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MIGRATIONS

Bruxelles | Théâtre | Théâtre Varia

Quanddu 24 May 2012 au 2 June 2012
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MIGRATIONS

Dans ce spectacle de danse de la compagnie Mossoux-Bonté surle thème des migrations humaines, sept patineurs professionnels dessinent surla glace la carte de nos déracinements et de nos exils intérieurs. Un langagepoétique qui ne se prive pas de la fulgurance de la glisse. RESERVATION : 02640 8258 /reservation@varia.be. Prix des places : entre 8 et 20 €. ThéâtreVaria : 78, ruedu sceptre – 1050 Bruxelles. Pour plus d'informations n'oubliez pas notre site: www.varia.be et notre blog :blog.varia.be Spectacle à 20h30 (le mercredi à 19h30) Relâche les dimanche et lundi



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Il y a 4 avis sur "MIGRATIONS"


Jielvotre score 27 13/09/2012 - 11h13 (id :5170)

Laissez-vous glisser dans l'univers de peur, de solitude et de rejet (parfois aussi de solidarité) de ces ombres sorties de la brume à la recherche d'un territoire où se poser. Et même si vous ne comprenez pas tous les tableaux, vous ne pourrez que ressentir l'angoisse de ces migrants qui tombent et se relèvent chaque fois dans une chorégraphie puissante et surtout tellement émouvante.

JSvotre score 61 04/06/2012 - 23h37 (id :5075)

Spectacle, fascinant, très beau, très émouvant et très noir. Pas un mot n’est dit, d’ailleurs quelles langues choisir? Des manteaux de voyage en route vers nulle part. Une admirable chorégraphie qui se boit ds yeux.   L’art du patinage artistique de haut niveau  au service des idées. Une fresque mouvante, à travers des lieux et des époques différentes, qui expose les tristes flux migratoires des humains. Rien à voir avec les oiseaux, hélas. Ici on baigne dans la  solitude, le dénuement, les abandons, les  rejets, parfois les  sauvetages, les amours éphémères mais toujours  une volonté désespérée d’aboutir. Heureusement qu’il y a la  solidarité entre ces exilés malgré les échecs répétés. Le contraste entre la nuit noire et la surface gelée est très impressionnant. Sous les feux de la rampe la glace  se mettra même à fondre … quelle illusion ! La musique et les silences sont effrayants. Les visages sont anonymes: si peu d’expression. Les corps se courbent vont, viennent,  butent, se renversent, se cassent et se relèvent inlassablement. Tout passe,inlassablement,  tout glisse, inexorablement, rien ne se passe. Et ça recommence.  Et le spectacle lui, semble … trop court tellement il est prenant. Mais on n’en ressort pas avec le sourire aux lèvres !  


Monkeyzvotre score 90 27/05/2012 - 12h17 (id :5047)

Oubliez tout ce que vous savez du patinage artistique : le kitsch, les paillettes,... Migrations est un véritable spectacle de danse contemporaine, sur glace. Les mouvements sont d'une sobriété particulièrement réussie. On en ressort plein d'images surprenantes et marquantes, de ces corps glissants comme aspirés par une envie de liberté, d'ailleurs.

Lou Salomévotre score 60 26/05/2012 - 21h10 (id :5045)

magnifiquement étonnant. De la danse contemporaine sur patins à glaces! En toile de fond: la banquise qui se craquèle? Un bateau que la glace enserre? Entre fascination (lenteur des mouvements groupés, bande son bouleversante, mise en danger des danseurs... "sentiment" de mise en danger...) et angoisse qui monte et étreint (vont-ils s'en sortir?), des thèmes émergent: migrations / émigrations, l'autre, le rejet et l'acceptation, la peur, la solidarité, ... C'est BEAU! 



Territoire de glace

L’hiver des plaines infinies s’invite en plein mois de mai. Ultime spectacle d’une saison placée sous le signe de la variation, Migrations investit la grande salle du Varia, non sans transformer le théâtre en véritable banquise. Par un mariage du patinage et de la danse contemporaine, Nicole Mossoux et Patrick Bonté nous racontent le destin de ces humains, ponctuels immigrés ou nomades éternels, qui survolent les territoires à la recherche d’une demeure favorable. Innovation formelle, poésie picturale et précision chorégraphique font de ce Migrations une grande réussite, qui ravira ceux dont l’esprit se plait à vagabonder d’un paysage à l’autre.

Dès les premiers instants, l’alchimie de la musique et des lumières posent un climat pénétrant. La patinoire semble n’avoir aucune frontière, vaste étendue bleutée qu’enveloppent de longues nappes sonores. Un groupe d’individus surgit dans la brume confuse, le corps droit, tous bien serrés les uns contre les autres. Les oiseaux migrateurs se méfient, ils sont en terre inconnue. Les patins flottent plus qu’ils ne glissent - à peine sur un souffle, tandis que des regards se portent au loin, dans le plus grand silence. Soudain, par un son vif et net, un coup de lame fend l’air froid. L’agitation a brutalement rompu la formation fragile. Constamment, la dynamique oscille entre lenteurs gracieuses et déchainements sauvages. Les déplacements synchronisés – dont on appréciera la grande maitrise formelle – se font et se défont en une seconde : un danseur trace une courbe solitaire dans l’espace, imité ensuite par la nuée de ses congénères.

Le vent de fraicheur qui traverse l’œuvre s’explique surtout par un patinage atypique, dont les gestes se distancient nettement des figures traditionnelles propres à la discipline. Nul « boucle piqué » ni « triple Axel » : celui-là court frénétiquement sur place, celle-ci tombe sans ménagement. De l’étreinte délicate à la dure confrontation, les attitudes de corps ont été travaillées, de telle sorte que le naturel du mouvement l’emporte sur la technique qu’imposent les patins. La singularité de la chorégraphie constitue certainement l’atout principal de cette production. Du reste, il n’importe pas tellement que le spectateur identifie clairement le sujet de chaque tableau, tant la synthèse des sensations parvient à évoquer ce mélange de curiosité, d’angoisse et d’affection qu’éprouve tout homme qui se jette dans l’inconnu.

En donnant une forme riche et puissante au thème de la migration, Nicole Mossoux parvient à traiter la complexité de son sujet, sans moralisation ni prise de parti. C’est l’exemple même d’un art humble et solide, dont la base technique demeure au service de la puissance évocatrice du mouvement. Sans nul doute, l’aventure de Migrations se poursuivra encore, sur maints territoires et en toute saison.

Charles-Henry Boland



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