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Affabulazione

Bruxelles | Théâtre | Rideau de Bruxelles

Quanddu 23 February 2010 au 18 March 2010
Février 2010 » 
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Affabulazione

Auteur Pier PaoloPasolini / Metteur en scène Frédéric Dussenne
Textefrançais Michèle Fabien & Titina Maselli

Un industrielmilanais, père de famille pragmatique et plutôt « centre gauche », fait ce rêveétrange : il se voit enfant, à la poursuite d'un garçon plus grand que luiet dont il ne peut voir le visage. Il l'appelle « Père ». Il se réveille ensueur et cherche à élucider son rêve. Ce garçon insaisissable serait-il sonpropre fils ? Il est alors pris d'un violent malaise. Infarctus réel ourêvé ? Prophétie ou énigme ? Désormais, le Père vivra - parfoisjusqu'au ridicule - dans la hantise de résoudre le Mystère du Fils. Mais comme le révèlera le spectre deSophocle en personne : onne peut résoudre le mystère. On peut seulement le connaître. C'est-à-dire le toucher, levoir, le sentir…

Avec LouiseManteau, Fabrice Rodriguez, voir cet artisteAriane Rousseau, Renaud Tefnin et Benoît VanDorslaer.Mise enscène Frédéric Dussenne (artiste associé) / ScénographieThibaut Van Craenenbroeck / LumièresRenaud Ceulemans / CostumesLionel Lesire / Compositionmusicale Pascal Charpentier / ChorégraphieLaurent Flament / Assistanteà la mise en scène Muriel Legrand. 
CoproductionRideau de Bruxelles - L'acteur et l'écrit. Compagnie Frédéric Dussenne. Avecl'aide du Fonds d'Acteurs de laCOCOF. 
Créationen Belgique. Au Rideau de Bruxelles / Auditorium Paul Willems

Spectacle à 20:30 (sauf le mercredi à 19:30 et le dimanche à 15:00)

Réservations 02 507 83 61 ou www.rideaudebruxelles.be

 




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Il y a 8 avis sur " Affabulazione"


Valentinevotre score 10 18/03/2010 - 01h00 (id :2364)

"Je suis ici arbitrairement appelé à inaugurer un langage à la fois difficile et facile : difficile pour une société qui vit le pire moment de son histoire, facile pour les rares lecteurs de poésie".
J'ai beaucoup aimé cette phrase tissant la boucle du spectacle. Des comédiens présent, animés par une écriture forte, calleuse et poétique. Une mise en scène poignante et virulente de beauté bien que traînée trop en longueur...


paolinosanvotre score 61 13/03/2010 - 00h47 (id :2337)

Très belle, et très intense, pièce et un magnifique travail. Le texte est effronté, provocateur, poétique et tellement plein ! Il y a tout Pasolini dans cette pièce : les réfléchissions critiques sur la société bourgeoise qu’était en train de se former et radicaliser dans une Italie forcement dominé par une classe politique liée à l’église, une société à la recherche d’une identité, en plein boom économique d’après guerre ; l’énergétique réactionnairism politique et moral ; le refus des paradigmes sociaux et familières de l’époque moderne.
J’ai trouvé la mis en scène très juste par rapport à la philosophie de l’auteur. On ne peut pas vraiment dire au on est, il n y a presque pas de scénographie, c’est un univers suspendu  ou les personnages sont eux-mêmes mais aussi tous les autres. Finalement, un grand bravo aux comédiens aussi !


cepanivotre score 1 08/03/2010 - 11h44 (id :2328)

Vu ce spectacle hier. Quel texte ! Quelle traduction ! Et quelle justesse de mise en scène : où l'audace le dispute à la profondeur.

Et des comédiens fascinants dans le dire comme dans l'acte.

Mention spéciale à Renaud Tefnin aussi intense que beau.

Merci pour tant de grâces.

Emmanuellevotre score 22 07/03/2010 - 21h10 (id :2326)

Sujet intéressant, l'amour comme quête de connaissance de l'autre. Un désir d'approcher l'inaccessible. Un texte dans l'ensemble maîtrisé mais une mise en scène qui manque toutefois par moments de fluidité et de légereté. Certes le texte et les échanges sont lourds de sens mais la lourdeur constante finit par rendre certains passages à la limite du prétentieux...

Bref, j'en ressors un peu mi-figue, mi-raisin (mais un sublime Fabrice Rodriguez, comme toujours !)

