se jouant..."
"Philip Roth, le grand old man du roman américain, a encore frappé ou plutôt , s’est encore frappé lui-même. Car en fait de bourreau de sa personne, il en connaît un brin. Non content d’être le fustigateur de sa propre société, l’étatsunienne, de sa propre obédience, à laquelle il n’est que fort peu soumis, au point d’avoir été traité, pour son livre « La contrevie », de Juif antisémite, il s’en prend désormais le plus volontiers à l’un ou l’autre de ses doubles."
"La méfiance n’est pas toujours bonne conseillère : elle a retardé de presque six mois la lecture du livre "Premier bilan après l’apocalypse", et empêché de découvrir l’un des meilleurs essais littéraires contemporains."
"On ne l’a encore vue ou entendue dans aucune émission ou publication en Europe, et pourtant Marie Laberge est l’une des romancières francophones à avoir le plus touché de lecteurs de ce côté de l’Atlantique, alors qu’elle vit à Montréal."...
"C’est un petit livre de quelque 150 pages, une promenade parmi les géants de la philosophie qui ne tombe ni dans le piège de la périphrase obscurantiste ni dans la réduction jivaresque qui ramène Kant à sa promenade quotidienne..."
"Consistant pour le principal à poser et à se poser des questions, la philosophie ne peut s’exclure elle-même de son champ d’interrogations. Et l’une des premières est celle de l’utilité. Surtout de nos jours, obsédés que nous sommes par l’idée du rendement, du retour sur investissement. "
"Il y a plus de cinquante ans que Philippe Sollers hante les lettres françaises. Cinquante-trois ans très précisément, puis qu’en novembre 1958 « Une curieuse solitude », faisait s’extasier avec un curieux ensemble François Mauriac et Louis Aragon, deux papes littéraires situés, on l’admettra, à une respectable distance l’un de l’autre."
"Internet a sonné le glas du marivaudage, en a du moins déplacé les codes. Plus de lentes, patientes, tactiques méthodes d’approche entre les sexes. La proposition se fait avec d’autant moins de vergogne qu’elle s’effectue dans l’anonymat." ...
Pour évoquer Hubert Nyssen, Vladimir Vladimir Dimitrijević et Maurice Nadeau, Jacques De Decker débute sa Marge ainsi : "Les héros de l’ombre, dans le monde des livres, ce sont qui, nommément ou implicitement, les signent en bas de la couverture, à savoir les éditeurs. On les traite comme des marques, on ne se rend pas assez compte que ce sont des hommes, parfois des femmes, et que toute la vie littéraire dépend d’eux."...
"Les voies de la postérité sont impénétrables. Voici un auteur qui fut l’un des plus vénérés de son temps, et à propos duquel, aujourd’hui, il n’y a pas à proprement parler une conspiration du silence – cela supposerait encore une forme d’hostilité qui adopterait la tactique de l’ignorance convenue -, mais comme un étrange embarras..."
"...La force de Carrère, c’est que ses livres se ressemblent là où il faut et se distinguent là où il vaut mieux. Ils ne se répètent jamais, parce qu’ils explorent chacun des zones qui ne se recouvrent pas. "
On ne dira jamais la dette que l’on doit aux premiers qui nous ont invités à la lecture, à cette opération magique de formulation du réel pour mieux l’élucider.
Hergé est entré cette semaine dans une nouvelle ère de sa gloire. Le relais pris par Spielberg et Jackson, deux des meilleurs cinéastes au monde, pour le faire exister au cinéma au niveau artistique que son génie demandait va lui conférer, et avant tout à son personnage, un statut véritablement mythique.
"Il faut se rendre à l’évidence : le plus grand écrivain belge de l’heure est flamand. Il s’appelle – est-il encore utile de le préciser ?- Tom Lanoye. Et il doit ce titre à la plus évidente des qualités : il a un talent fou, et tout pour être tenu un jour pour un géant des lettres. " (Cette marge de Jacques De Decker a été enregistrée le 11 octobre 2011).
"Le marché du livre est comme tous les autres : un système où ne survivent que les plus forts, les plus performants, les mieux promus surtout. Cette année, ce mécanisme se vérifie plus que jamais...."
La double "Marge" de Jacques De Decker : à la suite de la lecture de sa "marge", dont vous trouvez le texte ci-dessous, Jacques De Decker improvise une déclinaison de celle-ci, inédite et à écouter.
La double "Marge" de Jacques De Decker : à la suite de la lecture de sa "marge", dont vous trouvez le texte ci-dessous, Jacques De Decker improvise une déclinaison de celle-ci, inédite et à écouter
A la suite de la lecture de sa "marge" Jacques De Decker improvise une déclinaison de celle-ci, inédite et à écouter.
Dans le prolongement de sa chronique hebdomadaire dans les colonnes du journal "Le Soir", Jacques De Decker confiera dorénavant à Espace-livres.be les "marges" dans lesquelles il donne sa vision d’écrivain sur le cours du monde.
A l’occasion de la publication aux Editions Le Rocher du "Journal impoli" Jacques De Decker évoque Christian Millau.
A l’occasion de la publication chez Grasset du troisième volume des "Carnets de bal", Jacques De Decker évoque Marc Lambron.
A l’occasion de la publication chez Corti des "Manuscrits de guerre", deux textes inédits à ce jour de l’auteur du "Rivage des Syrtes", Jacques De Decker évoque un de ses écrivains fétiches : Julien Gracq.