Astroiidvotre score 14 07/03/2010 - 13h04 (id :2324)


Beau
Malheureuzement je n'ai pas compris tout le texte et ça s'est dommage
Fabrice Rodriguez good actor
A voir 2 fois pour tout comprendre

anacoluthevotre score 111 06/03/2010 - 15h04 (id :2314)

Très belle pièce. Le texte est sublime, complexe et intense (dit parfois un peu vite par l'acteur principal, surtout avec cette voix si particulière qu'il a). La vague nous emporte. Benoît Van Doorslar apporte une fraîcheur tout à fait intéressante. Les acteurs sont tous très investis et justes. Un coup de coeur absolu pour la dernière scène et les tableaux vivants faits par les deux amants au sol. Incroyable de beauté.


sydvotre score 45 06/03/2010 - 09h42 (id :2310)

Un très beau texte, des acteurs investis, une mise en scène sobre. Bémol, je trouve qu'il s'agit d'un théâtre d'initiés.

annavotre score 13 28/02/2010 - 14h02 (id :2277)

Beau texte sur la névrose de ce père qui voudrait posséder son fils en résolvant son énigme au lieu de l’approcher comme un mystère à contempler. Certaines scènes sont très belles, comme celles de la mère, la scène finale de Sophocle et celle de la voyante où l’imaginaire vagabonde très volontiers dans la boule de cristal. J’ai aimé cette salle où les spectateurs se font face et ce décor qui demandait des mises en place dynamiques. J’aimerais toutefois lire la pièce pour approfondir certains passages du texte de Pasolini dont je n’ai pas pu assez m’imprégner, peut-être à cause de la frénésie due à la névrose du personnage.



Fils, qui es-tu ?

Premier opus du diptyque consacré à Pasolini par le metteur en scène Frédéric Dussenne, Affabulazione relate l’incapacité d’un père à résoudre l’énigme que représente pour lui son fils. Dans la magnifique scénographie sobre et non-réaliste de Thibaut Van Craenenbroeck, Dussenne dose habilement le poids du tragique et les accents comiques pour faire jaillir avec frénésie la poésie d’un texte plus que jamais d’actualité.

La pièce est une véritable tragédie moderne, celle d’un homme sclérosé par son conformisme (Fabrice Rodriguez), et qui perd pied face à la vacuité du système auquel il a toujours adhéré. Son fils (Renaud Tefnin), et le rêve étrange qu’il fait à son sujet, servent de déclencheur à ce réveil douloureux. Pourquoi ce fils échappe-t-il à la compréhension et au contrôle qu’il avait jusque là de la réalité ? Pourquoi sa bienveillante épouse (Ariane Rousseau) ne parvient-elle pas à le sortir de sa torpeur solitaire ? D’où lui vient ce désir de se faire voyeur et d’observer les ébats de son fils et de sa jeune amie (Louise Manteau) ? Ces questions trouvent au fur et à mesure leur réponse dans la bouche du spectre de Sophocle (Benoît Van Dorslaer), coryphée moderne qui prendra tour à tour aussi l’apparence d’une nécromancienne, d’un prêtre ou d’un commissaire.

Tous ces individus évoluent dans un décor simple, complétant l’impression onirique qui accompagne la pièce. Seule une table hexagonale, délimitant un espace de jeu en son centre, est posée sur une scène surélevée blanche. Cette séparation entre centre et périphérie nous renvoie subtilement au thème du voyeurisme, au fait de regarder ou d’être vu, d’être spectateur ou acteur de sa propre réalité. Une mise en abîme de la représentation qui est encore accentuée par les comédiens, devenant spectateurs attentifs lorsqu’ils ne jouent pas.

Une fois sur le plateau, coincés entre les lumières judicieusement crues et verticales de Renaud Ceulemans, ils nous présentent le drame du père. Un destin tragique qui nous est pourtant relaté non sans humour, que ce soit dans certaines répliques cinglantes illustrant la dérive pathétique de la figure paternelle, ou dans les incursions délicieuses de l’excellent coryphée Van Dorslaer. Ces bulles d’air salutaires arrivent à chaque fois à point nommé pour alléger le poids du drame qui se joue. Et ménager quelque peu un public soumis à un texte d’une grande beauté, mais complexe et asséné à un rythme (trop ?) effréné.

Pasolini était un artiste engagé contre tous les conformismes, ceux des conservateurs comme ceux des progressistes. A une époque où mondialisation rime souvent avec homogénéisation, il peut être intéressant de (re)découvrir cet auteur, que ce soit dans cet intense Affabulazione, ou via la rétrospective qui lui est consacrée jusque fin avril à la Cinematek.

Antonin Meden



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