A l’occasion de la publication de deux études récentes sur le cinéaste, une biographie et une monographie, Jacques De Decker évoque la place de Hitchcock dans l’histoire du cinéma et dans celle de notre imaginaire collectif.
Jacques De Decker, que l’on sait passioné de Stendhal, a choisi de consacrer une table de chevet à la nouvelle édition en format de poche du "Journal" de l’auteur de "Ea chartreuse de Parme". A écouter...
Benoît Peeters publie simultanément une biographie de Jacques Deridda et un "making of" de ce travail, "Trois ans avec Deridda". Jacques De Decker nous en dit davantage sur cette publication mais aussi sur l’ensemble de la démarche et de l’oeuvre de Benoît Peeters.
Le grand écrivain est décédé. De Decker évoque et rend hommage à cette grande figure des lettres néerlandaises.
Au moment de cet enregistrement, le jury du Prix Goncourt n’avait pas encore désigné son lauréat 2010. "La carte et le géographe" sera couronné à l’automne du prestigieux prix.
A l’occasion de la publication du dernier roman de Modiano, Jacques De Decker nous raconte "son" Modiano...Une "table de chevet" étonnante qui dévoile un Modiano inattendu, révélé lors d’une rencontre filmée par la télévision flamande.
Réédition d’un roman paru il y a vingt ans et re-découvert par les frères Larieu qui l’adaptent au cinéma. Un grand livre d’un "grantécrivain" : Dominique Noguez
Comment se fait une rentrée littéraire ? Pourquoi a-t-elle lieu en septembre ? Cette période si peu propice à la lecture ? ...Oui mais elle coïncide avec l’institution parisienne des Prix Littéraires... Jacques De Decker lève le voile sur ces mécanismes qui créent des "livres dont on parle"...Aux lecteurs de ne pas être dupes...
« Si j’étais pohéteû » c’est le titre en forme de pied de nez du volume que la collection "Découvertes" consacre à Boris Vian. Il y a cinquante, une crise cardiaque l’emportait pendant la projection du film tiré de son roman « J’irai cracher sur vos tombes ». Il avait 39 ans. Boris Vian se savait condamné et il a voulu vivre plusieurs vies avant que la grande faucheuse ne vienne lui couper l’herbe sous le pied.
La publication en un volume de la collection QUARTO de quelques romans et récits signés Romain Gary (et son "double" Emile Ajar), donne à Jacques De Decker l’occasion de nous rappeler dans cette "table de chevet" l’importance et l’actualité de cet immense romancier qui a obtenu à deux reprises le Prix Goncourt : sous son nom et sous un nom d’emprunt et d’imposture.
"Hélas, aujourd’hui tout étant permis, plus rien n’est désirable"...quel meilleur prétexte pour re-découvrir ce grand auteur du XXème siècle ?
« Quand on couche pas, même si on est convaincu que ça avance à rien, animal triste et tout, eh bien on est angoissé, assez connement je dois dire mais voilà. Alors on essaie de trouver des plans, avec même de l’amour des fois, ce qui complique les choses, ou au contraire ça les simplifie, enfin faut voir, il y a un peu de tout dans ce dossier-là. »
La semaine dernière, Jacques De Decker a passé 6 soirées au théâtre à Bruxelles...6 spectacles très différents, réunis par un point commun : le remarquable niveau de qualité de chacun d’entre eux. Réservez vos places et vos soirées pour (re)découvrir la capitale du théâtre francophone au Théâtre des Martyrs, au Théâtre du Parc, à la Comédie Claude Volter, au Théâtre Poème et au Rideau de Bruxelles... Si vous hésitez encore, écoutez la chronique de Jacques De Decker...
Un régal...
"...un livre porteur de confiance et contagieux par son énergie" (Jacques De Decker)
Enfin, Bruxelles est la ville des mots...Parmi les multiples activités qui s’organiseront dans le cadre de la "Langue française en fête", nous avons épinglé quatre événements organisés en partenariat avec la Bibliothèque des Riches Claires auxquels est associé Jacques De Decker qui en parle dans cet entretien avec Edmond Morrel
"Si les toiles de Félix Vallotton frappent par leurs couleurs profondes, son roman, La Vie meurtrière, commencé en 1907 et publié de manière posthume, est imprégné d’une noirceur inquiétante. Jacques Verdier, jeune artiste de vingt-huit ans, laisse en se suicidant une courte lettre à l’attention du commissaire : « Je me tue volontairement, et pour des motifs personnels. … " (Présentation de l’éditeur)
Une "table de chevet" enthousiaste de Jacques De Decker, qui donne envie de se plonger dans ce roman en neuf histoires, traduit de l’allemand par Juliette Aubert.
« On va de surprises en surprises. On n’est jamais déçu…Un talent de toute grande envergure » conclut Jacques De Decker.
Jacques De Decker à propos de David Lodge : " un des écrivains anglais que je chéris le plus..."
Jacques De Decker à propos de Voltaire et de son biographe : "C’est vraiment un plaisir de retrouver ce Titan en compagnie de Raymond Trousson"
Jacques DE DECKER évoque le dernier roman de Eric Emmanuel SCHMITT : « Ulysse from Bagdad ».
Jacques De Decker nous fait partager sa lecture du "Journal d’une année noire" du Prix Nobel de littérature 2003